Avertir le modérateur

19 novembre 2007

Mougeotte répare les prix

La saison des prix littéraires se finit en apothéose.

" AFP 16.11.07 | 18h46
L e Figaro Magazine a annoncé vendredi avoir décerné son prix Découverte 2007 à Christophe Donner pour son
roman "Un roi sans lendemain" (Grasset), afin de réparer une injustice", mais l'écrivain l'a refusé.
"Le fait que mon nom n'ait pas été sur la liste de épart du jury m'empêche par principe d'accepter ce prix", a déclaré Christophe Donner, interrogé par 'AFP dans la foulée de l'annonce du prix. Cela ntrerait "en contradiction avec les principes que je défends", notamment le fait que les jurés s'en iennent aux livres retenus par les diverses élections, a-t-il dit.
Le jury du prix du Figaro Magazine, composé essentiellement de membres de la rédaction, n'avait pas sélectionné au départ le roman de Donner car "nous étions convaincus qu'il aurait un des grands prix de la rentrée littéraire", a déclaré vendredi Etienne
Mougeotte, directeur de la rédaction de l'hebdomadaire, interrogé par l'AFP avant que soit connue la réaction de M. Donner.
Le roman de Christophe Donner est un "très bon livre" qui "aurait dû recevoir le prix Renaudot", a ajouté M. Mougeotte.
Alors que Christophe Donner semblait bien placé pour l'emporter, le prix Renaudot a été attribué le 5 novembre, à la surprise générale, à Daniel Pennac pour Chagrin d'école" (Gallimard) alors qu'il ne figurait pas dans la sélection.
"Il y a eu des manoeuvres. Le livre de Donner a été injustement sacrifié. Nous l'avons donc primé pour réparer une injustice", a expliqué M. Mougeotte.
Christophe Donner avait exprimé sa colère après l'attribution du Renaudot et accusé un des jurés, Franz-Olivier Giesbert, d'avoir manipulé ce prix. Il avait de ce fait décidé de "se retirer de la course" aux autres prix littéraires.
Créé en 2002, le prix Découverte est doté de 8.000 euros, offerts par le restaurant Fouquet's (groupe Lucien Barrière), où se réunit le jury."

 

J'aime l'idée qu'un prix qualifié de "découverte" soit remis à ce tout jeune auteur qui débute à peine, qu'est Christophe Donner.

J'aime aussi qu'un prix littéraire fasse dans le rattrapage et ce, ouvertement. Une récompense pour une oeuvre littéraire doit-elle être charitable ?

J'aime aussi que ce soit Etienne Mougeotte qui soit à l'initiative de cette décision supermanesque.


Mais je ne suis pas sûre du tout que le Prix découverte du Figaro Magazine, si plein de bonnes intentions (comme l'enfer en est pavé), ressorte grandi de cette histoire : les jurés me semblent bien trop sensibles aux contextes pour se concentrer pour de vrai sur les textes.
Quant à Donner, autant j'ai trouvé sa déclaration post-Renaudot grotesque qui légitimait exactement ce qu'il dénonçait, c'est à dire les stratagèmes en cours ; autant je le trouve respectable d'avoir refusé ce prix ouvertement de consolation. Au moins, il ne perd pas son honneur d'écrivain.

Question pour finir : à qui iront les 8 000 euros du Prix ? 

17 novembre 2006

Vive Bernard Pivot !

Enfin une voix s’élève ! Bernard Pivot a fait sensation avec sa chronique du JDD datée 12/11. Dans le Monde des Livres daté d’hier, mon excellent confrère Alain Beuve-Méry analyse ses propos et les réactions qu’ils ont suscitées cette semaine. B. Pivot préconisait ainsi « une mesure qui devrait être appliquée à l’avenir dans tous les grands prix : interdiction pour un salarié d’une maison d’édition d’accéder aux jurys, interdiction à un juré de devenir le salarié d’une maison d’édition ». Et de conclure : « Ce serait la moindre des choses ; ce serait pourtant une révolution ».
En effet, une REVOLUTION. Si l’on en croit les réactions choquées, outrées, blessées, très cour de Louis XVI, de ses petits camarades. C’est qu’on s’accroche à son fauteuil…

Alain Robbe-Grillet, Dominique Fernandez, Christine de Rivoyre et Denis Roche pour le Médicis, Diane de Margerie, Christine Jordis, Danièle Sallenave du Femina figurent parmi les plus scandalisés. D’autres sont plus nuancés, sans doute plus conscients du problème. Je vous renvoie à l’édifiant article d’Alain qu’on trouve sur le site du Monde (section Monde des livres, dans la rubrique « Pratique », eh oui, cette localisation a toujours le don de m’émerveiller).

L’occasion d’en savoir un peu plus sur les points de vue des uns et des autres, parmi les plus intéressants, comme celui de Didier Decoin, de découvrir l’extrême probité de François Nourissier, et la proposition de Françoise Chandernagor qui suggère « d’interdire de jury les critiques littéraires qui écrivent des romans, afin de corriger le caractère incestueux du système ». Oui, oui et re-oui.

Je biche un peu, forcément, depuis le temps que je brame ce même air, sur ce blog ou ailleurs.

Si j’avais un peu de courage et de temps, je monterais un prix littéraire décerné par un jury tournant de journalistes non romanciers. Mais il existe tant de prix déjà, qu’il me semble plus judicieux de réformer les existants, plutôt que de sortir un énième candidat à la labellisation.

Encore bravo à Bernard Pivot pour sa hauteur de vue. La prise de position d’un homme de lettres aussi aimé et respecté pourrait suffire à enclencher un changement, en espérant que le débat ne s’achève pas avec l’année. A suivre.  

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu