Avertir le modérateur

11 août 2008

RIP Mahmoud Darwich

Encore un mort essentiel dans le monde de la littérature, quelques jours seulement après Soljenitsyne. On aimerait que les jeunes générations nous rassurent sur un renouvellement d’égale force, attendons un peu.

772533361.jpgMahmoud Darwich vient de mourir et je ne peux pas m’empêcher d’avoir une petite pensée pour Sapho. En juin dernier, pendant le Marathon des Mots à Toulouse, elle avait enchanté le Cloître des Jacobins en lisant des textes du grand poète. Sapho était l’une des plus grandes admiratrices de cette figure des lettres palestiniennes.


Son dernier ouvrage en France s’intitule Comme des fleurs d’amandiers ou plus loin. Il a été publié chez Actes Sud en septembre 2007. Je ne doute pas que sa maison d’édition saura rééditer quelques uns de ses grands recueils de poèmes ou encore ses Entretiens sur la poésie parus en 2006.
Vous trouverez ici le minutieux article de Christophe Ayad paru ce jour dans Libération.

Et comme vous êtes des petits veinards, voici in extenso l'article publié sur LivresHebdo.fr, écrit par "CF" et qui me semble de la meilleure fraîcheur :

"Le poète palestinien Mahmoud Darwich s'est éteint

Dans le récital qu'il avait donné à Arles le 14 juillet dernier, il avait célébré l'amour, l'exil, le temps qui passe, sans occulter l'amertume que suscitait en lui la situation de la Palestine aujourd'hui. Il est décédé samedi 9 août.

 

Considéré comme l'un des plus grands poètes du monde arabe, Mahmoud Darwich est mort le 9 août à Houston (USA) des suites d'une opération à cœur ouverte. Il avait 67 ans. Les responsables palestiniens devaient demander aux autorités israéliennes que le défunt puisse être enterré en Galilée où il était né en 1941. Cette région, aujourd'hui en Israël, était alors en Palestine sous mandat britannique. Depuis 1995, Mahmoud Darwich s'était installé à Ramallah en Cisjordanie après une vie d'exil.

Le 14 juillet dernier, dans le cadre magnifique du théâtre antique d'Arles, il avait enchanté son auditoire pendant près d'une heure et demie en récitant en arabe un florilège de ses poèmes, lus parallèlement dans leur traduction française par Didier Sandre. Il était l'invité du Festival des Suds et des éditions Actes Sud qui fêtaient leur trentième anniversaire. L'accompagnement musical des frères Joubran, qui ponctuait les textes, la délicatesse, l'élégance et la générosité du poète avaient contribué à la magie de cette soirée exceptionnelle.

Mahmoud Darwich avait ensuite poursuivi la soirée avec les invités d'Actes Sud - près de deux cents libraires - dans les locaux de la maison d'édition. Celle-ci a fait connaître en France son œuvre, traduite pour l'essentiel par Elias Sanbar, qu'elle publie depuis près de quinze ans. Son dernier recueil, Comme des fleurs d'amandiers ou plus loin est paru il y a tout juste un an, en septembre 2007."

 

11 mai 2007

Entre deux

Tenir un blog, c'est comme faire de la gym : on est content de pratiquer régulièrement, ça fait du bien. Mais si jamais on arrête un peu, c'est pas si simple de reprendre... Une petite note, donc, avant une kyrielle de cafés littéraires à animer ce week end à Caen.

Avis à tous les Normands : il va faire un temps de gueux chez vous ce week end !! Sympa, pff... Alors je ne peux que vous conseiller de venir vous réchauffer dans le château de Caen où plusieurs manifestations, débats, rencontres, signatures attendent les visiteurs. Je me tais, ce lien explique tout mieux que moi.

Dans de prochaines notes, on parlera littérature et livres, parce que les vacances approchent et pas question de se faire avoir à acheter hors de prix la plupart des grosses cales à armoires (normandes) que les éditeurs proposent pour l'occasion. Ah le concept de "livre de vacances" ! Comme si la littérature était tellement compliquée à lire dans l'année qu'il faudrait se reposer le cerveau l'été quand on ne fait rien.

