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20 juin 2007

Le Ciel n'attend pas, de Tawni O Dell

J'ai commencé avec le Zuckerman une liste de livres coup de coeur dans aquelle je vous propose de piocher pour vos vacances. Après, c'est vous qui voyez. Voici donc une chronique publiée récemment dans Le Point. Vos avis sur le livre m'intéressent...

 

Passer à côté du dernier livre de Tawni O’Dell revient à se priver d’un plaisir rare : celui de voir émerger un grand écrivain. Son premier roman, le Temps de la colère, avait bluffé la critique en 2001, Retour à Coal Run avait transformé l’essai trois ans plus tard. Mais il fallait encore passer le cap du troisième livre, celui qui consacre un auteur et inaugure le début d’une œuvre. C’est chose faite avec Le Ciel n’attend pas. L’histoire se déroule à nouveau dans une ville minière, Jolly Mount. Tawni O’Dell reste ainsi fidèle à ses origines, les paysages désolés de Pennsylvanie, et, dans la filiation d’un Caldwell, aux valeurs sociales d’une Amérique courageuse. Son héroïne, Shae-Lynn, est une grande gueule énergique de quarante ans qui a troqué l’uniforme de flic pour devenir la première femme chauffeur de taxi de sa ville natale. On pourrait s’ennuyer avec elle dans cette cité minière, encore traumatisée par une explosion survenue 20 ans plus tôt. Mais l’arrivée d’un homme de loi new-yorkais fait basculer le récit dans une passionnante histoire à tiroirs : cet avocat est en réalité à la recherche de la sœur de Shae-Lynn, disparue 18 ans plus tôt, qui, sur le point d’accoucher, ne tardera pas à venir se réfugier chez elle. Le roman évoluera-t-il en une gentille chronique familiale ? Tawni O’Dell ne permet pas à son lecteur de se bercer de clichés. Chaque nouvelle situation change la physionomie du livre et creuse plus profond dans les secrets qui tissent les relations entre les personnages. Le Ciel n’attend pas est un livre généreux mais âpre. Il aborde sans concession des thèmes qui dérangent, comme le trafic d’enfants aux Etats-Unis. Mais plus que dans ses précédents livres, Tawni O’Dell y laisse une place à l’espoir et ouvre une large porte de sortie à ses personnages.

« Le Ciel n’attend pas », de Tawni O’Dell, traduit de l’américain par Bernard Cohen (Belfond, 456 pages, 21 €)

 

Karine Papillaud

 

 

 

10 novembre 2006

Passeport français

S'il ne revient pas en France avec tout ça... Antoine Gallimard a annoncé que Jonathan Littell venait de gagner euh... pardon, recevoir la nationalité française ! Depuis le temps que le fils de Robert Littell l'espérait. On soupçonnait que son fameux devoir de réserve d'écrivain se doublât quand même d'une petite rancoeur contre l'Etat français qui la lui refusait obstinément. Le Goncourt et le Prix de l'Académie française auraient-ils fini par convaincre ? Mais c'est vrai qu'en ce moment, les Français sont préférés aux Francophones, surtout quand il s'agit de récompenser l'excellence.

Oui, et on le répète encore à tous ceux qui croiraient les télés mal renseignées : ce n'est pas une "prouesse" de la part de ce "jeune Américain" (37 ans, 2 enfants) d'avoir écrit un premier roman entièrement en français : il a été élevé depuis l'âge de 3 ans en france, a fait toute sa scolarité dans l'hexagone, jusqu'à sa majorité, et passé son bac à Paris, au lycée Fénelon. S'il a souhaité être publié chez Gallimard (son manuscrit a été acheté à prix modique par l'éditeur, soit dit en passant), c'est parce qu'il rêvait d'être publié dans la même collection que Maurice Blanchot !

 

 
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