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07 juillet 2008

César, son pouce, ses mains, ses seins

Vernissage de l’exposition César à la Fondation Cartier. Ou plutôt garden partie dans la verdure, avec des sirops de verveine à boire, des fruits et des bonbecks à boulotter. Ultra chic, le soleil était de la partie, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. On y croisait quelques très vieilles dames élégantes, tous colliers dehors, des jeunes filles parfaitement inconnues mais habillées dernier cri, des gens connus donc mal sapés (c’est dimanche, hein, on vient comme on traîne).
Enfin, c’était the place to be pour les people en mal de visibilité ou en campagne personnelle. Le cas sans doute pour un Patrick Devedjian très accessoirisé : chaussures noires à boucle, costume sombre et quelque chose comme une chemise mal ajustée (sans doute pour l’effet dimanche), et, ultime détail fashion, un photographe collé aux basques. J’aimerais bien savoir à qui le photographe envoie sa facture majorée jour férié, l’UMP ? Devedjian lui-même ? un journal ? Ce n’est pas Christophe Bourseiller qui répondra, il est resté dehors, brushing en arrière, look nude ou presque : Christophe Bourseiller ne porte plus de lunettes ! Sans ses culs-de-bouteille, on peut voir qu’il a de jolies mirettes bleues.
Au détour d’un escalier, j’ai croisé aussi Christine Angot, nez en l’air, qui vérifiait qu’on l’avait bien reconnue, non mais. Elle sort un livre à la rentrée, encore une histoire pour séparer un couple, puisque c’est le levier de tous ses livres. On verra bien qui elle saucissonne cette fois-ci. Il y sera question de Doc Gyneco puisqu’ils sont sortis ensemble. On les a tous vus, nous autres journalistes littéraires partis fêter le livre à Brive en novembre 2006. Ils ont fait connaissance sur la piste de danse du Cardinal, la boîte où les Parisiens germanopratins aiment se frotter aux « locaux » en se gaussant de la musique. 
Mais revenons à l’expo. Il y avait aussi un ancien acteur de Classe mannequin, le grand brun bien coiffé qui n’a d’ailleurs pas changé sa coupe de cheveux ; l’artiste plasticienne qui ressemble à Cruella (chevelure bicolore, noire et blanche) et qui considère son corps comme une œuvre d’art, non pas à la manière d’Arielle Dombasle, mais plutôt en nichant des prothèses de silicone sous ses tempes, par exemple. Mes lecteurs les plus érudits n’hésiteront pas à me donner son nom en commentaire, il m’échappe depuis hier. N’imaginez pas que tout ce petit monde est reparti sitôt l’exposition visitée : il y avait beaucoup plus de monde dans le jardin, autour des gros cubes de papier recyclé (ça c’est pas de l’art, c’est du pilonnage, faut pas charrier), que sur le chemin de la sortie. Et les enfants jouaient, et les adultes se miraient la frimousse au soleil. Fallait y être, ils (nous) y étaient.
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Bon, c’est pas tout ça, mais quid de l’expo ?
César, ses compressions, mais pas seulement. Sculpteur de formation classique, César s’est toujours interrogé sur la nature de l’art : une œuvre d’art qui ne met pas en valeur un savoir-faire relève-t-elle encore de l’art ? « César se trouve pris dans une problématique qui fait que la sculpture n’est pas seulement l’art des belles proportions à bâtir ( …) mais qu’elle peut être une idée ».
Cette question l’occupait, lui qui n’hésita pas à prendre les commandes de la Big Squeeze (presse hydraulique utilisée pour le compactage calibré des voitures) pour produire une part importante de son œuvre. On en trouve dans les salles du sous-sol de la Fondation. Le rez de jardin est consacré aux Empreintes de César : pouce, mains, poings, seins (pas les siens), et aux expansions : comme des kilos de peinture déversés et figés, formes rondes et parfaites, harmonie qui détend l’œil et n’est pas sans rappeler, en plus gros, les accidents de tubes de dentifrices sur le bord du lavabo.
Alors voilà, c’est un hommage et ça vaut le détour. Mais c’est dommage, vraiment dommage que les cartels ne soient pas plus clairs ni mieux positionnés. L’expo n’est pas assez encadrée, il n’y a pas assez d’explications ou de mise en perspective, ni même de citations de César. Le « fond » de l’expo n’a pas été assez travaillé : on s’est « contenté » de trier, rapatrier et disposer les œuvres, mais il manque un peu de pédagogie ou d’enrichissement intellectuel. C’est un gros bémol, d’autant plus que l’art contemporain s’accompagne facilement de discours. Au risque de choquer les aficionados, j’ai rarement vu une expo d’art contemporain qui sache être intelligible sans un bain de théorisation. C’est peut être parce que les mots ont envahi l’art que la littérature se retrouve dépossédée aujourd’hui des bouillonnements intellectuels d’antan. 185300332.jpg

Mais je m’égare encore. C’est Jean Nouvel qui a composé et mis en scène cet échantillonnage des œuvres de César. L’alibi, c’est les dix ans de la mort de l’artiste. Le choix du commissaire d’expo tient au fait que c’est Jean Nouvel qui a dessiné le pavillon de la Fondation Cartier et qu’il était aussi un ami de César. Pour mémoire, Jean Nouvel a dessiné l’Institut du Monde Arabe, le musée du Quai Branly et il est le lauréat du concours pour la tour Signal à Paris La Défense (rien à voir avec le dentifrice ci-dessus). Jean Nouvel est aussi l’architecte du siège social de la société Richemont à Genève. Ce que ça vient faire là ? le groupe Richemont possède Cartier, donc la Fondation éponyme, mais aussi Van Cleef & Arpels, Piaget, Vacheron Constantin, Jaeger-LeCoultre, IWC, Panerai et Montblanc.

L’exposition commence en vrai demain et s’étire jusqu’au 26 octobre.
Ah oui, les illustrations sont des photos du dossier de presse prises sur mon carrelage...

 
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