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04 août 2008

Mort de Soljenitsyne

Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne est mort hier soir, dimanche 3 août, à l’âge de 89 ans, dans sa datcha des environs de Moscou. A cet âge, ce n’est plus un choc, mais ça reste une grande perte.

1671508630.jpgPrix Nobel de Littérature en 1970, déchu de sa citoyenneté soviétique en 1974 pour avoir fait paraître L’Archipel du Goulag l’année précédente à Paris, il lui faudra attendre la chute de l’URSS pour voir son œuvre publiée en Russie et retrouver sa nationalité russe.
Soljenitsyne est rentrée en Russie en 1994, mais n’a pas joué de rôle dans la reconstruction post-communiste, sinon à travers une émission de télé et une vie sociale intense.

La fiche Wikipedia consacrée à cet intellectuel emblématique est très complète et actualisée dès ce lundi matin.

Je vous renvoie aussi au dossier publié ce jour dans le Monde, dont voici le début de l’article principal, signé par Georges Nivat, le traducteur de Soljenitsyne, historien de la littérature russe.
Alexandre Soljenitsyne, mort dimanche 3 août d'une crise cardiaque à son domicile moscovite, est une de ces grandes voix où il est vain de distinguer la part de l'art et celle du combat. Comme Tolstoï en Russie, comme Voltaire ou Hugo en France il appartient aux lutteurs, aux "dissidents", incarnant le refus de la société injuste dans laquelle ils vivaient, une résistance au nom de quelque chose d'imprescriptible. Tolstoï refusait la société d'Ancien Régime, fondée sur l'inégalité et voyait dans le moujik méprisé l'incarnation d'une vie accordée à Dieu. Soljenitsyne incarna le refus du communisme, athée et totalitaire. Tolstoï dans Qu'est-ce que l'art ? subordonnait l'art à l'action, Soljenitsyne, dans son discours du Nobel, subordonne l'art à la triade platonicienne du Vrai, du Bon et du Beau. Ni l'un ni l'autre ne comprennent "l'art pour l'art" : "J'avais affronté leur idéologie, mais en marchant contre eux, c'était ma propre tête que je portais sous le bras", écrit Soljenitsyne dans Le Chêne et le Veau, en 1967.

Mais également à la note publiée par Pierre Assouline ce jour, sur son blog.

Evidemment, je vous conseille la lecture de L’Archipel du goulag (3 tomes, boum), mais aussi et plus simplement Une journée d’Ivan Denissovitch, son premier roman publié en 1962, où tous les thèmes de l’écrivain affleurent déjà dans un format nettement plus court.

 

 

(Photo : Alexandre Soljenitsyne en 1974 à Copenhague, DR) 

 
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