D'abord, pardon, mais la littérature est accessible. Particulièrement la grande. Ensuite, la quantité de livres sortis depuis janvier, globalement navrants ou faiblement satisfaisants (allez, on en a trouvé quand même, rouspète pas Gilles !) n'ont pas pu fatiguer nos neurones de lecteurs. L'argument est le suivant : les "gens" n'achètent pas de livres pendant les périodes électorales, on ne va donc quand même pas publier des pépites si personne ne les achète. Alors l'éditeur gratte ses tiroirs. Je ne jette aucun pavé, la mare est sèche et un bon nombre d'éditeurs l'avouent, gonflés qu'ils sont un peu quand même, en off, alléchant le journaliste (littéraire et découragé) avec la promesse de merveilles mises de côté pour la rentrée de septembre.

Enfin, toujours au sujet de cette littérature "facile" pour les vacances, il y a un mépris larvé dans cette littérature qu'on préconise pour lê bord de mer. Vous êtes en vacances donc incapable de vous intéresser à ce qui l'est justement, intéressant. D'ailleurs, vous êtes forcément au bord de la mer, puisqu'il s'agit de "romans de plage". Ceux qui préfèrent la montagne doivent être bien embêtés. Comme si un livre était forcément prise de tête, forcément compliqué, forcément un effort et rarement un plaisir. Gustave Roud versus Candace Bushnell, bigre ! Présenter ainsi les choses, n'est-ce pas se tirer un coup de fusil dans le pied, messieurs les éditeurs ? Lire c'est chiant, sauf en vacances ? Justement, en vacances on est plus disponible pour se lancer dans un bon livre. Non ?

Pour le retour de Caen dimanche, je me suis préparé un petit Pamuk dont je vous donnerai des nouvelles.

30 janvier 2007

La littérature qu'on enseigne

Lu dans les Indiscrétions du Point sur le net : "Du rififi dans l'enseignement de la littérature française
Le sémiologue d'origine bulgare Tzevtan Todorov ouvre un débat en déplorant que l'enseignement des œuvres soit enseveli sous un discours post-structuraliste, qui jargonne dans un charabia pseudo-scientifique. Une position relayée par la vice-présidente de la Maison des Ecrivains, Anne-Marie Garat, qui accuse l'Education Nationale de laisser « la filière littéraire de l'enseignement secondaire en voie d'extinction ». Ironie de l'histoire, l'inspection générale de l'Education Nationale a elle-même remis récemment un rapport alarmiste au ministre sur le « déclin des sections littéraires dans les lycées »… En attendant la réponse du ministère, les écrivains espèrent déclencher un mouvement chez les lycéens… © Le Point, 19/01/07."

La sémiologie qui, elle non plus, n’est pas toujours insensible au virus du jargon, à l’attrait de certain enfermement dans ses propres codes. D’après mes vieux souvenirs de fac…

Evidemment, T. Todorov et A.-M. Garat ont raison. C'est drôle comme on n'a pas l'impression de découvrir le problème... Mais quel scandale d’attendre toujours que l’action vienne des lycéens, alors qu’on pourrait laisser tranquillement bosser les futures forces vives de la nation, pendant que des autorités dites compétentes (eh oui, on a quelques soupçons sur la question, fatalement ), dont le métier revient justement à se poser ces questions et à les faire avancer, s’en chargeraient. Qui (ne) fait (pas) son boulot dans l’histoire ? Et si on commençait par mettre quelques pragmatiques dans l’élaboration des programmes ? Et si on arrêtait de créer des expressions toutes neuves pour initier des actes judicieux ? Et si les super intelligents qui décident de ce que nos rejetons doivent savoir et comment ils doivent l’apprendre, essayaient justement de se renseigner sur ce que c’est, un môme, plutôt que de recourir à des souvenirs oblitérés ?

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu