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26 août 2008

J.K. Rowling revient !

… mais sans Harry.


Son prochain livre sera un recueil de sept contes pour enfants, qu’on pourrait traduire par Les Contes de Beedle le barde. La sortie mondiale a été fixée au 4 décembre, mais en anglais seulement ! Eh oui, ça se mérite, un Rowling.
En effet, selon le site Livreshebdo.fr (merci à Vincy Thomas), aucune traduction n'est prévue pour le moment.

Et maintenant, place au marketing ! L’éditeur britannique Bloomsbury, l’américain Scholastic et le marchand en ligne Amazon sont à l’origine de ce coup qui s’annonce comme juteux :

Sept exemplaires du conte ont été décorés par JKR, c’est-à-dire écrits à la main et illustrés de même, puis reliés de cuir et sertis de pierres « semi-précieuses ».
On en déduit donc que la richissime auteure vient de passer de l’écriture au loisir créatif. En la matière, on n’a aucune certitude de son talent. Mais, la fièvre Potter agit toujours, même quand Harry n’est plus dans le coup.

JKR a offert six de ces exemplaires à des proches dans l’édition (« prends, c’est moi qui l’ai fait ») et mis aux enchères le septième, qu’Amazon a raflé, tout content d’avoir les premières œuvres décorées de JK. Ils l’ont acheté quand même 2 millions de livres, ce scrapbook, soit 40 fois l’estimation la plus haute. C’est dire si JK a de l’avenir avec ses petits travaux de dame. De source pas sûre, on m’a dit que son prochain ouvrage était un ravissant coussin monté au crochet et rebrodé à l’effigie du chien de la reine.

Ca va faire cher le fil de laine.

24 août 2008

Vite fait, Angot

Si  la fortune d’un auteur se mesurait au nombre d’articles parus sur ses livres, le compte en banque de Christine Angot égalerait celui d’une rockstar exilée à Jersey.
1739634988.jpgC’est le même topo chaque fois qu’elle publie : la presse ne parle que d’elle et se déchire en général sur la qualité de l’œuvre produite. Ou plutôt livrée en pâture.
« Son  dernier roman est excellent, émouvant, le style Angot encore une fois déchire la littérature », ou « Non, c’est une daube, elle écrit avec les pieds, c’est une hystérique télégénique et on en a marre d’entrer dans les secrets de son tiroir à culottes ».
Le débat tourne autour de ce genre d’arguments, mais c’est généralement mieux tourné.
Alors bon, je l’ai lu, ce Marché des amants (Seuil).
D’abord parce que 20 minutes raisonne comme les autres journaux : il faut parler du dernier Angot et pis c’est tout. Inutile de dire que son livre ne présente aucun intérêt et que justement, en parler confère de l’intérêt à ce qui n’en a pas, rien  à faire. Je m’apprête à écrire l’article qui paraîtra dans le journal de mardi. Je ne sais pas comment je vais m’y prendre, vous lirez ça vous-même. Ou plutôt, ne lisez pas : cet article n’aura pas d’intérêt puisque le livre n’en a pas.


Entendons-nous : quand  je dis que ce livre ne présente pas d’intérêt, cela ne signifie pas qu'il est mauvais, ni bien sûr qu'il est "bon". Il n’est pas intéressant, passons à autre chose, voilà tout, l’affaire est entendue. Mais ça ne va pas suffire, alors je développe (et vous dispense du même coup de l’acheter).


Le pitch en vaut un autre : c’est l’histoire d’une femme qui oscille entre trois histoires d’amour, l’une idéalisée, l’autre verbeuse et la troisième pépère.  Christine Angot herself (surpris ?) raconte comment se passe la vie avec son nouvel amoureux, Bruno (Doc Gynéco, tout le monde le sait déjà). Bon, il n’est pas facile à vivre, le Bruno : flanqué d’une femme et de trois enfants, présent avec éclipses, doté d’une poésie personnelle, le rappeur est totalement centré sur son ego. Cela ne facilite pas les choses à Christine qui doit se mettre en orbite autour de lui, vivre à son rythme : regarder la télé avachie avec Bruno, accompagner Bruno qui va marcher, écouter les textes de Bruno, les maquettes de Bruno, les projets de Bruno, accepter la sodomie avec Bruno, se taper les copains de Bruno et les soucis de Bruno.
Bof c’est une histoire passionnelle classique : l’héroïne doit consentir à laisser son univers, renoncer à ce qui la définit au nom de l'Amoûr, pour entrer dans celui de l’autre. La grande mythologie amoureuse occidentale, comme la plupart des conversations des filles entre 20 et 30 ans sont farcies de ce genre d’histoires. Bref : on a  l’impression d’écouter une copine malchanceuse raconter ses petits gnagnagnas pendant tout le livre, ou lire un long article de Voici sans photo (ni procès).
Seuls ceux qui n’ont pas d’amis et pas de vie sociale adoreront parce qu’ils auront enfin, grâce à ce livre, une amie bavarde qui les parasitera des petits problèmes ordinaires qu’ils ne connaissent pas. Mais les autres, ceux (celles) qui ont déjà l’habitude de papoter sur « la vie, l’amour, les hommes » auront l’impression de faire des heures supplémentaires sur leur temps d’écoute compassionnel (et risquent fort de raccrocher au nez de Carole qui veut simplement raconter ses dernières déconvenues avec le beau Kévin rencontré au camping mais avec qui ça n’a finalement pas collé).
Une chose émerge du livre, inattendue : la crédibilité de Doc Gynéco comme personnage romanesque. C’est pas vivable au quotidien (pauvre Christine) mais ça le rend intéressant par livre interposé. Il doit être content d’être exaucé : ce qu’il a pu tanner Christine pour qu’elle écrive le livre sur leur histoire ! Ca tombe bien, il va sortir bientôt un nouveau disque, dites donc ! On espère quand même qu’il n’en voudra pas trop à son pote Charly de lui avoir soufflé sa copine à la fin.

