Avertir le modérateur

30 janvier 2007

Ames sensibles

Un livre intéressant sur le mode obsessionnel vient de sortir, Vingt-Quatre Heures d’une femme sensible, de Constance de Salm (Phébus,10 €).
Publié une première fois en 1824, il vient d’être exhumé par les éditions Phébus qui lui verraient bien le succès de Laissez-moi de Marcelle Sauvageot publié en 2005 : un sublime texte écrit dans les années 1930 par une femme atteinte de tuberculose à l’attention d’un amant ingrat et bien opportuniste, parti en épouser une autre dès son entrée au sanatorium. Deux minutes pour huer le malappris... Bien lui en a pris pourtant, à ce scélérat, puisque de cette aventure malheureuse est sorti un chef d’œuvre de lucidité, de rage digne et de sensibilité féminine.


En sera-t-il ainsi avec le texte de Vingt-Quatre Heures d’une femme sensible ? Ce mignon petit roman raconte en 44 lettres, les 24 heures d’une femme éperdue de jalousie : « Confrontée à l’image obsédante de son amant disparaissant dans la calèche d’une autre beauté au sortir de l’opéra, notre héroïne tente de comprendre et de calmer les mille émotions qui l’assaillent », comme le dit la 4e de couverture. Ces affres, mesdames, mesdemoiselles, nous les avons toutes connues, peu ou prou, même si nous ne les avons pas formulées de la même façon. D'autant qu'aujourd’hui, on recourt curieusement plus volontiers aux mails et aux sms qu’aux missives portées.

Le style sera sans doute un écueil au succès du livre : ça sent la poudre de riz, les parfums nichés dans le replis des crinolines, les sentiments sont exacerbés, c’est un poil précieux, scandé de points d’exclamation. Goethe est passé par là. En bref, c’est très 19e siècle et on n’est plus très habituées. Plus Fifi Chachnil que Chantal Thomass, en somme. Mais il y a des fans et pas mal de curieuses.

Il faut simplement le savoir pour ne pas se sentir déçue d’avoir mis 10 euros dans un livre qui ne plaira pas vraiment. C’est cher, les livres…

Rien à voir avec le dernier livre de Jacques-Pierre Amette, Un été chez Voltaire (Albin Michel), qui ancre son intrigue au cœur du 18e siècle, de plain-pied dans la vivacité intellectuelle d’une époque politique, bruyante, pertinente, incroyablement scientifique et curieuse d’avenir. L’écrivain raconte l’été 1761 au château de Ferney, où Voltaire monte une pièce qui fit scandale 20 ans auparavant, Le Fanatisme ou Mahomet. Amette joue de la transposition d’une époque à l’autre pour réfléchir à la question du fanatisme, avec une plume rapide, précise, éclairée à l’intelligence d’un Voltaire frondeur et passionné.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu