Avertir le modérateur

20 mai 2007

Retour du salon de Caen

C'était le week end dernier à Caen. Le salon du Livre a eu lieu dans un pur temps normand, nettement plus agréable cependant que ce début de novembre à Paris où il n'est pas ridicule de remettre le chauffage. Bref.
Que dire sinon que c'était une très belle édition ? J'avais le plaisir d'animer les cafés littéraires avec Baptiste Liger , mon confrère et ami de Lire et Technikart. On s'est partagé les 16 rencontres avec le plaisir et la bonne humeur des gens qui s’apprécient et aiment travailler en équipe. Pour ma part, j'ai eu le plaisir de discuter avec la très fine Evelyne Bloch-Dano et le charmant Raphaël Enthoven qui n'était pas un étranger puisque nous nous sommes rencontrés il y a 3 ans dans les conférences de rédaction de Lire dont nous étions à l'époque (tous deux avons depuis choisi d'autres directions). Le garçon est à suivre de près, il est l'un des rares philosophes trentenaires à émerger, à la fois un érudit, et capable de transmettre ses connaissances. Non promis, je ne suis pas une groupie.

J’étais aussi très heureuse de faire la connaissance de Brigitte Giraud qui a donné un bel échange, tout en justesse et en profondeur avec Philippe Vilain. Il y a eu aussi un moment plein d’humour et d’intelligence avec le psychologue Didier Pleux qui a évoqué l’éducation de nos enfants. Il est partisan d’une éducation appuyée sur l’amour et la frustration en binôme, et c’est non seulement intéressant mais plein de bon sens. L’occasion de me replonger dans la psycho et c’est toujours un grand bonheur.

La rencontre entre Anne Calife (Conte d’asphalte, Albin Michel) et Eric Holder (La Baïne, Seuil) a été singulière, attachante et amusante. Deux personnalités hors du commun. J’ai assisté à leur première prise de contact, la veille du café littéraire qui leur était consacré. C’était sous les hauts plafonds de la mairie, lors du pot de réception des auteurs et des équipes. La très nature Anne s’est jetée dans les bras d’Eric Holder, empêtré entre la brochette de tomates-cerise mozarelle d’une main et la flûte de champagne de l’autre. Il n’a pas pu se défendre !
De façon générale, les auteurs sont respectueux les uns avec les autres ; chacun, dès qu’il l’a pu, a fait l’effort de lire le dernier livre de son coreligionnaire. Assez classe pour une population d’écrivains français que l’on dit s’intéresser fort peu à la production de leurs pairs.

A part ça, une organisation impeccable, des auteurs encadrés, une équipe aux petits soins et des conditions de confort pour tous garanties. C’est l’un des grands secrets d’un salon réussi. Et cette édition du Salon du Livre de Caen a été un grand succès.

J’ai aussi eu le plaisir d’animer un débat sur la conquête religieuse, qui a interrogé les relations entre le politique et le théologique. Un spécialiste de l’évangélisme, Mokhtar Ben Barka (La Droite chrétienne américaine, Privat),  un géopoliticien, Jean-Pierre Filiu (Les Frontières du jihad, Fayard), un philosophe des religions, Frédéric Lenoir qui est aussi directeur du Monde des religions (partenaire du débat, et aussi l’un des journaux dans lequel je signe) ont à eux trois contribué à clarifier la question. J ’ai eu la bonne surprise de constater qu’il n’y a pas eu de tiraillement des ego, ni d’érudition absconse : chacun, armé de compétences très pointues sur le sujet, a su se mettre au service du débat sans essayer de tirer la couverture à soi ou dénigrer son petit camarade pour paraître plus malin. Il arrive que les personnalités s’expriment plus fort que la question proposée ! Ces trois débatteurs se respectaient, sans toutefois se connaître personnellement. Ils sont venus (et parfois de loin, M. Ben Barka s’est déplacé du Grand Est de la France) proposer des axes de réflexion au public, à partir de leurs recherches.

Je vous raconterai les Etonnants Voyageurs Saint Malo qui est la prochaine étape du pèlerin littéraire, le week end du 26-28 mai. J’ai rencontré la semaine dernière le tandem Michel Le Bris (grand organisateur et esprit éclairé) et Michel Edouard Leclerc (grand sponsor et partenaire dynamique). Ces deux-là ont une vraie complicité d’hommes et un véritable amour des livres. A l’envi, ils répètent que dans le domaine culturel et a fortiori littéraire, c’est l’offre qui fait la demande. C ’est vrai, re-vrai et archi vrai. Et le festival de Saint-Malo en est une preuve renouvelée chaque année : le public, pléthorique, en atteste. On s’en reparle bientôt. D’ici là, sans doute une note, mais de lecture cette fois.

20 mars 2007

Suite du chat Salon du Livre

Vos messages sont arrivés en différé, pas eu le temps d’y répondre que j’étais déjà repartie. C’est qu’on ne flâne pas pendant les prolégomènes du Salon du livre ! Comme j’avais une ou deux choses à vous écrire pour ce blog, j’en profite pour mettre en ligne, non en chat mais sur mon blog, les dernières réponses à vos questions.

@ Siloé

Surtout pas ! Le cauchemar des éditeurs sur le salon est justement de voir arriver une cohorte de jeunes écrivains qui viennent déposer/proposer leurs manuscrits. Vous risqueriez d’obtenir l’effet inverse : une répulsion désespérée et tenace. Mettez-vous un peu à leur place... Il vous reste la bonne vieille méthode de l'envoi par courrier avec une lettre de présentation. Mais cela vous demandera une petite préparation et un ciblage préalable : commencez par repérer en librairie le "ton" des différentes maisons d'édition. Vous économiserez quelques timbres primo, et secundo il peut être agréable à un éditeur de sentir que vous vous adressez à lui en particulier, qu'il n'est pas un numéro sur votre liste. Par principe, mieux vaut éviter de faire les erreurs qu'on aimera reprocher à autrui. En bref, évitez les envois types pour éviter les réponses types.

Il existe aussi des concours d'écriture, renseignez-vous, les ouvrages sur la question ne manquent pas. Le marché des aspirants écrivains doit être florissant, eu égard à la flopée de guides ad hoc qui bourgeonnent sur les tables des libraires. Je vous en recommande un, malin et pratique, Le Livre aujourd'hui : les défis de l'édition par Claude Combet (Essentiels, Milan). Il est concis, très agréable à lire, et offre un panorama aussi complet que possible du monde de l'édition.

Avant tout, sélectionnez autour de vous quelques bons lecteurs et amis sincères. Leur avis vous sera précieux. N'envoyez rien avant de sentir que vous êtes allé au bout de votre exigence. Quitte à laisser reposer quelques mois avant de poster. La gloire peut attendre un peu, non ? Donc bossez, bossez, structurez, bossez et saignez un peu. L'écriture ne vient jamais "comme ça et hop".

 

Message personnel de la journaliste littéraire : épargnez-nous, s'il vous plaît, les errances sardo-cyniques, pseudo rigolotes ou pleinement lugubres des jeunes urbains qui partent à vau-l'eau dans une société dans laquelle ils font mine de ne pas se reconnaître. Des livres qui s'étirent en descriptions minutieuses du minuscule, où, de toute façon, il ne se vit rien d'intéressant, ni pour les personnages, ni pour le lecteur. On en a déjà plein des comme ça. Franchement, à moins d'être le génie du XXIe siècle qu'on n'est pas encore pressé d'avoir trouvé dans cette veine-là, abstenez-vous. C'est à dire que pour ma part, je n'en raffole pas, mais vous avez sûrement déjà compris. (Merci).

Vous m'avez convaincue de ressortir d'une vieille malle un petit guide concocté l'an passé sur le sujet. C'est la note suivante de ce blog : http://livres.20minutes-blogs.fr/archive/2007/03/21/comme...

 

 

@Ginovabene

« s’enrichir »… aïe, voilà un mot bien inapproprié. A bannir tout de suite. L’assouvissement de votre passion doit être votre but premier. Si ça marche, tant mieux, si vous gagnez votre vie, félicitations. Mais un écrivain n’a jamais de business plans dans ses tiroirs.

Si vous voulez écrire pour le cinéma, faites un scénario. Si vous voulez publier un roman, écrivez un livre. Ne mélangez pas les genres sous peine de faire des choses inintéressantes ou médiocres. Quel intérêt de tout plaquer pour bricoler des petites pompes à fric, n'est-ce pas ? De mémoire (elle est un peu myope mais pas trop), je ne crois pas qu’il y ait plus de 150 à 200 écrivains qui vivent de leurs textes en France. C’est peu, très peu. Mieux vaut donc quand même passer son bac d’abord…

Je vais aussi publier (et remanier, pour éviter l’effet « j’ouvre une conserve, le frigo est vide ») les deux-trois articles qui vont paraître sur le salon du livre et le bookcrossing dans 20 minutes. Sur ce blog à partir de vendredi.

 

 

A propos... VS Naipaul ne sera pas sur le salon, avis à Elef !

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu