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23 février 2007

Mort du Professeur Zarifian

Il pensait qu’on substituait trop souvent la pilule à la parole. Le Professeur Edouard Zarifian est mort d’un cancer mardi 20 février, à l’âge de 65 ans.

Psychiatre, professeur de psychiatrie et de psychologie médicale au CHU de Caen, il s'est très vite distingué comme humaniste, et privilégiait un rapport humain vrai fondé sur la parole, et l’empathie dans l’approche des souffrances psychiques. Resteront ses livres, comme Jardiniers de la folie, Des paradis plein la tête, Le Prix du bien-être, La Force de guérir.

Dans l’un de ses derniers ouvrages, Le Goût de vivre, publié en 2005 par Odile Jacob chez qui il dirigeait une collection médicale, il dénonçait l’approche scientiste et autoritaire des neurosciences, domaine dans lequel il a longtemps cherché pour se tourner ensuite vers la psychanalyse et la connaissance de la psyché. Pour lui, psychisme et cerveau, chimie du corps et souffrances du sujet sont indissociablement liés. Cela peut sembler évident, mais cette position a été comme révolutionnaire dans le monde neuroscientifique et psychiatrique.

Edouard Zarifian s’est aussi fait connaître en étant l’un des premiers à stigmatiser la consommation excessive d’antidépresseurs en France :"Aujourd'hui encore, la nécessité de rénover l'expertise psychiatrique et la place de la France comme 1er consommateur européen de psychotropes, montrent à quel point les thèmes de réflexion du Professeur Zarifian demeurent d'actualité", note le communiqué du Ministère de la santé, publié hier (source AFP).

J’ai eu le plaisir de le recevoir dans un débat en mai 2006, au Salon du Livre de Caen. Ce bon vivant venait de publier un livre intitulé La Bulle de champagne (Perrin), dans lequel il rendait un hommage gourmand et esthétique au moine bénédictin Dom Perignon. Je garde de cet homme un souvenir lumineux, et pétillant.

Je termine cette note en lui laissant la parole, ce qu’il a lui-même fait avec tant de bienveillance dans sa pratique analytique.

 « Le besoin de croire est consubstantiel à l’être humain. Contrairement à ce que l’on imagine, le don et le partage ne sont pas des valeurs morales mais des nécessités pour vivre en société de manière harmonieuse. Si j’ai une foi, c’est la foi en l’être humain. Dans toute l’histoire de l’humanité, il y a toujours eu un homme qui, par son action, à permis de racheter les autres. Demain, il y en aura un ou plusieurs qui induiront le changement. Aujourd’hui, on peut modifier notre génome sans avoir aucune idée de ce que cela va produire. Sur notre magnifique planète Terre, on détruit de manière souvent irréversible l’environnement. Mais on peut penser qu’il y aura des prises de conscience. On a toujours tendance à envisager le temps à notre échelle humaine. Si on veut tout immédiatement, on sera déçu. Mais l’espoir, c’est l’avenir… » (source Alternative Santé )

 
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