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25 février 2007

Ce qu'on lit dans l'espace

C'est dimanche ! Et comme on n'est pas censé travailler le jour du Seigneur, je me contente de vous rapporter une dépêche AFP, parue jeudi dernier :

En avril, à bord de la fusée Soyouz, le touriste de l'espace Charles Simonyi compte emporter de la lecture.

Le prochain touriste de l'espace, le milliardaire américain d'origine hongroise Charles Simonyi, rêve d'une bibliothèque dans l'espace à laquelle il apportera lors de son vol en avril Goethe et l'auteur de sciences fiction Robert Heinlein.

« Partout où les humains se trouvent, il doit y avoir une bibliothèque », a-t-il déclaré au cours d'un entretien accordé à l'AFP dimanche à Moscou.

Les deux ouvrages que l'homme d'affaires et informaticien de renom prendra dans son maigre bagage à bord de la fusée russe Soyouz à destination de la Station spatiale internationale seront le Faust du grand écrivain allemand Goethe mort en 1832 et Révolte sur la Lune de l'auteur de science fiction américain Robert Heinlein disparu en 1988.

Révolte sur la Lune « décrit un avenir particulier où l'humanité quitte la Terre et il traite plus de l'aspect politique de la situation que des technologies concernées, c'est très divertissant », a déclaré M. Simonyi pour expliquer son choix.

« Faust fait partie de notre héritage littéraire, il appartient à l'humanité tout entière et aborde les relations de l'homme avec l'univers et avec les sciences. Y a t-il un meilleur endroit pour lire sur ces sujets (que l'espace)?», a lancé l'ancien créateur de logiciels de Microsoft.

 

afp

21 février 2007

Fan fiction, c’est quoi ?

Puisque Harry c’est bientôt fini, il reste à ses fans la possibilité d’inventer des suites à son histoire. Pourquoi pas ? Le principe est en train de devenir un phénomène international, rien que ça, qu’on désigne sous le terme de « fan fiction ». C’est la dernière mode sur le web, de raconter des suites d’œuvres littéraires.

De Peter Pan au Journal de Bridget Jones, tout est permis. Un chapitre de l’histoire originale chiffonne ? Hop, on en propose un autre. Le site fanfiction.net recense ainsi plus de 280 000 variations d’Harry Potter… et près de 1400 des Misérables, quand même (source Livres Hebdo n°673).

Le principe suivi par les "fanfic" consiste à reprendre une histoire quelle que soit sa forme, série télé, film, roman ou manga. Et son élaboration tient compte des remarques effectuées par les internautes lecteurs ! De la vraie littérature collaborative.

Ca ne ressemblerait pas à des ateliers d’écriture, ça ? L’atelier d’écriture est un concept plutôt anglo-saxon, tendance américaine. La plupart des auteurs reconnus ou à succès y ont usé leurs fonds de culotte sans se sentir dépossédés de leur talent d’écrivain. En France, l’engouement est marginal option mépris ou deuxième zone, à peu près semblable à celui que suscitaient les lectures publiques il y a quelques années.
Aujourd’hui les lectures publiques ont conquis un large auditoire, grâce notamment au Marathon des mots de Toulouse qui en a pour de bon lancé la mode il y a trois ans. De belles perspectives s’ouvrent peut être pour l’atelier d’écriture qu’on ne s’attendait peut être pas à voir arriver sur le front du Net. Le succès s’évaluera, comme souvent, au nombre de grincheux qui y trouveront à redire. A suivre.

01 février 2007

Les belges sont-ils tombés sur la tête ?

Branle-bas de combat dans les écoles belges : un texte écrit par un célèbre écrivain pour la jeunesse secoue actuellement le territoire de Wallonie jusqu’en Flandres. « Rédaction », l’une des nouvelles de Bernard Friot, qui fait partie d’un recueil désopilant destiné aux enfants, Encore des Histoires pressées, publiées chez Milan, est accusée de banaliser la violence. Elle raconte les bêtises qu’un petit garçon est obligé de mettre au point pendant ses week end, pour avoir de quoi raconter dans ses rédactions le lundi, et récolter de bonnes notes. C’est du Friot, donc du deuxième degré, et les mauvais coups en question ne manquent pas d’humour noir. (La maison d’édition m’a donné l’autorisation de produire le texte un peu plus bas dans cette note).

En soi, le texte ne pose pas de problème et n'a provoqué aucune polémique au moment de la sortie du livre.

Le « scandale » s’est déclenché depuis que le texte a été sélectionné, avec trois autres, pour le Grand Test de lecture organisé à l’échelle nationale par la commission du pilotage en Communauté française, qui concerne l’ensemble des écoles primaires belges francophones. L’affaire a éclaté la semaine dernière, le test a lieu cette semaine : 150 000 élèves sont actuellement soumis à ce test d'évaluation en lecture et en expression écrite. L'objectif est de mesurer les acquis de l'ensemble des élèves et de donner des indications aux enseignants sur l'efficacité de leur action. Martine Herphelin, la directrice de la commission du pilotage en Communauté française ne s'attendait pas à un tollé en la matière, entretenu notamment par la fédération de l'enseignement fondamental catholique ou le Conseil de l'enseignement des communes et des provinces qui estime que "les valeurs véhiculées dans les tests heurtent à juste titre directeurs et enseignants"(Source Libre Belgique).

Dans La Dernière heure, le journaliste Christian Carpentier a recueilli des réactions d’enseignants : "Ceci n'est pas un fait divers. Le Centre antipoison risque d'être débordé" , nous fait-on savoir. D'autres insistent : "Ce texte véhicule une image négative des enseignants, ainsi qu'une banalisation de la violence, du vandalisme, voire plus puisqu'on est récompensé en fonction de la gravité des faits. Peut-on proposer n'importe quoi aux élèves sous le couvert de l'humour ? Les enfants de 5e n'ont pas le recul suffisant pour analyser ce genre de texte au second degré (à supposer qu'il y en ait un)."

La ministre de l’enseignement a jugé le choix regrettable. Les enseignants ont été invités, par circulaire ministérielle, à faire précéder l'épreuve d'un petit avertissement aux enfants. Justement, les enfants dans tout ça ? Comme d’habitude, ils sont plus sages que les adultes et surtout plus réceptifs au second degré que leurs aînés. Rappelons juste que les contes de Grimm, Perrault ou Andersen, les histoires de la Comtesse de Ségur ou encore du merveilleux Roal Dahl sont d’une férocité et d’une cruauté redoutables et que ça n’a choqué personne jusque là.

En France, les livres de Bernard Friot figurent sur les listes de l’Education nationale. Pourvu qu’ils y restent…

medium_Encore.Histoires.jpg« Rédaction », Encore des histoires pressées, de Bernard Friot (ed Milan)

Tous les lundis, c’est pareil. On a rédaction. « Racontez votre dimanche ». C’est embêtant, parce que, chez moi, le dimanche, il ne se passe rien : on va chez mes grands-parents, on fait rien, on mange, on refait rien, on remange, et c’est fini. Quand j’ai raconté ça, la première fois, la maîtresse a marqué : « Insuffisant ». La deuxième fois, j’ai même eu un zéro.

Heureusement, un dimanche, ma mère s’est coupé le doigt en tranchant le gigot. Il y avait plein de sang sur la nappe. C’était dégoûtant. Le lendemain, j’ai tout raconté dans ma rédaction, et j’ai eu « Très bien ». J’avais compris : il fallait qu’il se passe quelque chose le dimanche. Alors la fois suivante, j’ai poussé ma sœur dans l’escalier. Il a fallu l’emmener à l’hôpital. J’ai eu 9/10 à ma rédac.
Après, j’ai mis de la poudre à laver dans la boîte de lait en poudre. Ca a très bien marché : mon père a failli mourir empoisonné. J’ai eu 9,5/10.
Mais 7/10 seulement le jour où j’ai détraqué la machine à laver et inondé l’appartement des voisins du dessous.
Dimanche dernier, j’ai eu une bonne idée pour ma rédaction. J’ai mis un pot de fleurs en équilibre sur le rebord de la fenêtre. Je me suis dit : « Avec un peu de chance, il tombera sur la tête d’un passant, et j’aurai quelque chose à raconter. »
C’est ce qui est arrivé. Le pot est tombé. J’ai entendu un grand cri mais, comme j’étais aux WC, je n’ai pas pu arriver à temps. J’ai juste vu qu’on transportait la victime (c’était une dame) chez le concierge. Après, l’ambulance est arrivée.
Ca n’a quand même servi à rien. On n’a pas fait la rédaction. Le lendemain, à l’école, on avait une remplaçante.
-Votre maîtresse est à l’hôpital, nous a-t-elle annoncé. Fracture du crâne.
Ca m’est égal. On a eu conjugaison à la place. La conjugaison, c’est plus facile que la rédaction. Il n’y a pas besoin d’inventer.

26 janvier 2007

On lit chez vous

Ca s’appelle les Mille lectures d’hiver et ça se passe dans la région du Centre. Mille lectures, parce que le défi est d’organiser un millier de lectures depuis le 6 décembre et jusqu’à fin mars. Rien à voir avec la manifestation du Marathon des mots à Toulouse qui organise avec l’énorme succès qu’on connaît des lectures qui, elles, sont publiques. Non : Les mille lectures d’hiver se passent… chez vous ! Et ça, c’est une grande première.

En clair, voilà comment les choses se passent : vous invitez des amis, de la famille, en tout 30 à 40 personnes, chez vous ou dans le lieu qui vous agrée. Avant, vous avez contacté le CRLL pour réserver la soirée. Pas question de billetterie ou de rentabilité. Simplement prévoir de quoi boire un gobelet et croquer un quignon, c’est plus sympa et ça allonge le moment de convivialité qu’est la lecture.

220 comédiens de la régions ont choisi des textes d’auteurs vivants (117 sélectionnés !) et donnent ainsi 10 lectures par soir pendant 100 jours. La recette fonctionne : les gens se rencontrent, partagent, découvrent, et ça fait vivre la littérature. Une variante épatante au book crossing.

Si vous êtes du coin et tentés, contactez le CRLL.

 

24 janvier 2007

Prix Clara pour écrivains en herbe

Paris, 18 jan 2007 (AFP) - Un premier prix Clara des jeunes écrivains, du nom d'une adolescente de 13 ans morte d'une malformation cardiaque indécelable, est lancé dans les journaux  d'actualité pour enfants et adolescents des éditions Play-Bac, avec  publication à la clé, a annoncé Play-Bac vendredi.
Les numéros de Mon Quotidien (10-14 ans) et de l'Actu (après 14 ans), qui présentent l'opération, ont été envoyés à 18.000 documentalistes et 40.000 professeurs de français de collège, en plus de leurs 100.000 lecteurs quotidiens, pour encourager les enfants à  
participer, a expliqué à l'AFP François Dufour, rédacteur en chef de ces journaux.

Les enfants, âgés de moins de 17 ans au 28 septembre - date de la mort de Clara -, sont invités à rédiger une histoire, de 10.000 à 100.000 signes, sur le sujet de leur choix, avant le 15 mai.

Un jury présidé par Erik Orsenna et auquel participent les parents de Clara, à l'origine de l'initiative, élira un ou plusieurs gagnants, qui sera - ou seront - publiés par les éditions Héloïse d'Ormesson. Les gagnants pourront bénéficier par contrat de droits d'auteur, si  
leur oeuvre rencontre du succès.


Clara, 13 ans, s'est écroulée le 28 septembre en cours d'Education physique et sportive, tuée par une malformation cardiaque impossible à déceler. "Comme elle avait commencé à écrire des textes, qu'elle était une dingue de bouquins, on a eu l'idée d'un prix qui récompense quelqu'un comme elle", a précisé François Dufour.

 

22 janvier 2007

Les people ont tout dit

 

Titeuf, Code da Vinci et les Bienveillantes : les trois livres que vous avez le plus achetés l’an dernier. C’est à se demander pourquoi les attachées de presse et les journalistes se décarcassent pour trouver des nouveautés avec un tel palmarès. M’enfin.

Et comme nous l’apprend Christine Ferrand, rédactrice en chef dans son édito du Livres Hebdo de la semaine (ne cherchez pas, vous ne le trouverez pas dans le commerce), « le roman plonge ; le volume total de ses 100 meilleures ventes affiche une baisse de 15 % par rapport à 2005 ».

La vraie bonne nouvelle, c’est la baisse des ventes de livres people, 11 parus contre 20 en 2005 et encore, ils marchent deux fois moins bien. Un people qui écrit un livre, c’est ringard. La différence, c’est que maintenant ça se voit.

Spéculation 1 : les people auraient-ils écoeurés les lecteurs, non seulement de leurs petites histoires faites livres, mais des romans en général ? Autrement dit, auriez-vous jeté le bébé avec l’eau du bain ?

Spéculation 2 : on ne croit plus la presse littéraire, on achète de bouche à oreille, en sortant du troupeau des modes.

Spéculation 3 : on lit moins, on fait autre chose. Des blogs ?

 
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