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05 avril 2008

Trafic de livres, section vie privée

J'ai mis les mots clés qui appâtent le chaland dans le titre. Je suis sûre qu’un bon nombre de petits curieux vont être bien déçus en fin de note. Attrapés quand même !

Alors voilà ce que c’est quand on travaille de chez soi : on reçoit les livres à la maison et on les stocke… où on peut.
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J’ai la chance d’avoir des interlocuteurs adorables à la Poste de mon quartier. Elle fait sa fière, ma Polo, quand elle descend dans les sous-sols du centre de tri. Les sièges arrière rabattus, on dirait une vraie Kangoo !
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Pour vous donner une idée, ça représente un mois de livraisons… Par la Poste seulement et à l’exception des quelques paquets que le facteur parvient à caser chaque jour dans ma boîte aux lettres. Il faut y ajouoter les petits présents apportés par des transporteurs : coup de chapeau au fidèle Guy qui monte, impavide, les paquets de livres bien ficelés jusqu’au 6e étage (sans ascenseur) quand je ne suis pas chez moi pour les récupérer.
Le journalisme littéraire ? Un travail d’équipe !

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11 mars 2008

La littérature ? Un truc de sportifs...

Trouvé dans le Livres Hebdo daté 7 mars 2008 :

 

Un combat de karaté vaut mieux qu'un procès

Publié le 07 mars 2008 par ca

(Photo : Thomas Gunzig et Luc Pire © C. Andreucci)

Dans les allées de la Foire du livre de Bruxelles, l'éditeur Luc Pire et l'écrivain Thomas Gunzig ont joué les droits d'un livre lors d'un combat de karaté jeudi 6 mars. Sorti vainqueur, l'auteur a récupéré les droits de « Carbowaterstoemp ».

Foire du livre de Bruxelles, jeudi 6 mars, 18 h : en deux rounds d'une minute trente chacun, l'écrivain Thomas Gunzig a battu l'éditeur Luc Pire lors d'un combat de karaté, sous les applaudissements de la foule.

L'écrivain récupère ainsi les droits de son recueil de nouvelles, Carbowaterstoemp, publié en 2005 par les éditions Labor dans leur collection « Espace Nord ».

Un différend l'opposait à l'éditeur Luc Pire depuis que ce dernier a racheté, fin 2007, Labor Littérature. «Je voulais rassembler tout ce que j'ai écrit depuis quinze ans chez mon éditeur actuel, Au diable Vauvert, pour une question de cohérence », nous a raconté l'écrivain.

S'il estimait que la demande de Thomas Gunzig était « légitime », Luc Pire souhaitait néanmoins garder son livre dans le catalogue qu'il venait d'acquérir.

La négociation entre les deux hommes, par ailleurs amis, restait au point mort.

Apprenant dans la presse que Luc Pire pratiquait le taekwondo, Thomas Gunzig, adepte du karaté, lui a proposé de régler leur désaccord lors d'un combat.

« C'est mieux que d'aller au tribunal, et nous restons amis », ont déclaré les deux hommes en kimono à l’issue du duel.

 

09 novembre 2007

Prix de Flore, un autre regard

Soirée exceptionnelle au Flore pour fêter le Prix de Flore d'Amélie Nothomb. C'était mercredi 7 novembre, de 20h à ... très tard.

Il y avait tout le milieu germanopratin et les autres, une quantité d'épaules à éviter et de costumes à frotter. Le Café de Flore était plein comme un oeuf. Et comme dirait l'autre, "en cas de pépin, bonjour la sécurité". Surtout quand le caviar a été servi à l'étage. Qu'on ne dise pas que les bobos du 6e sont blasés, c'était le rush sur les oeufs de poisson. Limite décent, quand on y pense.

Les putes à franges, à la platine, ont été rejointes par l'un des deux membres du groupe Justice. Ne me demandez pas lequel, je suis journaliste littéraire et immensément ignorante pour tout le reste. Amélie était contente, c'était baroque, joyeux. Il souffle un vent de fantaisie sur la saison des prix. Je crois que la semaine prochaine sera amusante, avec les Prix Femina, Medicis, Goncourt des Lycéens, Interallié, France Télévisions et Wepler.  

Laurence Thurion, l'une des blogueuses les plus intéressantres du web était avec moi. Il y avait donc deux Belges ce soir-là (Laurence et Amélie N.), hé hé ! Elles se sont patriotiquement embrassées et Laurence a tout mis en ligne sur son blog eklectik, avec plein de photos à suivre sur son Flickr. Suivez le guide ! 

 

... Et retrouvez l'interview d'Amélie Nothomb sur le site d' isubway 

06 novembre 2007

…au Renaudot

medium_besson.jpgPatrick Besson est un homme parmi les plus intelligents de sa génération, et ils sont pourtant nombreux, les jeunes quinquas. On lui passe autant qu'à un enfant surdoué, même s’il raconte plein de trucs faux sur mon compte, comme un livre que je serais en train d’écrire et que c’est même pas vrai, et qu'il me fatigue avec ça. « Toute une vie passée à écrire sans avoir de prix, c’était pas juste », m’a-t-il dit, patelin, pour expliquer le choix de Daniel Pennac avec Chagrin d’école (Gallimard), tandis que Jean-Noël Pancrazi écrasait un sourire. C’est bien mignon, ça, Patrick, mais Daniel Pennac ne figurait pas sur la liste des derniers sélectionnés et son livre n’est pas un roman. Et Donner, donné favori avec Un roi sans lendemain pour Grasset ? « Je compte beaucoup que Donner ait l’Interallié ! », ponctue Christian Giudicelli, à la rescousse de son coreligionnaire. « Pennac, j’ai beaucoup aimé, explique de son côté Franz-Olivier Giesbert. C’est du Pagnol, pas prise de tête, un bon écrivain populaire. On a voulu rendre un coup de chapeau à l’écrivain » que Jean-Marie-Gustave Le Clézio, en voyage, avait retenu. Il y a chez ces tontons « électeurs », un air potache qui fait plaisir à voir mais qui tranche avec la solennité voulue de la circonstance.

 

Crédit photo : Bruno CHAROY


C’est vrai que c’est amusant de consacrer un lauréat qui ne faisait pas partie de la dernièremedium_pennac03.2.jpg sélection. C’est vrai que c’est amusant de récompenser un auteur qui vient de sortir 230 000 exemplaires de son livre en trois semaines. C’est vrai que c’est amusant de penser que le Renaudot, cette année, se vendra certainement mieux que le Goncourt, avec l’avance prise par Pennac, la renommée de l’écrivain et de son éditeur Gallimard. C’est vrai aussi que ça doit être amusant, quand on est juré Renaudot, de griller la priorité du Prix le plus vendeur de l’automne au Goncourt. Et c’est vrai que ça doit être très amusant de faire enrager les éditeurs en cassant les codes minutieusement établis qui prédestinent les auteurs aux prix mieux que les infantes aux jeunes rois.


Score : Gallimard un Goncourt par truchement, et un Renaudot en nom propre.

C’est un beau bazar maintenant, pour les autres prix en piste. Les Femina et Medicis ont rendu leurs dernières sélections lundi en fin de journée. On imagine que les jurys ont dû sacrément cogiter l’après-midi. Le Baisers de cinéma d’Eric Fottorino était un parfait prix Femina, mais il est griffé Gallimard. Le Prix décembre remis ce mardi, devrait* théoriquement être attribué à Yannick Haenel, un auteur Gallimard de l’écurie Sollers, mais ça fait beaucoup, non ? Et l’excellent La Chaussure sur le toit de Vincent Delecroix à qui on prêtait l’Académie française avant… un changement de cap de l’institution, et à qui on aurait bien vu un Médicis, mais c’est encore un Gallimard ! Olivia Rosenthal, bien placée pour le Wepler, publie chez Verticales, donc dans le groupe de… on n’ose plus dire le nom. Ca glousse autour des buffets. Disons les choses : la production de Gallimard est d’excellente qualité, particulièrement depuis une bonne année. Comme la production des éditions de l’Olivier, remarquable cette rentrée. On pourrait peut-être créer un prix qui récompenserait plus franchement et exclusivement les éditeurs pour la qualité de leur production sur une période donnée. En attendant, on félicite Antoine G qui sait publier des livres et les faire couvrir de prix.

 

*Toutes ces élucubrations ne sont que pures spéculations journalistiques que n’étaye aucune preuve, pensez-bien, sinon une petite expérience et quelques analyses confraternelles sur lesquelles tout le monde s’accorde mais qui ne peuvent pas être sourcées. Sinon les scandales éclateraient plus au jour, et les jurys de prix littéraires seraient sans doute tournants.

05 novembre 2007

Bravo Antoine ! Du Goncourt…

Chaude ambiance au Drouant ! Les jurés se sont rebellés : pas question de tremper dans la manigance, marre des magouilles, rigolons un peu. Alors ils s’en sont payé une bonne tranche. medium_KIF_0335.JPGLe Renaudot, surtout, était transformé en repaire de garnements : la bande à Besson, président cette année, donc voix compte double, flanqué de ses complices Franz-Olivier Giesbert (mon Boss au Point, hé hé), Christian Giudicelli ou Jean-Noël Pancrazi. Pas possible de sortir une phrase sans un sourire de chat gourmand des uns ou des autres. L’humeur était bonne et belle. On verra dans le prochain post ce qui, peut-être, étirait ces sourires de chats gourmands. Côté Goncourt, c’était plus convenable, mais moins « jeune » aussi. En l’absence de Françoise Mallet-Joris (éditée par Grasset… oui, on va dire les choses comme ça pour rester jésuite et précis jusqu’au bout), et Michel Tournier (édité par Gallimard), l’un des frondeurs était ce garnement de Didier Decoin, la bonne humeur personnifiée et la malice au coin de l’oeil, qui me confiait à Brive il y a dix jours son penchant pour le livre de Leroy. Robert Sabatier aussi n’en a fait qu’à sa tête, en votant pour Amélie Nothomb alors qu’elle n’était plus sur la short list. Michel Tournier avait fait la même chose avec Stéphane Audeguy l’an dernier. La petite jeunesse Françoise Chandernagor, trésorière, a pensé cette année à apporter le chèque de 10 euros destiné au lauréat et encore en blanc au moment de la photo (voir ci contre). Pour la cagnotte, bien moins importante que les 30 000 euros du Prix Décembre remis ce midi à l’hôtel Lutétia, point n’est besoin de se soucier pour l’auteur :  le prix, c’est pour la gloire, mais les ventes suivent en général à hauteur de 300 000 exemplaires vendus (en dessous, le Goncourt est un bide).medium_KIF_0340.JPG

On s’apprêtait donc à remettre les Prix Goncourt et Renaudot à 13h, pour l’ouverture du journal télé. Comme l’an dernier, les journalistes ont été entassés au rez-de-chaussée, bien collés les uns contre les autres, certains avec un morceau de micro ou de caméra fiché dans la tempe. Et on attendait que les jambes des jurés apparaissent dans l’escalier. Oui, parce qu’à moins d’être au premier rang, on ne voyait pas grand-chose de tout ça. Surtout quand on mesure 1,68m talons compris, comme moi. Finalement Didier Decoin a fini par descendre, avec une autre paire de pantalons à pinces, dont tout le monde a vu l’occupant à la télé sauf nous qui étions bien gênés au milieu du paquet humain. medium_KIF_0336.JPGEvidemment, sans sono, on n’a rien entendu ou presque. A part les « 14 tours de scrutin » pour départager le Goncourt et les 10 pour le Renaudot. Ca ressemble à du coup de cœur, ça, mesdames et messieurs les jurés ! Gilles Leroy, Daniel Pennac, les noms sont lancés, les jurés remontent se planquer et les journalistes font comme ils peuvent.
Ca a surpris : Marion, l’attachée de presse de Leroy qui est une vraie supportrice de son auteur, était tellement sûre qu’Olivier Adam remporterait le prix qu’elle a à peine pensé à ouvrir la radio à l’heure dite. Le lauréat du Goncourt a appris la bonne nouvelle après tout le monde.  Revenons sur place, où la tension aurait pu être démoniaque et la cohue meurtrière. Quelques mots échangés avec Pierre Assouline, sélectionné sur la première liste du Goncourt, et on s’aventure en binôme au premier étage où les jurés des deux prix s’apprêtent à passer à table. Mais chacun dans sa salle. Celle du Goncourt est tout de suite à droite en arrivant à l’étage, le Renaudot, c’est un peu plus loin au fond du couloir.


Plutôt que de faire des phrases, il est tard et ça va finir par faire un trèèèès long post, voici une sélection des petites phrases recueillis auprès de Françoise Chandernagor-jurée-Goncourt, entre fourchettes et micros, avant que le déjeuner gastronomique ne commence et qu’on ne vire les parasites de l’auguste salon moquetté.

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 « Le choix a été difficile, il y avait beaucoup de bons livres et ce n’était pas facile de se décider surtout entre les deux leaders (Adam et Leroy, NDLB), longtemps ex æquo qui étaient très différents mais très intéressants, dans leurs styles et dans leurs sujets.»

La même d’avouer à propos du livre du lauréat, Alabama Song (Mercure de France) : « L’histoire du couple mythique qu’étaient les Fitzgerald me fait rêver. Je vois quand même les choses du point de vue de Francis Scott. Gilles Leroy présente Zelda comme la première féministe. C’est magnifiquement écrit. »Mais coup de théâtre ! « J’aurais aussi été contente d’un autre choix. J’étais ravie de voir autant de femmes dans la sélection mais comme m’a dit Bernard (Pivot), on a couronné le livre dont l’héroïne est une femme ». Consolée, Françoise ?


La petite phrase à méditer : « Les auteurs comptent plus que les éditeurs. Je m’y emploie depuis que je suis dans ce jury. Je crois. Il faut que ça le reste. » Ah bon ? Parce que ce n’était pas évident ? Mince alors !

Faisons les comptes : Un Goncourt à Gilles Leroy, c’est un Goncourt pour le Mercure de France, une première depuis 1995, donc un Goncourt pour Gallimard, c’est le même groupe.(à suivre)

02 septembre 2007

D'où sortent les têtes d'affiche de la rentrée ?

C'est dimanche, alors flemme. 

Je copie-colle le premier jet de l'un de mes articles "Rentrée littéraire" paru dans 20 minutes le 30 août. Même que, lalalère, il a fait la Une du journal ce jour-là, malgré la victoire du PSG 2-0 contre Le Mans. Et ce n'est manifestement pas rien, une victoire du PSG, si je comprends bien ce que j'entends autour de moi. Rendez-vous compte : la littérature dame le pion au foot, enivrant, non ? Allez, j'ai assez paradé comme ça...

 

 

Parmi les 727 romans publiés cet automne, la critique a déjà choisi ceux qui feront l’actualité jusqu’aux prix de novembre.

Le Peloton de tête de la rentrée

 

Olivier Adam, Mazarine Pingeot, Philippe Claudel, Christophe Donner, Marie Darrieussecq, Yasmina Réza ou Patrick Besson, et bientôt le nouveau Patrick Modiano : la rentrée des romans français est à peine commencée qu’elle semble déjà finie. Dix jours après la parution des premiers livres, la critique a déjà bouclé un premier tour d’horizon. Les valeurs sont sûres, les auteurs souvent attendus : la rentrée 2007 est un cru bourgeois.

Dans les pages "livres" des journaux, la course a commencé dès le mois de juin. Derrière cette frénésie de chercheur d’or qui agite les journalistes littéraires, se cachent déjà les enjeux des prix de novembre. C’est auquel trouvera le premier la perle de la rentrée, le nouveau Goncourt, ou le livre qui marquera l’automne. Depuis le mois de mai, les journalistes déjeunent avec les attachées de presse des éditeurs qui mettent en exergue les chouchous maison. Si elles convainquent le journaliste, il ouvrira ce livre plutôt qu’un autre. « Elles sont une source importante, mais les libraires jouent aussi un rôle primordial, explique un journaliste du Figaro littéraire. Il y a aussi les livres qu’on attend : on a découvert un auteur lors d’une rentrée précédente, ou suivi le parcours d’un écrivain depuis plusieurs années ».

C’est le cas d’Olivier Adam, avec A l’abri de rien (L’Olivier), un roman ambitieux qui se déroule à Sangatte parmi les réfugiés. C’est le cas aussi du quatrième livre d’Eric Reinhardt, Cendrillon (Stock), salué par la critique comme un petit événement littéraire bien avant sa mise en vente le 22 août. « C’est la preuve que la critique, même malmenée, fait son boulot, observe son éditeur Jean-Marc Roberts. Le livre a été lu assez tôt mais rien n’était gagné : l’auteur n’a pas la notoriété des stars de la rentrée ». Adoré ou détesté, le roman de Reinhardt intéresse l’ensemble de la critique. Coup éditorial ? « Je ne crois pas aux coups, la  littérature ne le permet pas contrairement aux documents. Je publie Reinhardt depuis cinq ans, ce n’est pas un coup... En fait, le jour où le succès vous tombe dessus, c’est la fin des coups qu’on a reçus ! » 

KP

 

Pour info : le journaliste du Figaro Littéraire que je cite dans l'article est l'excellent et délicieux Mohammed Aissaoui.

Pour info, 2 : toutes mes excuses aux visiteurs de ce site : j'ai malencontreusement publié le même texte daté 31 août deux fois et sous deux titres différents. Un problème de maîtrise des options de publication de mon interface. On progresse...

 

20 mai 2007

Retour du salon de Caen

C'était le week end dernier à Caen. Le salon du Livre a eu lieu dans un pur temps normand, nettement plus agréable cependant que ce début de novembre à Paris où il n'est pas ridicule de remettre le chauffage. Bref.
Que dire sinon que c'était une très belle édition ? J'avais le plaisir d'animer les cafés littéraires avec Baptiste Liger , mon confrère et ami de Lire et Technikart. On s'est partagé les 16 rencontres avec le plaisir et la bonne humeur des gens qui s’apprécient et aiment travailler en équipe. Pour ma part, j'ai eu le plaisir de discuter avec la très fine Evelyne Bloch-Dano et le charmant Raphaël Enthoven qui n'était pas un étranger puisque nous nous sommes rencontrés il y a 3 ans dans les conférences de rédaction de Lire dont nous étions à l'époque (tous deux avons depuis choisi d'autres directions). Le garçon est à suivre de près, il est l'un des rares philosophes trentenaires à émerger, à la fois un érudit, et capable de transmettre ses connaissances. Non promis, je ne suis pas une groupie.

J’étais aussi très heureuse de faire la connaissance de Brigitte Giraud qui a donné un bel échange, tout en justesse et en profondeur avec Philippe Vilain. Il y a eu aussi un moment plein d’humour et d’intelligence avec le psychologue Didier Pleux qui a évoqué l’éducation de nos enfants. Il est partisan d’une éducation appuyée sur l’amour et la frustration en binôme, et c’est non seulement intéressant mais plein de bon sens. L’occasion de me replonger dans la psycho et c’est toujours un grand bonheur.

La rencontre entre Anne Calife (Conte d’asphalte, Albin Michel) et Eric Holder (La Baïne, Seuil) a été singulière, attachante et amusante. Deux personnalités hors du commun. J’ai assisté à leur première prise de contact, la veille du café littéraire qui leur était consacré. C’était sous les hauts plafonds de la mairie, lors du pot de réception des auteurs et des équipes. La très nature Anne s’est jetée dans les bras d’Eric Holder, empêtré entre la brochette de tomates-cerise mozarelle d’une main et la flûte de champagne de l’autre. Il n’a pas pu se défendre !
De façon générale, les auteurs sont respectueux les uns avec les autres ; chacun, dès qu’il l’a pu, a fait l’effort de lire le dernier livre de son coreligionnaire. Assez classe pour une population d’écrivains français que l’on dit s’intéresser fort peu à la production de leurs pairs.

A part ça, une organisation impeccable, des auteurs encadrés, une équipe aux petits soins et des conditions de confort pour tous garanties. C’est l’un des grands secrets d’un salon réussi. Et cette édition du Salon du Livre de Caen a été un grand succès.

J’ai aussi eu le plaisir d’animer un débat sur la conquête religieuse, qui a interrogé les relations entre le politique et le théologique. Un spécialiste de l’évangélisme, Mokhtar Ben Barka (La Droite chrétienne américaine, Privat),  un géopoliticien, Jean-Pierre Filiu (Les Frontières du jihad, Fayard), un philosophe des religions, Frédéric Lenoir qui est aussi directeur du Monde des religions (partenaire du débat, et aussi l’un des journaux dans lequel je signe) ont à eux trois contribué à clarifier la question. J ’ai eu la bonne surprise de constater qu’il n’y a pas eu de tiraillement des ego, ni d’érudition absconse : chacun, armé de compétences très pointues sur le sujet, a su se mettre au service du débat sans essayer de tirer la couverture à soi ou dénigrer son petit camarade pour paraître plus malin. Il arrive que les personnalités s’expriment plus fort que la question proposée ! Ces trois débatteurs se respectaient, sans toutefois se connaître personnellement. Ils sont venus (et parfois de loin, M. Ben Barka s’est déplacé du Grand Est de la France) proposer des axes de réflexion au public, à partir de leurs recherches.

Je vous raconterai les Etonnants Voyageurs Saint Malo qui est la prochaine étape du pèlerin littéraire, le week end du 26-28 mai. J’ai rencontré la semaine dernière le tandem Michel Le Bris (grand organisateur et esprit éclairé) et Michel Edouard Leclerc (grand sponsor et partenaire dynamique). Ces deux-là ont une vraie complicité d’hommes et un véritable amour des livres. A l’envi, ils répètent que dans le domaine culturel et a fortiori littéraire, c’est l’offre qui fait la demande. C ’est vrai, re-vrai et archi vrai. Et le festival de Saint-Malo en est une preuve renouvelée chaque année : le public, pléthorique, en atteste. On s’en reparle bientôt. D’ici là, sans doute une note, mais de lecture cette fois.

28 mars 2007

Coulisses d'un salon plein de livres

Qui a dit que les littéraires étaient des bras mous, binoclards blafards qui vivent dans leur tête ? 

Quand je ne blogue pas, je vais chercher de grands sacs gonflés de paquets de livres à la Poste. Je les décachette après les avoir manutentionnés.

La surproduction, c’est aussi une réalité -lourde- pour les journalistes qui travaillent chez eux.

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Voici l’équivalent d’un mois de poste : 4 sacs postaux qui engloutissent un tout petit salon. Ca donne une idée, même si mon appareil photo n’est pas un grand angle.

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Après une matinée consacrée à l'ouverture des enveloppes...

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 Il faut vraiment aimer lire, non ?

 

Bien sûr, je ne compte pas ici les arrivées de livres par coursier. Comme des petits cadeaux tous les jours.

Allez, j’avoue : pour cette livraison-ci, c’est Jean-Christophe et Carine de la Poste qui sont venus me les porter (au 6e sans ascenseur). Encore merci !

24 mars 2007

Best sellers : ventes dans le flou

J'ai connu comme un trou d'air entre la fête des femmes et le début du printemps. Un déblogage sans doute. J'ai donc passé sous silence un premier rendez-vous littéraire, qui avait lieu début mars, et qui a réuni au restaurant Le Procope (Paris 6) les écrivains qui ont vendu le plus de livres en 2006 (classement l’Express-RTL-Tite-Live). Ils étaient 30 sur la photo de groupe, mais beaucoup moins nombreux à rester déjeuner. On les comprend. Les 8 années précédentes, on leur servait un repas fin. Cette année, c'était buffet froid.

Les petits nouveaux, Nicolas Fargues, J’étais derrière toi (POL) ou Claire Faÿ, Cahier de gribouillage pour les adultes qui s’ennuient au bureau (Panama), ont rejoint les habitués, Amélie Nothomb, Bernard Werber, Eric-Emmanuel Schmitt pour Albin Michel, Jean d’Ormesson ou Marc Levy pour Robert Laffont, et Jacques Attali et Erik Orsenna pour Fayard. Mais combien de livres, au juste, ces auteurs ont-ils vendu ? Une polémique déclenchée par des éditeurs à ce sujet, Bernard Fixot en tête pour XO éditions, avait secoué l’édition ces dernières semaines. Avec dialogue-réglement de compte par Livres Hebdo interposé.

Mises en cause, trois méthodologies qui définissent les meilleures ventes : Ipsos,Tite-Live et GFK. Les ventes des Bienveillantes, de Jonathan Littell, étaient évaluées en février à 395 000 exemplaires par Ipsos, 503 435 par GFK, et 549 200 par Tite-Live. L’écart de 39 % laisse perplexe. « Il faut douze à dix-huit mois de vente pour savoir à combien d’exemplaires un livre s’est vendu », précisait Christine Ferrand, rédactrice en chef de Livres Hebdo, hebdomadaire des professionnels du livre, dans son enquête sur les meilleures ventes 2006. C'est à dire qu'en ce mois de mars 2007seuls les chiffres des ventes de la fin 2005 sont validés fermement. Justement, ceux qui n'intéressent plus personne aujourd'hui !

Actuellement, Jean-Christophe Grangé est en tête des ventes. Seule certitude : ses livres se vendent mieux que ceux de Régis Jauffret, 46e (attention, on parle ici de quantité, pas de qualité). Grangé a donc de bonnes chances d’être invité au Procope l’an prochain. Restera-t-il jusqu'à la fin du buffet ? 

 

On envisagerait de se tourner vers le modèle anglais. C'est tendance, la Grande Bretagne : Nicolas Sarkozy ne cesse de se référer à des exemples de réussite anglaise dans les débats télévisés. Côté livres, depuis 11 ans, la Grande Bretagne s’est équipée d’un système de suivi des ventes grandeur nature et en temps réel, BookScan. Cet outil de gestion fait l’unanimité auprès des éditeurs, des libraires et de la presse, dans un pays où le prix du livre est soumis à la concurrence. L'édition a le regard rivé, mais perplexe, vers cette expérience réussie par la perfide mais néanmoins européenne et ingénieuse Albion. A suivre, donc. Quant à se tourner, on se rassure, les épaules n'ont pas encore réellement pivoté. Bientôt en France ? Au train où vont les contestations, peut être. Sauf si les esprits se calment, les colères se tempèrent et que tout redevient "comme avant", houleux mais sans tempête. Changer, mais surtout le dire et pas trop bouger quand même. Ca pourrait faire du vent.

08 mars 2007

Du swing à la Clos'... et DSK

J'ai croisé DSK, accompagné de Madame, hier soir à une soirée littéraire (Prix littéraire de la Closerie des Lilas). C’est ballot, ils sont encore arrivés après la fête… Sa nouvelle fonction est-elle celle de sergent recruteur auprès de la jeunesse dorée et désoeuvrée parisienne ? Sa femme semblait toute contente, accoutrée, événementielle. C'est un peu triste qu'une fin de soirée à la Closerie les/la mette dans un état pareil. Ca ressemblait à une levée de punition, une sortie de placard, ou Taxi 4.

 

Dommage, parce que la soirée était très réussie. Sortant, deux jours avant, d’une fête qui avait le peps des commémorations du 11 novembre ( les meilleures ventes de l’année au Procope, voir note sur Brad-Pitt), c’est en traînant les pieds et avec une heure de retard que je suis arrivée à « la Clos’ », comme disent les habitués. Pour ceux qui n’en sont pas (des habitués), la Closerie est un repaire d’écrivains et d’intellectuels, une institution parisienne, l’adresse de Jacques Lanzmann qui habitait juste au-dessus, l’endroit où l’on côtoie Carlos comme Philippe Sollers. Baroque, donc. Et là, surprise : une bamboula à tout casser. Aux manettes les trois djettes des Putes à Franges, juchées sur de très jolies chaussures compensées en liège. Le Prix de Flore, en plus joyeux, et moins bondé.
Effort de mémoire. Patrick Chesnais était là, un peu timide mais à son aise, Xavier de Moulins
 de Paris Dernière filmait la surboum et les people (pas si discrète la caméra avec son gros flash), Frédéric Beigbeder rameutait des copains pour une soirée chez Castel à suivre. On a pu voir Joël de Rosnay ébaucher un petit swing des genoux, diabolique, Bernard Werber en velours côtelé (promis, je n’ai bu que du jus de pastèque, nature), et Patrick Poivre d’Arvor en piqué sur le buffet. Et puis des éditeurs, des journalistes, des écrivains évidemment, des attachées de presse, des copains, des connaissances, des relations de travail, des hirondelles, bref des têtes qu’on a forcément vues quelque part puisqu’« on en est ». Une foule étonnante et ravie d’être là. Ce qu’on a dû s’embêter tout cet hiver !

J’oubliais, c’est Anne Wiazemsky, pour Jeune fille (Gallimard), qui a reçu le prix du Prix de la Closerie des lilas (ma petite notule sur le sujet, parue dans 20Minutes)  Elle est la première lauréate de cette nouvelle récompense, décernée par un jury de femmes. Essentiellement blondes et journalistes. La soirée était organisée par une brunette, Suzanne Jamet , à qui l’on doit cette très belle première.

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