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05 avril 2008

Trafic de livres, section vie privée

J'ai mis les mots clés qui appâtent le chaland dans le titre. Je suis sûre qu’un bon nombre de petits curieux vont être bien déçus en fin de note. Attrapés quand même !

Alors voilà ce que c’est quand on travaille de chez soi : on reçoit les livres à la maison et on les stocke… où on peut.
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J’ai la chance d’avoir des interlocuteurs adorables à la Poste de mon quartier. Elle fait sa fière, ma Polo, quand elle descend dans les sous-sols du centre de tri. Les sièges arrière rabattus, on dirait une vraie Kangoo !
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Pour vous donner une idée, ça représente un mois de livraisons… Par la Poste seulement et à l’exception des quelques paquets que le facteur parvient à caser chaque jour dans ma boîte aux lettres. Il faut y ajouoter les petits présents apportés par des transporteurs : coup de chapeau au fidèle Guy qui monte, impavide, les paquets de livres bien ficelés jusqu’au 6e étage (sans ascenseur) quand je ne suis pas chez moi pour les récupérer.
Le journalisme littéraire ? Un travail d’équipe !

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11:40 Publié dans Coulisses | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : livres, polo

11 mars 2008

La littérature ? Un truc de sportifs...

Trouvé dans le Livres Hebdo daté 7 mars 2008 :

 

Un combat de karaté vaut mieux qu'un procès

Publié le 07 mars 2008 par ca

(Photo : Thomas Gunzig et Luc Pire © C. Andreucci)

Dans les allées de la Foire du livre de Bruxelles, l'éditeur Luc Pire et l'écrivain Thomas Gunzig ont joué les droits d'un livre lors d'un combat de karaté jeudi 6 mars. Sorti vainqueur, l'auteur a récupéré les droits de « Carbowaterstoemp ».

Foire du livre de Bruxelles, jeudi 6 mars, 18 h : en deux rounds d'une minute trente chacun, l'écrivain Thomas Gunzig a battu l'éditeur Luc Pire lors d'un combat de karaté, sous les applaudissements de la foule.

L'écrivain récupère ainsi les droits de son recueil de nouvelles, Carbowaterstoemp, publié en 2005 par les éditions Labor dans leur collection « Espace Nord ».

Un différend l'opposait à l'éditeur Luc Pire depuis que ce dernier a racheté, fin 2007, Labor Littérature. «Je voulais rassembler tout ce que j'ai écrit depuis quinze ans chez mon éditeur actuel, Au diable Vauvert, pour une question de cohérence », nous a raconté l'écrivain.

S'il estimait que la demande de Thomas Gunzig était « légitime », Luc Pire souhaitait néanmoins garder son livre dans le catalogue qu'il venait d'acquérir.

La négociation entre les deux hommes, par ailleurs amis, restait au point mort.

Apprenant dans la presse que Luc Pire pratiquait le taekwondo, Thomas Gunzig, adepte du karaté, lui a proposé de régler leur désaccord lors d'un combat.

« C'est mieux que d'aller au tribunal, et nous restons amis », ont déclaré les deux hommes en kimono à l’issue du duel.

 

13:25 Publié dans Coulisses | Lien permanent | Commentaires (4)

09 novembre 2007

Prix de Flore, un autre regard

Soirée exceptionnelle au Flore pour fêter le Prix de Flore d'Amélie Nothomb. C'était mercredi 7 novembre, de 20h à ... très tard.

Il y avait tout le milieu germanopratin et les autres, une quantité d'épaules à éviter et de costumes à frotter. Le Café de Flore était plein comme un oeuf. Et comme dirait l'autre, "en cas de pépin, bonjour la sécurité". Surtout quand le caviar a été servi à l'étage. Qu'on ne dise pas que les bobos du 6e sont blasés, c'était le rush sur les oeufs de poisson. Limite décent, quand on y pense.

Les putes à franges, à la platine, ont été rejointes par l'un des deux membres du groupe Justice. Ne me demandez pas lequel, je suis journaliste littéraire et immensément ignorante pour tout le reste. Amélie était contente, c'était baroque, joyeux. Il souffle un vent de fantaisie sur la saison des prix. Je crois que la semaine prochaine sera amusante, avec les Prix Femina, Medicis, Goncourt des Lycéens, Interallié, France Télévisions et Wepler.  

Laurence Thurion, l'une des blogueuses les plus intéressantres du web était avec moi. Il y avait donc deux Belges ce soir-là (Laurence et Amélie N.), hé hé ! Elles se sont patriotiquement embrassées et Laurence a tout mis en ligne sur son blog eklectik, avec plein de photos à suivre sur son Flickr. Suivez le guide ! 

 

... Et retrouvez l'interview d'Amélie Nothomb sur le site d' isubway 

00:35 Publié dans Coulisses | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Flore, Nothomb

06 novembre 2007

…au Renaudot

medium_besson.jpgPatrick Besson est un homme parmi les plus intelligents de sa génération, et ils sont pourtant nombreux, les jeunes quinquas. On lui passe autant qu'à un enfant surdoué, même s’il raconte plein de trucs faux sur mon compte, comme un livre que je serais en train d’écrire et que c’est même pas vrai, et qu'il me fatigue avec ça. « Toute une vie passée à écrire sans avoir de prix, c’était pas juste », m’a-t-il dit, patelin, pour expliquer le choix de Daniel Pennac avec Chagrin d’école (Gallimard), tandis que Jean-Noël Pancrazi écrasait un sourire. C’est bien mignon, ça, Patrick, mais Daniel Pennac ne figurait pas sur la liste des derniers sélectionnés et son livre n’est pas un roman. Et Donner, donné favori avec Un roi sans lendemain pour Grasset ? « Je compte beaucoup que Donner ait l’Interallié ! », ponctue Christian Giudicelli, à la rescousse de son coreligionnaire. « Pennac, j’ai beaucoup aimé, explique de son côté Franz-Olivier Giesbert. C’est du Pagnol, pas prise de tête, un bon écrivain populaire. On a voulu rendre un coup de chapeau à l’écrivain » que Jean-Marie-Gustave Le Clézio, en voyage, avait retenu. Il y a chez ces tontons « électeurs », un air potache qui fait plaisir à voir mais qui tranche avec la solennité voulue de la circonstance.

 

Crédit photo : Bruno CHAROY


C’est vrai que c’est amusant de consacrer un lauréat qui ne faisait pas partie de la dernièremedium_pennac03.2.jpg sélection. C’est vrai que c’est amusant de récompenser un auteur qui vient de sortir 230 000 exemplaires de son livre en trois semaines. C’est vrai que c’est amusant de penser que le Renaudot, cette année, se vendra certainement mieux que le Goncourt, avec l’avance prise par Pennac, la renommée de l’écrivain et de son éditeur Gallimard. C’est vrai aussi que ça doit être amusant, quand on est juré Renaudot, de griller la priorité du Prix le plus vendeur de l’automne au Goncourt. Et c’est vrai que ça doit être très amusant de faire enrager les éditeurs en cassant les codes minutieusement établis qui prédestinent les auteurs aux prix mieux que les infantes aux jeunes rois.


Score : Gallimard un Goncourt par truchement, et un Renaudot en nom propre.

C’est un beau bazar maintenant, pour les autres prix en piste. Les Femina et Medicis ont rendu leurs dernières sélections lundi en fin de journée. On imagine que les jurys ont dû sacrément cogiter l’après-midi. Le Baisers de cinéma d’Eric Fottorino était un parfait prix Femina, mais il est griffé Gallimard. Le Prix décembre remis ce mardi, devrait* théoriquement être attribué à Yannick Haenel, un auteur Gallimard de l’écurie Sollers, mais ça fait beaucoup, non ? Et l’excellent La Chaussure sur le toit de Vincent Delecroix à qui on prêtait l’Académie française avant… un changement de cap de l’institution, et à qui on aurait bien vu un Médicis, mais c’est encore un Gallimard ! Olivia Rosenthal, bien placée pour le Wepler, publie chez Verticales, donc dans le groupe de… on n’ose plus dire le nom. Ca glousse autour des buffets. Disons les choses : la production de Gallimard est d’excellente qualité, particulièrement depuis une bonne année. Comme la production des éditions de l’Olivier, remarquable cette rentrée. On pourrait peut-être créer un prix qui récompenserait plus franchement et exclusivement les éditeurs pour la qualité de leur production sur une période donnée. En attendant, on félicite Antoine G qui sait publier des livres et les faire couvrir de prix.

 

*Toutes ces élucubrations ne sont que pures spéculations journalistiques que n’étaye aucune preuve, pensez-bien, sinon une petite expérience et quelques analyses confraternelles sur lesquelles tout le monde s’accorde mais qui ne peuvent pas être sourcées. Sinon les scandales éclateraient plus au jour, et les jurys de prix littéraires seraient sans doute tournants.

05 novembre 2007

Bravo Antoine ! Du Goncourt…

Chaude ambiance au Drouant ! Les jurés se sont rebellés : pas question de tremper dans la manigance, marre des magouilles, rigolons un peu. Alors ils s’en sont payé une bonne tranche. medium_KIF_0335.JPGLe Renaudot, surtout, était transformé en repaire de garnements : la bande à Besson, président cette année, donc voix compte double, flanqué de ses complices Franz-Olivier Giesbert (mon Boss au Point, hé hé), Christian Giudicelli ou Jean-Noël Pancrazi. Pas possible de sortir une phrase sans un sourire de chat gourmand des uns ou des autres. L’humeur était bonne et belle. On verra dans le prochain post ce qui, peut-être, étirait ces sourires de chats gourmands. Côté Goncourt, c’était plus convenable, mais moins « jeune » aussi. En l’absence de Françoise Mallet-Joris (éditée par Grasset… oui, on va dire les choses comme ça pour rester jésuite et précis jusqu’au bout), et Michel Tournier (édité par Gallimard), l’un des frondeurs était ce garnement de Didier Decoin, la bonne humeur personnifiée et la malice au coin de l’oeil, qui me confiait à Brive il y a dix jours son penchant pour le livre de Leroy. Robert Sabatier aussi n’en a fait qu’à sa tête, en votant pour Amélie Nothomb alors qu’elle n’était plus sur la short list. Michel Tournier avait fait la même chose avec Stéphane Audeguy l’an dernier. La petite jeunesse Françoise Chandernagor, trésorière, a pensé cette année à apporter le chèque de 10 euros destiné au lauréat et encore en blanc au moment de la photo (voir ci contre). Pour la cagnotte, bien moins importante que les 30 000 euros du Prix Décembre remis ce midi à l’hôtel Lutétia, point n’est besoin de se soucier pour l’auteur :  le prix, c’est pour la gloire, mais les ventes suivent en général à hauteur de 300 000 exemplaires vendus (en dessous, le Goncourt est un bide).medium_KIF_0340.JPG

On s’apprêtait donc à remettre les Prix Goncourt et Renaudot à 13h, pour l’ouverture du journal télé. Comme l’an dernier, les journalistes ont été entassés au rez-de-chaussée, bien collés les uns contre les autres, certains avec un morceau de micro ou de caméra fiché dans la tempe. Et on attendait que les jambes des jurés apparaissent dans l’escalier. Oui, parce qu’à moins d’être au premier rang, on ne voyait pas grand-chose de tout ça. Surtout quand on mesure 1,68m talons compris, comme moi. Finalement Didier Decoin a fini par descendre, avec une autre paire de pantalons à pinces, dont tout le monde a vu l’occupant à la télé sauf nous qui étions bien gênés au milieu du paquet humain. medium_KIF_0336.JPGEvidemment, sans sono, on n’a rien entendu ou presque. A part les « 14 tours de scrutin » pour départager le Goncourt et les 10 pour le Renaudot. Ca ressemble à du coup de cœur, ça, mesdames et messieurs les jurés ! Gilles Leroy, Daniel Pennac, les noms sont lancés, les jurés remontent se planquer et les journalistes font comme ils peuvent.
Ca a surpris : Marion, l’attachée de presse de Leroy qui est une vraie supportrice de son auteur, était tellement sûre qu’Olivier Adam remporterait le prix qu’elle a à peine pensé à ouvrir la radio à l’heure dite. Le lauréat du Goncourt a appris la bonne nouvelle après tout le monde.  Revenons sur place, où la tension aurait pu être démoniaque et la cohue meurtrière. Quelques mots échangés avec Pierre Assouline, sélectionné sur la première liste du Goncourt, et on s’aventure en binôme au premier étage où les jurés des deux prix s’apprêtent à passer à table. Mais chacun dans sa salle. Celle du Goncourt est tout de suite à droite en arrivant à l’étage, le Renaudot, c’est un peu plus loin au fond du couloir.


Plutôt que de faire des phrases, il est tard et ça va finir par faire un trèèèès long post, voici une sélection des petites phrases recueillis auprès de Françoise Chandernagor-jurée-Goncourt, entre fourchettes et micros, avant que le déjeuner gastronomique ne commence et qu’on ne vire les parasites de l’auguste salon moquetté.

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 « Le choix a été difficile, il y avait beaucoup de bons livres et ce n’était pas facile de se décider surtout entre les deux leaders (Adam et Leroy, NDLB), longtemps ex æquo qui étaient très différents mais très intéressants, dans leurs styles et dans leurs sujets.»

La même d’avouer à propos du livre du lauréat, Alabama Song (Mercure de France) : « L’histoire du couple mythique qu’étaient les Fitzgerald me fait rêver. Je vois quand même les choses du point de vue de Francis Scott. Gilles Leroy présente Zelda comme la première féministe. C’est magnifiquement écrit. »Mais coup de théâtre ! « J’aurais aussi été contente d’un autre choix. J’étais ravie de voir autant de femmes dans la sélection mais comme m’a dit Bernard (Pivot), on a couronné le livre dont l’héroïne est une femme ». Consolée, Françoise ?


La petite phrase à méditer : « Les auteurs comptent plus que les éditeurs. Je m’y emploie depuis que je suis dans ce jury. Je crois. Il faut que ça le reste. » Ah bon ? Parce que ce n’était pas évident ? Mince alors !

Faisons les comptes : Un Goncourt à Gilles Leroy, c’est un Goncourt pour le Mercure de France, une première depuis 1995, donc un Goncourt pour Gallimard, c’est le même groupe.(à suivre)

02 septembre 2007

D'où sortent les têtes d'affiche de la rentrée ?

C'est dimanche, alors flemme. 

Je copie-colle le premier jet de l'un de mes articles "Rentrée littéraire" paru dans 20 minutes le 30 août. Même que, lalalère, il a fait la Une du journal ce jour-là, malgré la victoire du PSG 2-0 contre Le Mans. Et ce n'est manifestement pas rien, une victoire du PSG, si je comprends bien ce que j'entends autour de moi. Rendez-vous compte : la littérature dame le pion au foot, enivrant, non ? Allez, j'ai assez paradé comme ça...

 

 

Parmi les 727 romans publiés cet automne, la critique a déjà choisi ceux qui feront l’actualité jusqu’aux prix de novembre.

Le Peloton de tête de la rentrée

 

Olivier Adam, Mazarine Pingeot, Philippe Claudel, Christophe Donner, Marie Darrieussecq, Yasmina Réza ou Patrick Besson, et bientôt le nouveau Patrick Modiano : la rentrée des romans français est à peine commencée qu’elle semble déjà finie. Dix jours après la parution des premiers livres, la critique a déjà bouclé un premier tour d’horizon. Les valeurs sont sûres, les auteurs souvent attendus : la rentrée 2007 est un cru bourgeois.

Dans les pages "livres" des journaux, la course a commencé dès le mois de juin. Derrière cette frénésie de chercheur d’or qui agite les journalistes littéraires, se cachent déjà les enjeux des prix de novembre. C’est auquel trouvera le premier la perle de la rentrée, le nouveau Goncourt, ou le livre qui marquera l’automne. Depuis le mois de mai, les journalistes déjeunent avec les attachées de presse des éditeurs qui mettent en exergue les chouchous maison. Si elles convainquent le journaliste, il ouvrira ce livre plutôt qu’un autre. « Elles sont une source importante, mais les libraires jouent aussi un rôle primordial, explique un journaliste du Figaro littéraire. Il y a aussi les livres qu’on attend : on a découvert un auteur lors d’une rentrée précédente, ou suivi le parcours d’un écrivain depuis plusieurs années ».

C’est le cas d’Olivier Adam, avec A l’abri de rien (L’Olivier), un roman ambitieux qui se déroule à Sangatte parmi les réfugiés. C’est le cas aussi du quatrième livre d’Eric Reinhardt, Cendrillon (Stock), salué par la critique comme un petit événement littéraire bien avant sa mise en vente le 22 août. « C’est la preuve que la critique, même malmenée, fait son boulot, observe son éditeur Jean-Marc Roberts. Le livre a été lu assez tôt mais rien n’était gagné : l’auteur n’a pas la notoriété des stars de la rentrée ». Adoré ou détesté, le roman de Reinhardt intéresse l’ensemble de la critique. Coup éditorial ? « Je ne crois pas aux coups, la  littérature ne le permet pas contrairement aux documents. Je publie Reinhardt depuis cinq ans, ce n’est pas un coup... En fait, le jour où le succès vous tombe dessus, c’est la fin des coups qu’on a reçus ! » 

KP

 

Pour info : le journaliste du Figaro Littéraire que je cite dans l'article est l'excellent et délicieux Mohammed Aissaoui.

Pour info, 2 : toutes mes excuses aux visiteurs de ce site : j'ai malencontreusement publié le même texte daté 31 août deux fois et sous deux titres différents. Un problème de maîtrise des options de publication de mon interface. On progresse...

 

20 mai 2007

Retour du salon de Caen

C'était le week end dernier à Caen. Le salon du Livre a eu lieu dans un pur temps normand, nettement plus agréable cependant que ce début de novembre à Paris où il n'est pas ridicule de remettre le chauffage. Bref.
Que dire sinon que c'était une très belle édition ? J'avais le plaisir d'animer les cafés littéraires avec Baptiste Liger , mon confrère et ami de Lire et Technikart. On s'est partagé les 16 rencontres avec le plaisir et la bonne humeur des gens qui s’apprécient et aiment travailler en équipe. Pour ma part, j'ai eu le plaisir de discuter avec la très fine Evelyne Bloch-Dano et le charmant Raphaël Enthoven qui n'était pas un étranger puisque nous nous sommes rencontrés il y a 3 ans dans les conférences de rédaction de Lire dont nous étions à l'époque (tous deux avons depuis choisi d'autres directions). Le garçon est à suivre de près, il est l'un des rares philosophes trentenaires à émerger, à la fois un érudit, et capable de transmettre ses connaissances. Non promis, je ne suis pas une groupie.

J’étais aussi très heureuse de faire la connaissance de Brigitte Giraud qui a donné un bel échange, tout en justesse et en profondeur avec Philippe Vilain. Il y a eu aussi un moment plein d’humour et d’intelligence avec le psychologue Didier Pleux qui a évoqué l’éducation de nos enfants. Il est partisan d’une éducation appuyée sur l’amour et la frustration en binôme, et c’est non seulement intéressant mais plein de bon sens. L’occasion de me replonger dans la psycho et c’est toujours un grand bonheur.

La rencontre entre Anne Calife (Conte d’asphalte, Albin Michel) et Eric Holder (La Baïne, Seuil) a été singulière, attachante et amusante. Deux personnalités hors du commun. J’ai assisté à leur première prise de contact, la veille du café littéraire qui leur était consacré. C’était sous les hauts plafonds de la mairie, lors du pot de réception des auteurs et des équipes. La très nature Anne s’est jetée dans les bras d’Eric Holder, empêtré entre la brochette de tomates-cerise mozarelle d’une main et la flûte de champagne de l’autre. Il n’a pas pu se défendre !
De façon générale, les auteurs sont respectueux les uns avec les autres ; chacun, dès qu’il l’a pu, a fait l’effort de lire le dernier livre de son coreligionnaire. Assez classe pour une population d’écrivains français que l’on dit s’intéresser fort peu à la production de leurs pairs.

A part ça, une organisation impeccable, des auteurs encadrés, une équipe aux petits soins et des conditions de confort pour tous garanties. C’est l’un des grands secrets d’un salon réussi. Et cette édition du Salon du Livre de Caen a été un grand succès.

J’ai aussi eu le plaisir d’animer un débat sur la conquête religieuse, qui a interrogé les relations entre le politique et le théologique. Un spécialiste de l’évangélisme, Mokhtar Ben Barka (La Droite chrétienne américaine, Privat),  un géopoliticien, Jean-Pierre Filiu (Les Frontières du jihad, Fayard), un philosophe des religions, Frédéric Lenoir qui est aussi directeur du Monde des religions (partenaire du débat, et aussi l’un des journaux dans lequel je signe) ont à eux trois contribué à clarifier la question. J ’ai eu la bonne surprise de constater qu’il n’y a pas eu de tiraillement des ego, ni d’érudition absconse : chacun, armé de compétences très pointues sur le sujet, a su se mettre au service du débat sans essayer de tirer la couverture à soi ou dénigrer son petit camarade pour paraître plus malin. Il arrive que les personnalités s’expriment plus fort que la question proposée ! Ces trois débatteurs se respectaient, sans toutefois se connaître personnellement. Ils sont venus (et parfois de loin, M. Ben Barka s’est déplacé du Grand Est de la France) proposer des axes de réflexion au public, à partir de leurs recherches.

Je vous raconterai les Etonnants Voyageurs Saint Malo qui est la prochaine étape du pèlerin littéraire, le week end du 26-28 mai. J’ai rencontré la semaine dernière le tandem Michel Le Bris (grand organisateur et esprit éclairé) et Michel Edouard Leclerc (grand sponsor et partenaire dynamique). Ces deux-là ont une vraie complicité d’hommes et un véritable amour des livres. A l’envi, ils répètent que dans le domaine culturel et a fortiori littéraire, c’est l’offre qui fait la demande. C ’est vrai, re-vrai et archi vrai. Et le festival de Saint-Malo en est une preuve renouvelée chaque année : le public, pléthorique, en atteste. On s’en reparle bientôt. D’ici là, sans doute une note, mais de lecture cette fois.

28 mars 2007

Coulisses d'un salon plein de livres

Qui a dit que les littéraires étaient des bras mous, binoclards blafards qui vivent dans leur tête ? 

Quand je ne blogue pas, je vais chercher de grands sacs gonflés de paquets de livres à la Poste. Je les décachette après les avoir manutentionnés.

La surproduction, c’est aussi une réalité -lourde- pour les journalistes qui travaillent chez eux.

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Voici l’équivalent d’un mois de poste : 4 sacs postaux qui engloutissent un tout petit salon. Ca donne une idée, même si mon appareil photo n’est pas un grand angle.

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Après une matinée consacrée à l'ouverture des enveloppes...

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 Il faut vraiment aimer lire, non ?

 

Bien sûr, je ne compte pas ici les arrivées de livres par coursier. Comme des petits cadeaux tous les jours.

Allez, j’avoue : pour cette livraison-ci, c’est Jean-Christophe et Carine de la Poste qui sont venus me les porter (au 6e sans ascenseur). Encore merci !

23:50 Publié dans Coulisses | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : Poste, Livres

24 mars 2007

Best sellers : ventes dans le flou

J'ai connu comme un trou d'air entre la fête des femmes et le début du printemps. Un déblogage sans doute. J'ai donc passé sous silence un premier rendez-vous littéraire, qui avait lieu début mars, et qui a réuni au restaurant Le Procope (Paris 6) les écrivains qui ont vendu le plus de livres en 2006 (classement l’Express-RTL-Tite-Live). Ils étaient 30 sur la photo de groupe, mais beaucoup moins nombreux à rester déjeuner. On les comprend. Les 8 années précédentes, on leur servait un repas fin. Cette année, c'était buffet froid.

Les petits nouveaux, Nicolas Fargues, J’étais derrière toi (POL) ou Claire Faÿ, Cahier de gribouillage pour les adultes qui s’ennuient au bureau (Panama), ont rejoint les habitués, Amélie Nothomb, Bernard Werber, Eric-Emmanuel Schmitt pour Albin Michel, Jean d’Ormesson ou Marc Levy pour Robert Laffont, et Jacques Attali et Erik Orsenna pour Fayard. Mais combien de livres, au juste, ces auteurs ont-ils vendu ? Une polémique déclenchée par des éditeurs à ce sujet, Bernard Fixot en tête pour XO éditions, avait secoué l’édition ces dernières semaines. Avec dialogue-réglement de compte par Livres Hebdo interposé.

Mises en cause, trois méthodologies qui définissent les meilleures ventes : Ipsos,Tite-Live et GFK. Les ventes des Bienveillantes, de Jonathan Littell, étaient évaluées en février à 395 000 exemplaires par Ipsos, 503 435 par GFK, et 549 200 par Tite-Live. L’écart de 39 % laisse perplexe. « Il faut douze à dix-huit mois de vente pour savoir à combien d’exemplaires un livre s’est vendu », précisait Christine Ferrand, rédactrice en chef de Livres Hebdo, hebdomadaire des professionnels du livre, dans son enquête sur les meilleures ventes 2006. C'est à dire qu'en ce mois de mars 2007seuls les chiffres des ventes de la fin 2005 sont validés fermement. Justement, ceux qui n'intéressent plus personne aujourd'hui !

Actuellement, Jean-Christophe Grangé est en tête des ventes. Seule certitude : ses livres se vendent mieux que ceux de Régis Jauffret, 46e (attention, on parle ici de quantité, pas de qualité). Grangé a donc de bonnes chances d’être invité au Procope l’an prochain. Restera-t-il jusqu'à la fin du buffet ? 

 

On envisagerait de se tourner vers le modèle anglais. C'est tendance, la Grande Bretagne : Nicolas Sarkozy ne cesse de se référer à des exemples de réussite anglaise dans les débats télévisés. Côté livres, depuis 11 ans, la Grande Bretagne s’est équipée d’un système de suivi des ventes grandeur nature et en temps réel, BookScan. Cet outil de gestion fait l’unanimité auprès des éditeurs, des libraires et de la presse, dans un pays où le prix du livre est soumis à la concurrence. L'édition a le regard rivé, mais perplexe, vers cette expérience réussie par la perfide mais néanmoins européenne et ingénieuse Albion. A suivre, donc. Quant à se tourner, on se rassure, les épaules n'ont pas encore réellement pivoté. Bientôt en France ? Au train où vont les contestations, peut être. Sauf si les esprits se calment, les colères se tempèrent et que tout redevient "comme avant", houleux mais sans tempête. Changer, mais surtout le dire et pas trop bouger quand même. Ca pourrait faire du vent.

08 mars 2007

Du swing à la Clos'... et DSK

J'ai croisé DSK, accompagné de Madame, hier soir à une soirée littéraire (Prix littéraire de la Closerie des Lilas). C’est ballot, ils sont encore arrivés après la fête… Sa nouvelle fonction est-elle celle de sergent recruteur auprès de la jeunesse dorée et désoeuvrée parisienne ? Sa femme semblait toute contente, accoutrée, événementielle. C'est un peu triste qu'une fin de soirée à la Closerie les/la mette dans un état pareil. Ca ressemblait à une levée de punition, une sortie de placard, ou Taxi 4.

 

Dommage, parce que la soirée était très réussie. Sortant, deux jours avant, d’une fête qui avait le peps des commémorations du 11 novembre ( les meilleures ventes de l’année au Procope, voir note sur Brad-Pitt), c’est en traînant les pieds et avec une heure de retard que je suis arrivée à « la Clos’ », comme disent les habitués. Pour ceux qui n’en sont pas (des habitués), la Closerie est un repaire d’écrivains et d’intellectuels, une institution parisienne, l’adresse de Jacques Lanzmann qui habitait juste au-dessus, l’endroit où l’on côtoie Carlos comme Philippe Sollers. Baroque, donc. Et là, surprise : une bamboula à tout casser. Aux manettes les trois djettes des Putes à Franges, juchées sur de très jolies chaussures compensées en liège. Le Prix de Flore, en plus joyeux, et moins bondé.
Effort de mémoire. Patrick Chesnais était là, un peu timide mais à son aise, Xavier de Moulins
 de Paris Dernière filmait la surboum et les people (pas si discrète la caméra avec son gros flash), Frédéric Beigbeder rameutait des copains pour une soirée chez Castel à suivre. On a pu voir Joël de Rosnay ébaucher un petit swing des genoux, diabolique, Bernard Werber en velours côtelé (promis, je n’ai bu que du jus de pastèque, nature), et Patrick Poivre d’Arvor en piqué sur le buffet. Et puis des éditeurs, des journalistes, des écrivains évidemment, des attachées de presse, des copains, des connaissances, des relations de travail, des hirondelles, bref des têtes qu’on a forcément vues quelque part puisqu’« on en est ». Une foule étonnante et ravie d’être là. Ce qu’on a dû s’embêter tout cet hiver !

J’oubliais, c’est Anne Wiazemsky, pour Jeune fille (Gallimard), qui a reçu le prix du Prix de la Closerie des lilas (ma petite notule sur le sujet, parue dans 20Minutes)  Elle est la première lauréate de cette nouvelle récompense, décernée par un jury de femmes. Essentiellement blondes et journalistes. La soirée était organisée par une brunette, Suzanne Jamet , à qui l’on doit cette très belle première.

06 mars 2007

Hoax : Brad-Pitt n’est pas celui que vous croyez !

Retour du restaurant le Procope (Paris 6) où avait lieu ce midi le déjeuner annuel organisé en l’honneur des meilleures ventes de livres de l’année : éditeurs, écrivains, journalistes et attachées de presse massés autour des petits fours. Cette année, ce n'était pas un déjeuner assis, on a moins bien mangé. D'ailleurs les écrivains se sont tous envolés très vite. Vous verrez la photo de famille dans l’Express daté 15 mars.

 

J’y ai rencontré Amélie Nothomb qui est l’une des incontournables de la cérémonie. L ’occasion d’élucider le mystère qui veut qu’elle soit l’auteur d’un site désopilant, La vie rocambolesque et insignifiante de Brad Pitt Deuchfahl. Je lui pose la question qui me turlupine, Amélie est délicieuse. Elle me répond, navrée, qu’elle ne sait même pas faire fonctionner un ordinateur. Alors concocter un site satirique, bourré d’informations pastichées…. C’est un peu irréaliste. L’accent est sincère, l’œil franc. Ma déception palpable aussi. Tranquillement, elle me dit pouvoir le prouver : « asseyez-moi simplement devant un ordinateur et vous verrez par vous-même que je ne sais rien en faire ». Amélie Nothomb écrit tous ses livres à la main, sur des cahiers qu’elle confie ensuite à une dactylographe « qui a de bons yeux ».

Elle reçoit beaucoup de courriers lui demandant des informations sur ce fameux site dont l’auteur reste décidément bien mystérieux. Avis aux informateurs !
Première conclusion de l’affaire : Amélie Nothomb en ado drolatique et boutonneux, c’est un hoax ! A suivre…

20 février 2007

Harry Potter déjà chaud

Qu’on en finisse avec les élections, pour en arriver enfin à l’événement de l’année : la parution du septième et dernier tome d’Harry Potter ! JK l’a dit, c’est le der de der. L’auteure aurait rendu son dernier manuscrit, Harry Potter And The Deathly Hallows, le 11 janvier dernier. On parle du 21 juillet comme date de publication en Grande-Bretagne. Si cette date se confirme et comme peu de fans sauront attendre la publication française prévue en fin d’année, les professeurs d’anglais de notre beau pays auront le plaisir de constater que le niveau d’anglais de leurs élèves aura augmenté comme par magie à la rentrée prochaine. A moins que, façon bouquet final, le livre ne paraisse en sortie mondiale, comme un film a succès. Ce serait une belle chute, non ? Jean-François Ménard, le traducteur français, doit déjà être dans les starting blocks.

Avec ce septième tome, c’est une manne financière qui s’évanouit pour des éditeurs du monde entier (Gallimard en France). Joanne Kathleen Rowlings, de son côté, met un point final à une histoire qu’elle porte depuis 1990. Même si la fin a été quelque peu modifiée, elle en connaît les secrets depuis… 17 ans ! Il était lourd à porter ce gros bébé. Est-ce la raison pour laquelle elle a décidé de mettre à mort deux des personnages principaux dans cette toute fin ? Sadisme ou possessivité d’un écrivain dépassé par son succès ?

En attendant, le jeune Daniel Radcliffe qui interprète Harry Potter au cinéma, fait beaucoup parler de lui. Il apparaît en effet nu dans une pièce de théâtre, Equus, donnée à Londres. On peut voir ses fesses en photo sur le site de Fantasy, Elbakin.net. Mignon, mais sans conséquence sur le système hormonal d'une trentenaire (j'ai testé, si si). La plus belle insolence du jeune Daniel n’est pas de montrer ses fesses, mais de toucher un chèque astronomique, 50 millions de dollars, le 23 juillet prochain, jour de ses 18 ans(cinehoraire.ca et news.com.au). Ce sera l’ado le plus riche d’Angleterre. Une indiscrétion, il commencerait par se faire plaisir en achetant quelques toiles de maître. L’interview, toute chaude, est sur le Coin ensorcelé d’Harry Potter (ce site est une mine, je n'apprends rien aux fans). Enfin, pour ceux qui souhaiterait voir Daniel Radcliffe dans sa panoplie de sorcier nubile, trois photos exclusives de Harry Potter et l’Ordre du Phoenix viennent d’être mises en ligne sur le site de cinéma-france.com. Sortie annoncée : 11 juillet 2007.

17 novembre 2006

Vive Bernard Pivot !

Enfin une voix s’élève ! Bernard Pivot a fait sensation avec sa chronique du JDD datée 12/11. Dans le Monde des Livres daté d’hier, mon excellent confrère Alain Beuve-Méry analyse ses propos et les réactions qu’ils ont suscitées cette semaine. B. Pivot préconisait ainsi « une mesure qui devrait être appliquée à l’avenir dans tous les grands prix : interdiction pour un salarié d’une maison d’édition d’accéder aux jurys, interdiction à un juré de devenir le salarié d’une maison d’édition ». Et de conclure : « Ce serait la moindre des choses ; ce serait pourtant une révolution ».
En effet, une REVOLUTION. Si l’on en croit les réactions choquées, outrées, blessées, très cour de Louis XVI, de ses petits camarades. C’est qu’on s’accroche à son fauteuil…

Alain Robbe-Grillet, Dominique Fernandez, Christine de Rivoyre et Denis Roche pour le Médicis, Diane de Margerie, Christine Jordis, Danièle Sallenave du Femina figurent parmi les plus scandalisés. D’autres sont plus nuancés, sans doute plus conscients du problème. Je vous renvoie à l’édifiant article d’Alain qu’on trouve sur le site du Monde (section Monde des livres, dans la rubrique « Pratique », eh oui, cette localisation a toujours le don de m’émerveiller).

L’occasion d’en savoir un peu plus sur les points de vue des uns et des autres, parmi les plus intéressants, comme celui de Didier Decoin, de découvrir l’extrême probité de François Nourissier, et la proposition de Françoise Chandernagor qui suggère « d’interdire de jury les critiques littéraires qui écrivent des romans, afin de corriger le caractère incestueux du système ». Oui, oui et re-oui.

Je biche un peu, forcément, depuis le temps que je brame ce même air, sur ce blog ou ailleurs.

Si j’avais un peu de courage et de temps, je monterais un prix littéraire décerné par un jury tournant de journalistes non romanciers. Mais il existe tant de prix déjà, qu’il me semble plus judicieux de réformer les existants, plutôt que de sortir un énième candidat à la labellisation.

Encore bravo à Bernard Pivot pour sa hauteur de vue. La prise de position d’un homme de lettres aussi aimé et respecté pourrait suffire à enclencher un changement, en espérant que le débat ne s’achève pas avec l’année. A suivre.  

Arroseur arrosé

Les Prix, c’est fini ! Le Prix Interallié, dernier Prix littéraire de l’année 2006 (avant le Prix France Télévisions décerné le 24/11), a été remis mardi dernier à Michel Schneider. Enfin ! Marilyn dernières séances fait partie de ces livres à côté desquels il ne faut pas passer. Stéphane Audeguy n’a pas eu cette chance, malgré son magnifique Fils unique qui raconte l’histoire romancée du mystérieux frère de Jean-Jacques Rousseau. Et c’est éblouissant.
 
Au moins Schneider est récompensé. Et pour une fois depuis un moment, l’Interallié respecte sa charte, en récompensant l’œuvre d’un écrivain journaliste. Ce qui, rappelons-le, n’était pas le cas de Houellebecq dont La Possibilité d’une île était repêchée l’an dernier in extremis par l’Interallié. Rappelez-vous que ce poulain de l'écurie Fayard comptait fort sur le Goncourt qui avait finalement été attribué à François Weyergans (Grasset).

Mic et mac 

C'est Fayard la maison d'édition qui a publié le journal de Madeleine Chapsal. Journal qui a valu à son auteur de se faire jeter du Femina (voir notes précédentes). C'est Pauvert, une maison de son giron qui a sorti, une semaine avant les proclamations Renaudot et Goncourt, le journal posthume de Jacques Brenner, juré Renaudot, qui pointe du doigt les petits arrangements des Prix. Et derrière Fayard et Pauvert, un homme de poids, Claude Durand.
Dans le Livres Hebdo du 3/11, Claude Durand affirme à Marie-Christine Imbault: « que je publie simultanément le journal de Madeleine et celui de Jacques Brenner est une coïncidence ». Un peu plus loin, le délaissé des grands prix remet une couche : « contrairement à ce qu’on veut bien dire, les prix, c’est du troc ». Dont acte.

Pour l’instant se dessine le portrait d’un éditeur probe et indigné. Mais l’Interallié en biaise le reflet.
La dernière liste du Prix donnait en effet quatre compétiteurs : Yann Moix, Isabelle Spaak, Michel Schneider et Gabriel Matzneff. Alors comment explique-t-on que deux voix aient été données, en fin de débats, à Benoît Duteurtre, qui ne fait même pas partie des derniers sélectionnés ? On s’amusera de découvrir le nom de son éditeur : Fayard !!

Hypothèse : Si on suivait la logique que dénonce pourtant Claude Durand, ce serait le juré permanent Serge Lentz, édité par Fayard, et le lauréat de l’an dernier, Michel Houellebecq, qui auraient voté pour Duteurtre. Alors même que ce dernier n’était plus en lice ! Mais je ne serai pas assez mauvaise langue pour l’affirmer, ni en mesure de prouver ce que tous mes confrères murmurent dans les cocktails. On sait que Michel Tournier a voté pour Stéphane Audeguy dans les derniers tours de vote du Goncourt, alors même qu’il ne figurait plus sur la dernière sélection. Il a même brandi face caméra le livre en clamant que c’était l’un des meilleurs livres qu’il eût jamais lu. Honnêtement, je ne suis pas sûre que le livre de Benoît Duteurtre, bien que stylistiquement soigné, mériterait une telle démonstration.

Il doit s’agir là encore d’une coïncidence. Il y en a tant ! Alors « arrangements », « coïncidences », jouerait-on sur les mots ? Les frontières se grignotent comme par mégarde. On le prend comme on veut. Il arrive que ceux qui dénoncent un système ne fassent qu'exprimer amèrement le regret de ne point en être. Il en va ainsi dans tous les domaines, littéraires ou non. Un peu d’humilité, de recul, de déontologie, assortis de quelques grammes d’enthousiasme et de passion élèveraient sensiblement le niveau des débats en cours.

06 novembre 2006

Goncourt Jour J

Le Goncourt a été annoncé par les pieds !

C’est en effet la seule partie du corps du secrétaire général du Prix, Didier Decoin, qu’ont pu voir, cette année, la plupart des journalistes. Cette année, l’organisation du Goncourt a changé les règles du jeu : jusqu’à présent, les journalistes étaient conviés au premier étage du restaurant Le Drouant, et priés de s’entasser près de la porte du salon particulier où le Goncourt était annoncé juste avant que les jurés ne passent à  table. Des raisons de sécurité ont été invoquées pour modifier la mise en scène de la proclamation, mais aucun membre de l’équipe du restaurant n’a pu nous les justifier.

Cette année, donc, les journalistes se sont entassés dans le bar du restaurant, tournés tant bien que mal vers l’escalier que les secrétaires généraux des prix Goncourt, puis Renaudot, ont descendu pour annoncer leurs lauréats. Mais la descente n’était pas assez longue pour les nombreux cadreurs rassemblés qui, pour les plus éloignés, se sont contentés d’un Didier Decoin pas tout à fait entier sur l’image. « C’est pas possible de travailler comme ça, on ne reviendra plus », tempêtait Geneviève Moll. La journaliste de France 2 a eu d’autres raisons de se plaindre : sitôt le prix annoncé, les jurés se sont éclipsés pour déjeuner à l’étage. Et les journalistes, bien sûr, ont été priés de ne pas les déranger. Quelques irréductibles, dont les équipes de 20 minutes et de France 2, ont dû patienter près de deux heures pour recueillir les témoignages des différents jurés, comme Jorge Semprun, Edmonde Charles-Roux, Bernard Pivot ou Didier Decoin. Pressé de reprendre son train, Daniel Boulanger n’a pas pris le temps de répondre et d’expliquer pourquoi il avait attribué sa voix à … Elie Wiesel.

 En tout cas, les jurés ne se sont pas seulement régalé de littérature. Voici le menu du repas Goncourt chez Drouant, signé Antoine Westermann : 

- Caviar impérial Baeri et mousseline de céleri (avec vodka)

- Pâté en croûte de foie gras d'oie truffé (avec Sancerre)

- Homard Thermidor (avec un Puligny Montrachet)

- Canard colvert rôti, purée de potiron et chou rouge braisé aux épices(avec un Margaux)

- Mont d'Or du haut Jura, salade de mâche au vieux vinaigre

- Vacherin glacé vanille, chocolat et framboise (avec un Rivesaltes)

- Petit cognac pour pousser, mais de 1970-1973


Il doit y avoir des cantines plus frugales !

02 novembre 2006

Tous pourris ?

Que la houle est sévère dans la petite mer de l'édition française ! Un prix littéraire, le Femina, vient de virer l'une de ses membres, Madeleine Chapsal. C'est une première. Historique. régine Desforges lui a emboîté le pas, par solidarité de rouquine, peut être.

          Madeleine Chapsal aurait fauté en révélant dans son « Journal » l’arrière-cuisine du Prix dont elle était jurée. Ca ne se fait pas, Madeleine, on ne peut pas manger au ratelier des petits arrangements entre amis et à l’auge de la probité dans le même temps. Dommage qu’elle n’ait pas eu le temps de démissionner.

          Jacques Brenner non plus n’aura pas démissionné : il est mort. Ce juré Renaudot s’est éteint il y a cinq ans. Et c’est la semaine dernière que, fort opportunément quelques jours avant la remise du Goncourt et du Renaudot (6/11), Claude Durand, pdg du groupe Fayard, publie l’énorme Journal du monsieur aux éditions Pauvert. L’un de ces pavés (le tome V) s’appelle malicieusement (?) La Cuisine des prix, et concerne les années 1980-1993.

            Les amateurs du « tous pourris » vont connaître une béatitude absolue. On y apprend toutes les petites medium_photo2.JPGcombines, tractations, négociations, échanges de bons procédés qui tricotent les liens entre jurys, éditeurs, écrivains. On apprend aussi beaucoup de choses sur les chiens, un véritable essai d’éthologie canine. Mais ça, c’est moins intéressant. A peine moins triste, du reste, que toutes ces pages qui défigurent l’édition. L’angélisme n’est plus de mise : les candides sauront une bonne fois pour toutes, après avoir fini ce « journal », que l’édition est une industrie, un secteur économique et pas un bataillon d’idéalistes motivés par la littérature, la pensée, l’art et la beauté.
           Un dernier mot sur l’éditeur dudit brûlot, Claude Durand, un grand monsieur et un éditeur comme on n’en fait plus. Mais aussi un homme de pouvoir et d’orgueil qui enrage encore de ne pas avoir eu le Goncourt pour son Houellebecq l’an dernier.

          Et il a raison d'enrager, Claude Durand : systématiquement le Goncourt le boude, il est exclu du groupe Galligrasseuilalbin qui se partage les grands prix (à quelquesanecdotiques maisons d’éditions près). Alors puisqu’on l’a évincé des Prix, il rétorque au bazooka et n’en finit pas d’apaiser sa vindicte. C’est de bonne guerre. De bonne guéguerre, ai-je envie de corriger. Il ne s’agit pas (encore) d’affaires d’état et aucun éditeur n’a la bombe atomique en sa possession. On se calme.

          Je pars à Brive vendredi pour les 25 ans de la Foire et j’espère bien vous rapporter quelques perles post-brenneriennes et pré-goncouriennes. Il va de soi que le livre de Jacques Brenner n’intéressera personne, à part les cités et les acteurs du secteur du livre (j’en suis, pas vous !). Pas la peine donc de vous précipiter pour l’acheter, les journaux vous en sélectionneront les meilleurs extraits et les réactions les plus distinguées, à l’instar du Figaro littéraire et du Monde des Livres aujourd’hui.

      medium_photo1bis.JPG    Il faudrait créer un prix dont le jury serait UNIQUEMENT composé de journalistes QUI N’ECRIVENT PAS DE ROMANS. Et ça, ça n’existe pas. Si chacun daignait rester à sa place au lieu de pratiquer ce mélange des genres, gaiement et sans vergogne : j’écris, tu me publies, je le chronique, il me reçoit, il écrit, je le publie, tu le chroniques, etc.

          Comment tous ces hommes et ces femmes jurés peuvent-ils garantir une rigueur sans faille ? La plupart se côtoient depuis tant et tant d’années. Certains sont probes, évidemment. Mais la faiblesse est humaine et les tentations grandes (sonnantes et trébuchantes, dit-on aussi).

           Tous les ans on brandit la corruption des prix littéraires comme un petit chiffon rouge et en criant très fort. Et ça passe. En attendant, ça fait vendre les journaux (dans lesquels écrivent les écrivains ou les éditeurs qui… voir plus haut). Bon an, mal an, les éditeurs auront ourdi, œuvré, organisé les choses pour faire leur chiffre, malgré tout. C’est à cela que les prix littéraires servent, à renflouer les caisses. Pour se permettre de sortir des livres qui ne seront pas forcément des best sellers mais des œuvres littéraires de qualité. Ce doit être comme cela que les choses se passent in fine, n’est-ce pas ?

 

 

 

24 octobre 2006

Bébé à l'heure

Les Goncourt sont fair play : ils ont rendu ce midi leur troisième et dernière sélection, avant de remettre le prix le 6 novembre prochain. On aurait pu les croire tentés de proclamer leur lauréat aujourd'hui, pour toutes les raisons que j'expliquais dans la note précédente. Mais à quoi bon se fâcher avec les jurys de trois prix ? D'autant que les ventes de Littell baissent, un peu, et qu'il y a vraiment de fameux livres à récompenser cette année.

Ils ne s'y sont d'ailleurs pas trompés, la liste finale en témoigne :

    Alain Fleischer : "L'Amant en culottes courtes" (Seuil)

    Jonathan Littell : "Les Bienveillantes" (Gallimard)

    Michel Schneider : "Marilyn, dernières séances" (Grasset)

    François Vallejo : "Ouest" (Vivianne Hamy)

Dur dur de les départager. Ma préférence va au livre de Michel Schneider qui rassemble tous les critères d’un livre excellent : l’écriture, le sujet, le traitement, le rythme. Il fait inédit, subtil et passionnant avec l’une des vedettes sur lesquelles on a le plus écrit ces quarante dernières années. N’attendez pas la parution de ma chronique dans 20 Minutes pour avoir le détail et allez l’acheter les yeux fermés. Mais il a la malchance d’être édité chez Grasset qui a déjà été récompensé l’an dernier avec le roman de François Weyergans. Misère ! Mais stop, je garde mes commentaires pour les remises de prix.

 

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22 octobre 2006

Un prématuré pour le Goncourt ?

C’est demain, mardi 24 octobre, que le jury Goncourt rend publique sa troisième et dernière liste avant de remettre son prix le 6 novembre prochain. L’information paraît anodine, mais les critiques littéraires sont pourtant plus excités qu’à l’habitude. Pourquoi ? Parce qu’on est plus d’un à soupçonner les honorables jurés de proclamer en hussards leur prix plus tôt que prévu.

 


Ce ne serait pas tout à fait une première : en 2003, Jacques-Pierre Amette avait ainsi bénéficié de l’effet de surprise en étant récompensé quelques jours avant le D day. On s’en souvient comme d’une façon de marquer le coup pour les 100 ans du Prix.

 

Cette année, exceptionnellement, les principaux prix littéraires, Goncourt, Renaudot, Médicis, Femina et Académie française sont tous en ligne comme pour le départ d’une grande course. Généralement, les années sans sel, chaque jury trouve son lauréat (flanqué ou précédé de sa maison d’édition), sans trop empiéter sur les plates-bandes des autres. On s’arrange. On fait contre mauvaise fortune bon cœur, on rattrapera son Seuil l’année prochaine en se consolant d’un Gallimard. Choses comme ça. Je caricature peut être. Ou pas.

 

Mais cette année, il s’agit bel et bien d’une course au livre. LE livre qui figure sur TOUTES les listes, les Bienveillantes de Jonathan Littell, dont vous avez tous, que vous le vouliez ou non, entendu parler. Le brillant pavé de 900 pages, détrôné de la première place des ventes de Livres Hebdo (la référence, la bible des journalistes littéraires, mais aussi le premier fournisseur d’idées des critiques littéraires en mal d’avis personnel) au début du mois seulement par la sortie du dernier Bernard Werber.

 

 

Alors, qui décernera le plus vite ?

medium_Bienveillantes.3.JPGIl se dégage une drôle d’impression de ce manège. Habituellement, un Prix met en valeur et consacre un livre. Un prix littéraire est un argument de vente et de prestige pour un roman. D’ailleurs, les ouvrages récompensés ne sont-ils pas enjolivés d’un bandeau rouge précisant la gratification, quelques jours après qu’ils l’ont reçue ? Sauf que là, c’est l’inverse !

 

L’imposant livre de Littell est la queue du Mickey que chaque jury semble vouloir s’arracher. Comme s’il dépendait de cette consécration l’honneur et le standing du Prix qu’ils représentent. Ne pas passer à côté d’un livre dont on dira à coup sûr dans dix ans qu’il était le livre du début du XXIe siècle (en paraphrasant un peu Semprun), et y appliquer son label.

 

 

Donc, le jury Goncourt donne sa dernière liste demain. Si tout se passe normalement, l’Académie française remet ensuite son prix jeudi prochain, et les Femina et Médicis le lundi suivant, le 30 octobre. Le Goncourt, lui, décerne son prix encore une semaine après. La tentation doit être grande, quand on est le prix littéraire français le plus coté, le plus prestigieux, de griller les copains pour récompenser LE livre avant eux. Car il serait très très très étonnant qu’aucun de ces trois prix, qui ont tous distingué le livre événement de la rentrée, n’ait l’idée de consacrer Littell.

 

Autrement dit, si Littell doit avoir le Goncourt, il l’aura demain ou jamais.

Alors, on pourra espérer le 6 novembre, voir un Michel Schneider recevoir le Prix au Drouant pour son livre très remarqué sur Marilyn Monroe.Un scénario plus ridicule serait que plusieurs prix récompenseraient les Bienveillantes.

Et ce serait vraiment stupide que ce roman certes monumental (et que nous avons, à 20 minutes, été parmi les premiers le 21 août à souligner, hop, un coup de brosse en passant), éclipse la qualité d’une rentrée littéraire épatante, roborative et très épanouissante pour les amoureux des livres.

Et ce serait stupide aussi de faire son malin et de ne pas récompenser ce livre considérable, sous prétexte que tout le monde ou presque est d’accord sur sa qualité, sous prétexte aussi que le public n’a pas eu besoin de la préconisation d’un Prix pour en sentir la valeur, sous prétexte enfin qu’on ne voudrait pas être suiveur sur une telle affaire.

 

Et Jonathan Littell dans tout ça ?  A-t-il les mains moites de stress, craque-t-il sous la pression, est-il sous medium_Littell_2.3.JPG

Euphytose et millepertuis à hautes doses ? D’après ce qu’il m’a confié en sortant de l’interview (cf 20 minutes du 28/09), son grand projet en cours serait d’apprendre l’espagnol. Il a emménagé à Barcelone cet été, parce que sa femme, d’origine belge, a été mutée sur place.

 

Il n’est d’ailleurs pas du tout en train d’écrire un deuxième roman. Non, non, il range ses cartons et se plonge dans la lecture des grands philosophes, ce qui, d’après lui, pourrait lui prendre un bon bout de temps puisque le succès de son livre lui permet de vivre sans penser à travailler dans les mois qui viennent. Parce que, dit-il, il a vraiment de grosses lacunes à combler.

Un garçon exigeant. Qui, du reste, n’a absolument pas prévu de revenir en novembre chercher un prix.

Sa promo française semble l’avoir éééépuisé. Répéter tout le temps la même chose, voir tous ces journalistes, parler d’un livre bouclé depuis longtemps, cela l’a fatigué, et surtout, cela ne l’intéressait pas. Ce garçon, qui vient d’avoir 39 ans ce mois-ci, n’a ni la vocation d’un VRP, ni une dépendance aux médias. Et ne s’intéresse qu’à ce qui le passionne (si vous voulez mon avis).

 

… Quant à ceux qui s’étonneraient de voir ressurgir une morte de son tombeau, qu’ils se rassurent : la bloggeuse va bien, mais elle a été bien occupée. Pas seulement : ce truc-là, le blog, c’est un peu comme le gymnase club. On prend l’abonnement (on ouvre sa page) ; on y va consciencieusement au début, et puis on décroche sans même s’en apercevoir.

Je le confesse, c’est ce qui s‘est passé. Mais puisque le symptôme a découvert sa maladie, je ne devrais pas m’absenter si longtemps. C’est justement comme le sport aussi : quand on s’y est mis vraiment, on ne peut plus s’en passer. Pas de promesses, donc, la meilleure garantie pour des rendez-vous à venir.

12 septembre 2006

Zakouski

Bon alors j'essaie de progresser dans la gestion de ce blog. J'ai inséré une petite photo de Moix dans la dernière note, histoire de faire ma futée. A la demande quasi générale, je vous copie-colle la petite chronique que j'ai écrite sur son livre et on passera ensuite à autre chose. La voici :

Et moi et Moix

Yann Moix a 13 ans quand François Mitterrand est élu président. Il raconte une enfance humiliée, consolée par son admiration pour des grands hommes qu’il égrène dans un Panthéon très personnel. Inventions verbales et ruptures syntaxiques sont mises à profit d’un texte qui mélange anecdotes, jeux d’esprits et réflexion distanciée sur l’époque. En filigrane, la solitude, la sincérité et une lucidité sévère font le terreau d’aphorismes savoureux. Dans ce dernier volet de sa « Trilogie du monde moderne », Moix ne se laisse pas aller au salmigondis d’idées tel que dans Podium. Le plaisir de lire Panthéon est réel.

Panthéon, Yann Moix (Grasset)

Voilà, c'est fait. Je me suis absentée un bon moment parce que j'errais fantôme sur le site. Maintenant, ma page est de retour et pour de bon, Jamal est aux commandes.

 

Elodie, pardon, mais je ne peux rien pour votre prof de droit. Rendez-lui des copies brillantes, émaillées d'aphorismes tonitruants que vous attribuerez... voyons... à tel ou tel auteur contemporain faussement moderne, bêtement choquant ou totalement ringard puisqu'il semble aimer ce genre. Quant à Angot, son livre est à côté de moi, là. Au moins, elle sourit sur la couverture. C'est peut être un bon cru, cela reste Angot. Chacun son truc. Reste à savoir s'il y a encore un public nombreux qui a envie de lire ces / ses livres. Je vous tiendrai au courant des ventes, promis.

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(... La photo, C'est Saint-Malo, juste pour faire beau).

Il faut absolument parler ici de Littell, j’en serine tout le monde depuis un mois. Mille choses à en dire et vous pouvez aussi bien commencer.  Je le rencontre aussi le 22 septembre prochain et c'est promis, je débriefe. Il vient d'entrer sur la première liste du Goncourt, malgré ses 900 et quelques pages.

 Parlons-en de cette première liste : y figurent Stéphane Audeguy, Antoine Audouard, Christophe Bataille, Jean-Eric Boulin, Alain Fleischer, Nancy Huston, Gilles Lapouge, Camille Laurens, Jonathan Littell, Léonora Miano, Amélie Nothomb (eh oui !), Olivier et Patrick Poivre d’Arvor, Michel Schneider et François Vallejo. Pas vraiment des perdreaux de l’année, mise à part la jeune Camerounaise Léonora Miano dont j’ouvre le livre cette semaine. On note que Gallimard, Grasset et Albin Michel, "Galligralbin" pour les initiés, totalisent la moitié des 14 livres sélectionnés.

Et la liste a été ouverte aux « petits » éditeurs Viviane Hamy, Stock et POL, avec beaucoup d’urbanité et de modernisme, n’oublions pas que le jury compte « quand même » deux petits jeunes, les sémillants Bernard Pivot et Didier Decoin, de vrais amoureux de la littérature ces deux-là et c’est déjà ça.  Pour l’heure, rien n’est joué, les deuxième et troisième sélections interviennent les 3 et 23 octobre prochain, pour un verdict attendu le 6 novembre.

N’oublions pas que la première liste sert à faire plaisir d’une part aux jurés et à leurs coups de cœur personnels, d’autre part aux amis qu’on n’osera pas froisser dès le début de septembre. Après, il faudra être plus raisonnable. Chaque juré a lu une cinquantaine de livres cet été. Ensemble, ils ont essayé de couvrir le plus largement possible l’éventail de la production « goncourable », c’est à dire le Galligralseuil.

Gallimard totalise quatre candidats (Audeguy, Audouard, Littell, Poivre d’Arvor), c’est le concurrent le mieux placé. Derrière lui, ex aequo, Albin Michel (Amélie Nothomb, Gilles Lapouge) et Grasset (Bataille, Schneider). Grasset ne joue pas pour de vrai : l’éditeur a vu son Weyergans récompensé l’an dernier. Simple hommage, donc, à Christophe Bataille, édité et éditeur chez Grasset qui livre un petit ouvrage amusant sur l’histoire de sa maison d’édition. Réservé aux happy few. Michel Schneider vaut le détour avec son Marylin, dernières séances. Dommage que ce soit pour du beurre, comme on a dit.

Pour résumer, à moins de choisir parmi les éditeurs outsiders, comme ce fut le cas il y a deux ans avec Laurent Gaudé et Actes Sud, Gallimard est donné favori. Après il y a la qualité des livres et les grandes manœuvres des éditeurs. Evitons le cynisme facile, la première sélection du Goncourt est une bonne liste, faite de bons livres. Pour la majorité. Question de goûts, aussi bien.

Pendant l’errance de mon blog dans les limbes de sa conception balbutiante, j’ai assisté aux premiers cocktails de la rentrée : la Fnac, puis Virgin donnaient leurs prix. Je n’en ai rien raconté. Je sais, c’est vache. En fait, c’était comme une rentrée scolaire, sans l’odeur des cartables neufs mais avec des coupettes de champagne (en vrai verre) : Il y avait les auteurs, les patrons de presse, en forme, les attachées de presse et les journalistes, et les immanquables pique-assiettes, les hirondelles, rendus plus affamés encore par la trêve estivale. Il y avait ceux qu’on a trouvé plaisir à revoir, ceux qu’on a essayé de ne pas voir, ceux aussi à qui on s’est contenté de faire des sourires, et puis les copains. Nous étions tous bronzés, coupes de cheveux rafraîchies, à l’exception de Frédéric Beigbeder qui avait troqué son teint de jeune fille contre une petite barbe très seyante. L’air du retour au taf se respirait à pleins poumons, effet septembre. Devant l’entrée gardée de la Fnac Montparnasse, des petits groupes s’agglutinaient, tout le monde se balançait d’un pied sur l’autre avant de pouvoir entrer.

Heureusement, les parents n’étaient pas venus.

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20 août 2006

Drôle d’année pour une rentrée littéraire

C'est parti pour la rentrée littéraire 2006 ! La France n'a pas encore rangé son p'tit bikini que les livres d'automne arrivent déjà sur les tables des libraires. C'est un petit peu comme le catalogue de La Redoute ou les collections de prêt à porter : ils arrivent toujours trop tôt et filent le bourdon aux estivants. De quoi sera faite cette rentrée ? Pas de gros noms pour les prix donc rien de joué, aucun kador sinon les habitués, et surtout, surtout, beaucoup de livres politiques qui s’ajoutent à l’habituel déferlement de romans. C'est malheureusement le fait le plus saillant de cette fin d'août littéraire.

Quelles seront les stratégies de ceux qu’on pourrait appeler les « Peopolitiques » pour convaincre les Monsieur-tout-le-monde que nous sommes d’acheter, et cher, des livres prévisibles. Révéler des pensées politiques personnelles, inédites, profondes ? Faire comme si le sort de la France ne dépendait plus que d’un homme providentiel ? Raconter sa recette de cake aux légumes ?

De tout cela, il ne sera question dans ce blog. J’ai mis assez longtemps à l’ouvrir, me demandant ce que je pourrais bien y raconter. Je vous ferai part des commérages de cocktail, puisque le critique littéraire parisien est un champion de la bouchée-tiède-foie-gras-abricoté diluée à grandes rasades de coupettes de champagne. Et puis ce blog sera bien le lieu privilégié des livres et des lecteurs. Ca tombe bien, la rentrée littéraire s’y prête à merveille, avec des bons romans bien léchés, des idées, des sorties de nombril réussies pour les écrivains, et du style, des pépites à découvrir et des bouquins qui peuvent changer la vie.

Alors plutôt que de s’emparer du dernier Jack Lang qui publie cette année plus frénétiquement que la collection Harlequin, il nous reste les romans qui disent plus sur le monde qui nous entoure qu’un essai politique. Essayez, vous verrez. A condition d’en lire plus d’un. Sur ce, je déblogue et retourne aux pages du livre dont je parlerai bientôt ici.

 

 Karine Papillaud

19:40 Publié dans Coulisses | Lien permanent | Commentaires (7)

 
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