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20 février 2007

"Je ne suis pas amoral", Joseph Connolly

Je ne suis pas immoral !

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Votre nouveau roman, L’Amour est étrange (Flammarion) raconte l’histoire d’une famille anglaise des années 50 à 90. Les hommes sont des pauvres types, pendant que les femmes se battent pour survivre. Est-ce votre regard sur la société contemporaine ?

Ce livre est effectivement une sorte de roman féministe. Clifford, le personnage principal, ne sait jamais où il en est. Il y a toujours une femme pour s’occuper de lui. Sa sœur, Annette, bataille pour s’en sortir et pour exister dans la société. C’est elle qui porte la famille à bout de bras et qui permettra à sa mère très effacée, démunie à la mort de son mari, d’épanouir sa véritable nature.

Vous n’êtes certes pas un écrivain moraliste, mais vous êtes allé loin dans ce livre : inceste, éloge de la prostitution, nonnes sadiques, prêtres libidineux…

Attention, ceci est un roman ! Je ne suis pas immoral, mais certains de mes personnages le sont, c’est vrai.

Votre livre est tout de même une charge contre la religion…

Personnellement, je n’ai rien contre aucune religion. Ce couvent catholique irlandais où se produisent tant de choses atroces existait encore il y a dix ans. Dans ces endroits, on a souvent commis le mal au nom du bien. Des gens qui représentent Dieu disent à des enfants, du haut de leur autorité, qu’ils font le Mal. Difficile de grandir avec ça, non ?

La famille est-elle le lieu privilégiée de la violence ?

C’est souvent  le cas, si l’on en croit les faits divers. Mais il y a aussi de la tendresse entre mes personnages : le père aime ses enfants, Clifford et Annette, même s’il ne sait pas le leur montrer de façon… saine.

Le monde est-il pour vous régi par les rapports de force ?

Une relation idéale entre êtres humains repose sur une entente mutuelle où l’on donne et l’on reçoit de façon équilibrée. Dans la réalité, il y a la plupart du temps un dominant et un dominé. Les forts ressentent la faiblesse des uns, et les faibles recherchent la force des dominants, c’est ainsi.

Propos recueillis par Karine Papillaud

Le livre

Une modeste famille anglaise des années 50, vérolée par les non-dits, la honte et la misère affective, glisse doucement dans une tragédie amorale. L’humour grince, la plume corrode, l’histoire tient en haleine. La réussite tient dans une maîtrise stylistique sophistiquée qui alterne et fond entre eux les monologues intérieurs des quatre héros.

21:30 Publié dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : Joseph Connolly

 
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