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12 septembre 2008

Concours de nouvelles autour du rock&roll

Je viens de recevoir un mail de Jean-Pierre Jaffrain, président de l'association Café Castor qui m'invite à relayer cette information.
C'est une incitation à la lecture, tous les détails sont donnés dans le texte qui suit, assorti d'une adresse mail pour en savoir plus.

Avis aux amateurs !

 

"Pourquoi ce concours?
« Un nouveau marché est né, celui du livre rock qui depuis quelques années approvisionne les rayons des librairies. (…) Toutes les maisons d'édition consacrent au rock nombre de références, de Flammarion à Gallimard en passant par Grasset, mais surtout de nombreuses structures indépendantes tentent de surfer sur le phénomène » prévient Christian Eudeline dans le numéro 57 de Rock'n Folk.
Et les quinquas, les quadras et surtout beaucoup de jeunes se bousculent pour acheter et lire ces livres. Chacun veut comprendre ce qui se cache derrière cette musique, percer le mystère. Et prolonger l'univers.
Si l'esprit rock se décline aujourd'hui sur papier, de nouvelles générations se pressent, la plume à la main à l'instar des jeunes groupes qui reprennent les guitares et investissent les scènes un peu partout en France. 
Tout donner, tout de suite. Se cramer, à fond, sans calcul. Comme pour le rock, plus c'est court, plus c'est efficace. Pour cela, le meilleur format est, définitivement, la nouvelle.
Petit rappel Larousse : « la nouvelle est un « récit bref qui présente une intrigue simple où n'interviennent que peu de personnages ».  La fin est souvent inattendue, et prend la forme d'une « chute » parfois longue de quelques lignes seulement ». Comme un dernier roulement de batterie. Pas de gras donc, de solos qui s'étirent ou de descriptions ennuyeuses. On garde l'essentiel.
Pour donner écho à ce phénomène, l'association Café Castor organise le 1er concours d'écriture de nouvelles liées à l'univers « rock ».
Il s'agit d'inciter chacun à prendre la plume pour décrire sa vision d'un des aspects de la musique rock, de confronter les mots à cet univers musical et d'encourager ainsi les talents.
Ce concours individuel est ouvert à deux catégories : jeunes (de 13 à 18 ans) et adultes."

 

10 septembre 2008

Flore et Goncourt annoncent la couleur

Elle vient de tomber ! Voici la première sélection du Prix Goncourt, remis cette année le 10 novembre.

• Jean-Baptiste Del Amo : Une éducation libertine (Gallimard)
• Salim Bach, Le silence de Mahomet (Gallimard)
• Christophe Bataille : Le rêve de Machiavel (Grasset)
• Matthieu Belezi, C’était notre terre, Albin Michel
• Jean-Marie Blas de Roblès : Là où les tigres sont chez eux (Zulma)
• Catherine Cusset : Un brillant avenir (Gallimard)
• Jean-Louis Fournier : Où on va, papa ? (Stock)
• Valentine Goby : Qui touche à mon corps je le tue (Gallimard)
• Alain Jaubert, Une nuit à Pompéi (Gallimard)
• Michel Le Bris : La beauté du monde (Grasset)
• Catherine Millet : Jour de souffrance (Flammarion)
• Patrick Pluyette, La traversée du Mozambique par temps calme (Seuil)
• Atiq Rahimi : Syngué Sabour (POL)
• Olivier Rolin : Un chasseur de lions (Seuil)
• Karine Tuil : La Domination (Grasset)

On attend la deuxième sélection, un écrémage parfois enrichi de surprises de dernières minutes pour le 7 octobre.

Le Prix de Flore a, lui aussi, donné ses favoris, et ce dès lundi 8 septembre. Cette année et c’est une première, le Flore sera remis avant le Goncourt, le 6 novembre. Les petits jeunes remontent le leader ? Leur deuxième sélection est attendue le 6 octobre.
• Pierric Bailly : Polichinelle (POL)
• Frédéric Ciriez, Des néons sous la mer (Verticales)
• Tristan Garcia : La meilleure part des hommes (Gallimard)
• Tristan Jordis : Crack (Seuil)
• Jean-Yves Lacroix : Le cure-dent (Allia)
• Fabrice Pliskin : Le Juif et la métisse (Flammarion)
• Régis de Sa Moreira, Mari et femme (Au Diable Vauvert)
• Karine Tuil : La domination (Grasset)
• Philippe Vilain, Faux-père (Grasset)
• Aude Walker, Saloon (Denoël)

Je note avec étonnement que les livres dont on parle tant, Zone de Matthias Enard (Actes Sud) ou Lacrimosa (Gallimard) de Régis Jauffret, ne figurent pas sur ces premières listes.

La compétition va être âpre cette année entre les différents jurys : pas question de remettre les prix à un même lauréat. Mieux vaut, en ce cas, être les premiers à tirer.

Cette année, le Goncourt et le Renaudot devront attendre que soient remis les Prix de Flore, Femina et Médicis. Et se « contenter » des impétrants laissés par leurs confrères !!

11:33 Publié dans C dans l'air | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : goncourt, flore

04 septembre 2008

« La littérature n’est pas une activité d’anorexique »

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(interview publiée dans le 20 minutes du 25/08/08)
-Régis Jauffret, Lacrimosa est votre nouveau roman. Dans ce livre, vous donnez la parole à un écrivain qui revient sur les quelques mois de son histoire d’amour avec une jeune femme, après qu’elle s’est donné la mort. C’est la première fois que vous écrivez quelque chose d’aussi personnel…
Oui, c’est la première fois. Cela m’a semblé nécessaire de le faire. Je me suis dit que si je n’écrivais pas ce livre, alors il ne servait à rien d’écrire. Je n’en sais pas plus aujourd’hui, sinon que l’écriture en  a été difficile. Il m’est plus facile d’imaginer que de chercher à trouver 
une réalité qui s’est déroulée.

-Ce dialogue entre un écrivain et une défunte renvoie-t-il à la relation entre un artiste et sa création, ou un romancier avec ses personnages ?
Je ne me pose pas beaucoup de questions sur la littérature. La Recherche théorique en ce domaine m’a toujours échappé. Les questions que je me pose sont simples et concernent le pouvoir qu’aurait la littérature à faire revivre des gens, ou l’illusion de penser que les arts ont des  pouvoirs occultes. Les questions simples appellent une infinité de réponses et sont donc insolubles et intéressantes. Les questions complexes sur le style ou la réflexion littéraire, même si elles ont l’air intelligent et  compliqué, aboutissent rapidement à des réponses précises et sans intérêt.

-La presse littéraire plébiscite ce livre qui pourrait faire un excellent Prix Goncourt…
C’est une malchance, la plupart du temps, les favoris ne l’ont pas ! J’ai accepté avec un grand plaisir les honneurs dont on m’a gratifié, comme le 124082034.jpgPrix Fémina pour Asile de fous en 2005 ou le Prix France Culture-Télérama l’an dernier pour Microfictions. Je serais donc ravi si je l'avais. Cela dit,  j’ai vécu 53 sans prix Goncourt, et je peux continuer encore pendant un demi-siècle.

-Pour un écrivain, un prix littéraire est important parce qu’il signe la reconnaissance de ses pairs… ou pour les chiffres de vente qu’il génère ?
Les deux. Le Prix Femina m’a fait sortir d’une sorte d’underground littéraire ce qui, en France, correspond à sortir de nulle part, puisque nous n’avons pas ici de littérature underground. Le danger des prix, c’est de rendre un écrivain académique. Et pour moi qui suis de plus en plus «intranquille » pour reprendre Pessoa, ce sera de toute façon impossible.

-Il y a une question que je ne vous ai pas posée et qui vous énerve, c’est quand on vous fait remarquer que vous écrivez beaucoup…
Oui, je trouve que c’est une drôle de question. Un athlète gagnera-t-il une médaille d’or en natation en allant à la piscine une fois par semaine ? Balzac, Joyce, Flaubert, Faulkner, Roth ont tous abondamment écrit. La littérature n’est pas une activité d’anorexique. On dit aussi qu’écrire est une souffrance. Comme si un écrivain souffrait plus qu’une caissière, ou un aide-comptable que son patron injurie toute la journée.

Propos recueillis par Karine Papillaud

Pour la Nuit blanche (4 au 5 octobre), 100 acteurs se relaieront pour lire les Microfictions de Régis Jauffret au théâtre du Rond Point. L’auteur y  lira à son tour Lacrimosa du 5 au 31 décembre 2008.


10:09 Publié dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : régis jauffret

03 septembre 2008

L'amitié selon Marie Nimier

Ah l’amitié ! Un des grands thèmes de la rentrée, avec notamment le roman d’Antoine Senanque, L’Ami de jeunesse (Grasset) sur lequel je reviendrai (méfiez-vous quand même).
L’objet de cette courte note, c’est le nouveau Marie Nimier, Les Inséparables (Gallimard).
L’auteur n’est-elle pas irrésistiblement lumineuse ?

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Les Inséparables raconte l’intense amitié qui lie deux filles, des années 60 jusqu’à l’âge de femme. Elles vivent dans le quartier des Champs-Élysées, mais en loyer « 1948 », autrement dit dans des conditions privilégiées pour des fillettes désargentées. L’une voulait devenir psychiatre, l’autre clown. La première devient écrivain, l’autre prostituée. Rien de bucolique ou de naïf, donc dans ce texte : l’amitié est guerrière entre ces deux gamines fauchées très tôt par la dureté de la vie. Les souvenirs personnels de l’auteur comptent pour beaucoup dans cette histoire pleine d’énergie, de violence et de sourires.
J’ai pour ma part été sensible à la manière dont la narratrice tente de retrouver, par l’écriture, le  moment où tout bascule, les moments où l’amitié se cabosse, l’instant impalpable où s’est déclenché l’éloignement dont elle souffre encore, une fois adulte. C’est un texte pudique, tout en retenue, mais qui ne mâche pas ses mots.

02 septembre 2008

Meilleurs moments d’interview avec Tristan Garcia

J’ai passé une bonne heure au téléphone avec Tristan Garcia pour préparer un article pour 20 minutes. Il a une voix rieuse et timide, et franchement, il ne se prend pas pour une révélation ou un Grantécrivain.
656227299.jpgLa meilleure part des hommes est annoncé comme l’un des meilleurs premiers romans de la rentrée, si ce n’est le meilleur. « Je ne suis pas très bien placé pour en parler, mais ça fait plaisir à entendre », rétorque son auteur, Tristan Garcia. Ce thésard de 27 ans raconte les années 80, dites « les années sida », à travers l’histoire de haine qui déchire le créateur d’une association de lutte, et une icône gay amateur du bareback. Beaucoup y reconnaîtront Guillaume Dustan et Didier Lestrade, le fondateur d’Act Up.

Mais cette époque, Tristan Garcia ne l’a connue qu’en grenouillère ! Ecrit sans documentation préparatoire, le livre n’est pas un roman à clefs. « Je l’ai écrit il y a deux ans, parce que j’étais agacé par le retour massif de l’autofiction. Les auteurs d’autofiction sont « saisis » par leurs textes, mais ils ne saisissent rien de leur époque. J’ai alors décidé d’écrire un roman d’époque sur une communauté qui n’est pas la mienne et avec laquelle j’avais la distance nécessaire pour écrire ».


Tristan Garcia a choisi les années 80, parce qu’elles ne sont plus de l’actualité et pas encore de l’histoire. Pile la bonne place pour une fiction qui raconte l’époque mieux qu’un récit. « Les années 2000, par exemple, sont encore trop proches. C’est la raison pour laquelle, à mon sens, les textes ou films sur le 11 septembre ne marchent pas : on n’a pas la distance ».


Pour un coup d’essai, c’est réussi : dans La Meilleure part des hommes, Tristan Garcia a déjà une personnalité littéraire bien dessinée. Il sait où il 1748744095.jpgemmène son lecteur, dans un style vivant et une histoire remarquablement construite qui croise des personnages plus réalistes que s’ils avaient existé. Passionné de littérature classique, allemande, russe, autant que de la littérature de genre, de SF ou de séries télé, Tristan Garcia s’intéresse à toutes les formes de narration : « les écrivains racontent des histoires mais ils ne sont pas les seuls : le grand récit actuel partagé par tous, c’est la série télé, et ce depuis une quinzaine d’années. Surtout les séries américaines qui sont particulièrement bien faites. La moindre des choses, quand on est écrivain, est d’y être attentif ». Avec des auteurs comme Tristan Garcia, c’est peut-être le retour de « l’histoire » dans le roman français qui se confirme : la bonne et passionnante narration qu’on trouve surtout dans les romans anglo-saxons. On croise les doigts !

Tristan Garcia est content de ce qui lui arrive, mais n’en fait pas un plat. « Je l’ai écrit il y a deux ans, c’est déjà un petit peu loin ». il n’avait même pas essayé de se faire publier, une fois le livre écrit ! « Sans faire de coquetterie, j’avoue que je ne savais pas trop ce que c’était de publier, ni comment m’y prendre. Quand on a fini d’écrire, on croit avoir fini tout court : on se trompe ! ». Sur les conseils d’un ami qu’on remercie, Tristan a envoyé quelques manuscrits aux principales maisons d’éditions parisiennes, a attendu, puis oublié. Neuf mois plus tard, Jean-Marie Laclavetine, un éditeur Gallimard, l’appelait. Il a signé, sans avoir eu besoin de retravailler son texte.
Mais si Tristan Garcia semble très éloigné des cocktails parisiens où on parle tant de lui, c’est certes parce que ce n’est pas son "truc", mais aussi parce qu’il prépare la soutenance de sa thèse, programmée en novembre. Une thèse de métaphysique sur le concept de représentation. Rien à voir avec la littérature ? Il confirme. Après la thèse ? Un poste en fac, ou sinon on verra. Mais des livres, on peut y compter.

La Meilleure part des hommes n’est pas son premier manuscrit : tel une Amélie Nothomb ( !), Tristan Garcia écrit depuis longtemps, pour le plaisir, et planque quelques histoires dans ses tiroirs. C’est ainsi que son deuxième roman est en cours d’achèvement. Ce sera une histoire racontée par un chimpanzé. Oui, pendant ses cours à Normale Sup, il a choisi un module d’éthologie, car il adore ça. « Ce prochain roman est un livre d’aventures « classique » à la Stevenson ou London. Je trouve l’idée du roman d’aventures intéressant à l’époque où on en a fini avec le colonialisme et où l’on a tout cartographié ». L’aventure au temps de Google Maps, un vaste défi. C’est la raison pour laquelle il a choisi de raconter les choses du point de vue d’un singe. A suivre, bientôt.

 
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