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05 novembre 2007

Bravo Antoine ! Du Goncourt…

Chaude ambiance au Drouant ! Les jurés se sont rebellés : pas question de tremper dans la manigance, marre des magouilles, rigolons un peu. Alors ils s’en sont payé une bonne tranche. medium_KIF_0335.JPGLe Renaudot, surtout, était transformé en repaire de garnements : la bande à Besson, président cette année, donc voix compte double, flanqué de ses complices Franz-Olivier Giesbert (mon Boss au Point, hé hé), Christian Giudicelli ou Jean-Noël Pancrazi. Pas possible de sortir une phrase sans un sourire de chat gourmand des uns ou des autres. L’humeur était bonne et belle. On verra dans le prochain post ce qui, peut-être, étirait ces sourires de chats gourmands. Côté Goncourt, c’était plus convenable, mais moins « jeune » aussi. En l’absence de Françoise Mallet-Joris (éditée par Grasset… oui, on va dire les choses comme ça pour rester jésuite et précis jusqu’au bout), et Michel Tournier (édité par Gallimard), l’un des frondeurs était ce garnement de Didier Decoin, la bonne humeur personnifiée et la malice au coin de l’oeil, qui me confiait à Brive il y a dix jours son penchant pour le livre de Leroy. Robert Sabatier aussi n’en a fait qu’à sa tête, en votant pour Amélie Nothomb alors qu’elle n’était plus sur la short list. Michel Tournier avait fait la même chose avec Stéphane Audeguy l’an dernier. La petite jeunesse Françoise Chandernagor, trésorière, a pensé cette année à apporter le chèque de 10 euros destiné au lauréat et encore en blanc au moment de la photo (voir ci contre). Pour la cagnotte, bien moins importante que les 30 000 euros du Prix Décembre remis ce midi à l’hôtel Lutétia, point n’est besoin de se soucier pour l’auteur :  le prix, c’est pour la gloire, mais les ventes suivent en général à hauteur de 300 000 exemplaires vendus (en dessous, le Goncourt est un bide).medium_KIF_0340.JPG

On s’apprêtait donc à remettre les Prix Goncourt et Renaudot à 13h, pour l’ouverture du journal télé. Comme l’an dernier, les journalistes ont été entassés au rez-de-chaussée, bien collés les uns contre les autres, certains avec un morceau de micro ou de caméra fiché dans la tempe. Et on attendait que les jambes des jurés apparaissent dans l’escalier. Oui, parce qu’à moins d’être au premier rang, on ne voyait pas grand-chose de tout ça. Surtout quand on mesure 1,68m talons compris, comme moi. Finalement Didier Decoin a fini par descendre, avec une autre paire de pantalons à pinces, dont tout le monde a vu l’occupant à la télé sauf nous qui étions bien gênés au milieu du paquet humain. medium_KIF_0336.JPGEvidemment, sans sono, on n’a rien entendu ou presque. A part les « 14 tours de scrutin » pour départager le Goncourt et les 10 pour le Renaudot. Ca ressemble à du coup de cœur, ça, mesdames et messieurs les jurés ! Gilles Leroy, Daniel Pennac, les noms sont lancés, les jurés remontent se planquer et les journalistes font comme ils peuvent.
Ca a surpris : Marion, l’attachée de presse de Leroy qui est une vraie supportrice de son auteur, était tellement sûre qu’Olivier Adam remporterait le prix qu’elle a à peine pensé à ouvrir la radio à l’heure dite. Le lauréat du Goncourt a appris la bonne nouvelle après tout le monde.  Revenons sur place, où la tension aurait pu être démoniaque et la cohue meurtrière. Quelques mots échangés avec Pierre Assouline, sélectionné sur la première liste du Goncourt, et on s’aventure en binôme au premier étage où les jurés des deux prix s’apprêtent à passer à table. Mais chacun dans sa salle. Celle du Goncourt est tout de suite à droite en arrivant à l’étage, le Renaudot, c’est un peu plus loin au fond du couloir.


Plutôt que de faire des phrases, il est tard et ça va finir par faire un trèèèès long post, voici une sélection des petites phrases recueillis auprès de Françoise Chandernagor-jurée-Goncourt, entre fourchettes et micros, avant que le déjeuner gastronomique ne commence et qu’on ne vire les parasites de l’auguste salon moquetté.

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 « Le choix a été difficile, il y avait beaucoup de bons livres et ce n’était pas facile de se décider surtout entre les deux leaders (Adam et Leroy, NDLB), longtemps ex æquo qui étaient très différents mais très intéressants, dans leurs styles et dans leurs sujets.»

La même d’avouer à propos du livre du lauréat, Alabama Song (Mercure de France) : « L’histoire du couple mythique qu’étaient les Fitzgerald me fait rêver. Je vois quand même les choses du point de vue de Francis Scott. Gilles Leroy présente Zelda comme la première féministe. C’est magnifiquement écrit. »Mais coup de théâtre ! « J’aurais aussi été contente d’un autre choix. J’étais ravie de voir autant de femmes dans la sélection mais comme m’a dit Bernard (Pivot), on a couronné le livre dont l’héroïne est une femme ». Consolée, Françoise ?


La petite phrase à méditer : « Les auteurs comptent plus que les éditeurs. Je m’y emploie depuis que je suis dans ce jury. Je crois. Il faut que ça le reste. » Ah bon ? Parce que ce n’était pas évident ? Mince alors !

Faisons les comptes : Un Goncourt à Gilles Leroy, c’est un Goncourt pour le Mercure de France, une première depuis 1995, donc un Goncourt pour Gallimard, c’est le même groupe.(à suivre)

02 septembre 2007

D'où sortent les têtes d'affiche de la rentrée ?

C'est dimanche, alors flemme. 

Je copie-colle le premier jet de l'un de mes articles "Rentrée littéraire" paru dans 20 minutes le 30 août. Même que, lalalère, il a fait la Une du journal ce jour-là, malgré la victoire du PSG 2-0 contre Le Mans. Et ce n'est manifestement pas rien, une victoire du PSG, si je comprends bien ce que j'entends autour de moi. Rendez-vous compte : la littérature dame le pion au foot, enivrant, non ? Allez, j'ai assez paradé comme ça...

 

 

Parmi les 727 romans publiés cet automne, la critique a déjà choisi ceux qui feront l’actualité jusqu’aux prix de novembre.

Le Peloton de tête de la rentrée

 

Olivier Adam, Mazarine Pingeot, Philippe Claudel, Christophe Donner, Marie Darrieussecq, Yasmina Réza ou Patrick Besson, et bientôt le nouveau Patrick Modiano : la rentrée des romans français est à peine commencée qu’elle semble déjà finie. Dix jours après la parution des premiers livres, la critique a déjà bouclé un premier tour d’horizon. Les valeurs sont sûres, les auteurs souvent attendus : la rentrée 2007 est un cru bourgeois.

Dans les pages "livres" des journaux, la course a commencé dès le mois de juin. Derrière cette frénésie de chercheur d’or qui agite les journalistes littéraires, se cachent déjà les enjeux des prix de novembre. C’est auquel trouvera le premier la perle de la rentrée, le nouveau Goncourt, ou le livre qui marquera l’automne. Depuis le mois de mai, les journalistes déjeunent avec les attachées de presse des éditeurs qui mettent en exergue les chouchous maison. Si elles convainquent le journaliste, il ouvrira ce livre plutôt qu’un autre. « Elles sont une source importante, mais les libraires jouent aussi un rôle primordial, explique un journaliste du Figaro littéraire. Il y a aussi les livres qu’on attend : on a découvert un auteur lors d’une rentrée précédente, ou suivi le parcours d’un écrivain depuis plusieurs années ».

C’est le cas d’Olivier Adam, avec A l’abri de rien (L’Olivier), un roman ambitieux qui se déroule à Sangatte parmi les réfugiés. C’est le cas aussi du quatrième livre d’Eric Reinhardt, Cendrillon (Stock), salué par la critique comme un petit événement littéraire bien avant sa mise en vente le 22 août. « C’est la preuve que la critique, même malmenée, fait son boulot, observe son éditeur Jean-Marc Roberts. Le livre a été lu assez tôt mais rien n’était gagné : l’auteur n’a pas la notoriété des stars de la rentrée ». Adoré ou détesté, le roman de Reinhardt intéresse l’ensemble de la critique. Coup éditorial ? « Je ne crois pas aux coups, la  littérature ne le permet pas contrairement aux documents. Je publie Reinhardt depuis cinq ans, ce n’est pas un coup... En fait, le jour où le succès vous tombe dessus, c’est la fin des coups qu’on a reçus ! » 

KP

 

Pour info : le journaliste du Figaro Littéraire que je cite dans l'article est l'excellent et délicieux Mohammed Aissaoui.

Pour info, 2 : toutes mes excuses aux visiteurs de ce site : j'ai malencontreusement publié le même texte daté 31 août deux fois et sous deux titres différents. Un problème de maîtrise des options de publication de mon interface. On progresse...

 

 
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