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15 octobre 2008

Foire de Francfort et dématérialisation du livre

Coucou c'est mon retour !

Dur dur d'assurer un blog en période de rentrée littéraire ! Et c'est un retour de pareseuse que le mien aujourd'hui. Je profite de l'ouverture de la 60e Foire de Francfort (le lieu où se négocient les droits des livres publiés dans le monde entier) pour reproduire in extenso (parce qu'il est bien écrit et totalement factuel) un article de mon excellente consoeur Anne-Laure Walter qui livre, dans les colonnes du journal professionnel Livres Hebdo, les résultats d'un sondage étonnant sur le livre électronique.

Les sceptiques vont prendre un coup derrière la tête, tant le marché mûrit, réfléchit et se prépare à toute vitesse.Le débat est ouvert !

"La Foire de Francfort a interrogé 1 000 professionnels du monde entier sur la numérisation et ses impacts sur le marché du livre.


Plus de 70% des professionnels du livre se disent prêts à relever le défi numérique dans une enquête réalisée auprès de 1 000 d’entre eux venant de 30 pays par les organisateurs de la Foire internationale de Francfort, qui ouvre ses portes le 14 octobre.

40% des personnes interrogées pensent que les contenus dématérialisés détrôneront les ventes de livres traditionnels à l’horizon 2018, même si un tiers considère que cela n’arrivera jamais, 12% estimant même que les e-books font l’objet d’un engouement passager et qu’ils seront passés de mode dans 60 ans.

Ces réponses sont, semble-t-il, liées au fait que le phénomène numérique n’en est qu’à ses prémisses puisque peu de professionnels du livre se déclarent familiers de cette nouvelle technologie et que 60% des sondés avouent ne jamais utiliser d’e-books ni d’e-readers.

Deux sondés sur trois estiment que le livre traditionnel va continuer à dominer le marché pendant au moins cinq ans. Rares sont ceux qui pensent que l’e-book (7%) ou l’e-reader (2%) sera leur principale source de revenus d’ici à 2013.

Enfin, à l’occasion du 60e anniversaire de la Foire de Francfort, ses organisateurs ont demandé aux sondés ce qui a changé à leur avis durant ses six décennies et ce qui va changer durant les six suivantes : 39% estiment que l’essor des ventes en ligne est l’événement le plus important des 60 dernières années, suivi du marketing (20%), des grandes surfaces culturelles (17%) et des foires du livre (15%).

Pour les 60 prochaines années, les professionnels prédisent la disparition des librairies indépendantes (un quart d’entre eux l’estime probable), celle des agents (21%), et même des éditeurs (14%) !"

24 août 2008

Ebook, faites-le vous-même !

Aux inconditionnels du livre papier, cette petite curiosité devrait donner l’envie de détourner un dictionnaire.

 

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L’inventeur de ce « Future of Books » s’appelle Kyle Bean, et il a décidé de ne pas choisir entre son ordinateur et ses livres. Cet Anglais créatif a donc tout simplement intégré dans un livre un ordinateur, en conservant l'apparence du livre. A vos cutters !

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Source : http://www.kylebean.co.uk/portfolio.html

17:35 Publié dans C dans l'air | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ebook, kyle bean

16 août 2008

Le boom annoncé du livre électronique

240 000 ! C’est le nombre de « kindle » (le reader proposé par Amazon) vendus depuis novembre aux Etats-Unis. Voici une nouvelle qui devrait commencer de faire douter les farouches détracteurs du papier électronique.


1467307675.jpgPetit rappel : un reader, c’est un support de lecture pour lire des livres électroniques, c'est le contenant du texte, la partie physique du livre. On dit aussi un device, une tablette. C’est à dire des livres qui ne sont plus proposés en format papier, avec une couverture, une reliure et des pages qui se tournent et se cornent (et aussi se hument, se caressent et se serrent sur le coeur), mais dans un format qui s'approche de celui du eee pc ou d'un gros iphone. A la différence près que l'affichage d'un reader n'est pas rétro éclairé comme un portable ou un mobile, mais se présente mat comme une page de livre, grâce à la technologie de l'  « encre électronique », ou « e-ink » pour employer un mot barbare auquel il faudra s’habituer. Cette particularité rend la lecture plus agréable et moins fatigante pour les marathoniens de la lecture que sont, au hasard, les journalistes littéraires.

Bref, les trentenaires comprendront tout de suite, un reader est un petit télécran un peu élaboré qui ne s'efface pas quand on le secoue.

En France, le Cybook de Bookeen fait partie des pionniers. L'équipe de Bookeen est tellement en avance sur la question,828777419.jpg qu'ils ont même été les premiers, avant 2000, avec la société Cytale, à proposer du livre électronique sur le marché français. C'était visionnaire à l'époque, c'est une réalité émergente aujourd'hui.

Aux Etats-Unis, 240 000 personnes ont donc acheté une de ces tablettes pour pouvoir lire des livres qu’ils téléchargeront sur le site d’Amazon. En chipotant un peu, on notera que la proposition d'Amazon rend le lecteur un tout petit peu captif de sa librairie, c’est à dire de son site marchand, c’est à dire d’Amazon. En même temps, Amazon n'est pas une fondation ni une oeuvre de charité.


Il y a donc sans doute plus de 250 000 Américains (je gonfle le chiffre en imaginant par exemple un usage familial pour certains des acheteurs) qui sont suffisamment motivés par ces lectures qu’on pourrait appeler « du deuxième type », pour dépenser entre 360 et 400 dollars pour un support de lecture.

Pour en savoir un peu plus sur ce Kindle, voici le détail de cette information dénichée sur le "blog" (ils tiennent à ce nom) de Techcrunch et signé par Michael Arrington himself (le boss).

Et pour vous prouver que je ne suis pas en train de vous raconter de la science-fiction américaine, j’ai le plaisir de vous annoncer que la Fnac prépare un projet de librairie électronique associée à Sony pour septembre. A suivre sur ce blog !

De vous à moi, je vais attendre les versions moins protohistoriques pour lancer mon porte-monnaie dans l’aventure. Ce qui ne devrait pas tarder. Pour l’heure, je me contente de tester différents systèmes de lecture « dématérialisées », dans une presque gratuité.

C’est le grand retour du e-book sur mon blog, pour le plus grand plaisir de Caroline, Georges et Christian. Promis, on y reviendra souvent !

09 décembre 2007

Comment va la vieille dame ?

Comment va l’édition ? Ouh la la, la question qui casse les pieds de tout le monde ! C’est comme demander à sa vieille tata de 86 ans des nouvelles de sa santé. Elles sont toujours mauvaises, mon bon monsieur, et on finit même par ne plus en écouter le détail.
Allez, on garde son punch et un peu d’élasticité intellectuelle : Le cabinet d’audit KPMG vient de rendre le deuxième volet de son étude financière sur les entreprises éditoriales. 181 maisons d’éditions ont ainsi livré leurs bilans 2006. Ces 181 maisons totalisent un CA net de 3,2 milliards d’euros. Il en ressort une baisse de la rentabilité globale. Les secteurs juridiques et la jeunesse tiennent bon, les beaux livres et les pratiques peinent.  Les romans semblent compter pour du beurre, ça fera plaisir aux granzécrivains de Saint-Germain-des-Près. Tous les chiffres sont dans Livres Hebdo daté 7 décembre que vous ne trouverez pas en kiosque mais sur le site, si l’article n’est pas en accès payant. Si vous n’obtenez pas les infos et qu’elles vous intéressent, je ferai un addendum à cette note (mais faudra vraiment le demander, hein !).
L’auditeur KPMG propose donc de serrer les boulons en maîtrisant la production et les tirages. Pas possible ! Ca voudrait dire qu’il faudrait publier moins quand on n’a pas trop de sous ? Mais cela fait plusieurs années que  les éditeurs font exactement le contraire, en dépit du bon sens préconisé par l’auditeur : le nombre de romans ne fait que croître à chaque rentrée littéraire. On en a déjà parlé ici (vaste fouille dans les archives de ce modeste blog).



Une certaine logique, sans doute darwinienne, voudrait qu’on entreprenne au lieu de se recroqueviller quand une entreprise va mal. Mais après tout, de quoi je me mêle, n’est-ce pas ? Là où je veux en venir, c’est aux nouveaux supports, à la dématérialisation, à ce qu’on appelle encore scolairement « nouvelles technologies » (ce qui prouve à quel point on est à côté de la plaque, tant elles ne sont plus nouvelles mais intégrées dans nos modes de fonctionnement quotidiens).

A part Gallimard qui numérise largement son catalogue et qui semble avoir élaboré une stratégie un peu « moderne » à ce sujet, qu’en est-il des autres ? Le groupe Flammarion a monté une cellule de réflexion menée par le patron de Casterman. Soit. Mais que fait le groupe Hachette ? Et Editis ? Que font les éditeurs, plus largement ? Le Salon du livre 2008 semble avoir intégré la question du livre électronique à son programme : est-ce de l’image, façon « on en est, on en  parle » ou l’illustration d’une volonté plus urgente ?

Plus sincèrement, j’ai l’impression que les éditeurs qui s’intéressent au sujet le font parce que l’époque leur impose, mais sans engouement, enthousiasme ni réel esprit d’entreprise. C’est pas très bon signe pour l’avenir. Les entreprises éditoriales françaises sont-elles capables de remettre leur fonctionnement en question avant le mur (pensez au secteur de la musique, un bel épouvantail qui peut aiguillonner les nonchalants…) et surtout, de s’adapter au-delà des blablas en s’entourant de vraies compétences ? Il faut peut-être renoncer à un certain confort, celui de la tradition, du savoir-faire et de l’illusion de la maîtrise artisanale d’un secteur qui ne l’est plus tant que ça. Même si cette dernière phrase n’est pas tout à fait écrite en français.

 
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