On retient aussi la sincérité amoureuse de Christine Angot, maladroite mais totale, et son désarroi, palpable. Que les mauvaises langues se taisent : c’était pas du chiqué. Pour elle en tout cas. Mais cela suffit-il à faire un roman ?

Et voilà comment on parle de Christine Angot, en voulant pourtant expliquer que son roman n’en vaut pas la peine…

Ebook, faites-le vous-même !

Aux inconditionnels du livre papier, cette petite curiosité devrait donner l’envie de détourner un dictionnaire.

 

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L’inventeur de ce « Future of Books » s’appelle Kyle Bean, et il a décidé de ne pas choisir entre son ordinateur et ses livres. Cet Anglais créatif a donc tout simplement intégré dans un livre un ordinateur, en conservant l'apparence du livre. A vos cutters !

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Source : http://www.kylebean.co.uk/portfolio.html

17:35 Publié dans C dans l'air | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ebook, kyle bean

16 août 2008

Le boom annoncé du livre électronique

240 000 ! C’est le nombre de « kindle » (le reader proposé par Amazon) vendus depuis novembre aux Etats-Unis. Voici une nouvelle qui devrait commencer de faire douter les farouches détracteurs du papier électronique.


1467307675.jpgPetit rappel : un reader, c’est un support de lecture pour lire des livres électroniques, c'est le contenant du texte, la partie physique du livre. On dit aussi un device, une tablette. C’est à dire des livres qui ne sont plus proposés en format papier, avec une couverture, une reliure et des pages qui se tournent et se cornent (et aussi se hument, se caressent et se serrent sur le coeur), mais dans un format qui s'approche de celui du eee pc ou d'un gros iphone. A la différence près que l'affichage d'un reader n'est pas rétro éclairé comme un portable ou un mobile, mais se présente mat comme une page de livre, grâce à la technologie de l'  « encre électronique », ou « e-ink » pour employer un mot barbare auquel il faudra s’habituer. Cette particularité rend la lecture plus agréable et moins fatigante pour les marathoniens de la lecture que sont, au hasard, les journalistes littéraires.

Bref, les trentenaires comprendront tout de suite, un reader est un petit télécran un peu élaboré qui ne s'efface pas quand on le secoue.

En France, le Cybook de Bookeen fait partie des pionniers. L'équipe de Bookeen est tellement en avance sur la question,828777419.jpg qu'ils ont même été les premiers, avant 2000, avec la société Cytale, à proposer du livre électronique sur le marché français. C'était visionnaire à l'époque, c'est une réalité émergente aujourd'hui.

Aux Etats-Unis, 240 000 personnes ont donc acheté une de ces tablettes pour pouvoir lire des livres qu’ils téléchargeront sur le site d’Amazon. En chipotant un peu, on notera que la proposition d'Amazon rend le lecteur un tout petit peu captif de sa librairie, c’est à dire de son site marchand, c’est à dire d’Amazon. En même temps, Amazon n'est pas une fondation ni une oeuvre de charité.


Il y a donc sans doute plus de 250 000 Américains (je gonfle le chiffre en imaginant par exemple un usage familial pour certains des acheteurs) qui sont suffisamment motivés par ces lectures qu’on pourrait appeler « du deuxième type », pour dépenser entre 360 et 400 dollars pour un support de lecture.

Pour en savoir un peu plus sur ce Kindle, voici le détail de cette information dénichée sur le "blog" (ils tiennent à ce nom) de Techcrunch et signé par Michael Arrington himself (le boss).

Et pour vous prouver que je ne suis pas en train de vous raconter de la science-fiction américaine, j’ai le plaisir de vous annoncer que la Fnac prépare un projet de librairie électronique associée à Sony pour septembre. A suivre sur ce blog !

De vous à moi, je vais attendre les versions moins protohistoriques pour lancer mon porte-monnaie dans l’aventure. Ce qui ne devrait pas tarder. Pour l’heure, je me contente de tester différents systèmes de lecture « dématérialisées », dans une presque gratuité.

C’est le grand retour du e-book sur mon blog, pour le plus grand plaisir de Caroline, Georges et Christian. Promis, on y reviendra souvent !

13 août 2008

Pas de subprimes dans l'édition française

Décidément, on ne lit jamais assez la presse l’été quand on est journaliste. OK, je ne parle que de moi. Et c’est donc piteuse, un peu, que je vous relaie une info déjà rance, épinglée le 10 juillet par le magazine Challenges et étayée dès le lendemain par le site livreshebdo.fr (signé cch).
Même rance, l’information reste  savoureuse et la valse des chiffres enivrante. Vous allez donc découvrir qu’on peut bien, fort bien même, vivre de sa plume. Mais quelles que soient les sommes, elles ne concernent que des exceptions : écrivain est majoritairement un métier de laborieux, l’équivalent d’une classe sociale très moyenne pour ceux qui décident de vivre de leur plume. Autrement dit, il y a des chances pour que la plupart de ces audacieux (ceux qui, je le répète, ne vivent que de leur plume) fassent partie des 42 % de Français qui ne sont pas partis en vacances cet été.
Quant aux chanceux dont il est question dans le texte et pour faire taire les mauvaises langues, Amélie Nothomb est belge et ne doit donc pas dépendre du régime fiscal français, Marc Levy est un résident londonien (de longue date), mais Guillaume Musso et Anna Gavalda résident en France (mais pas au même endroit). Muriel Barbery, quant à elle, vivrait au Japon.

On ne pleurera pas non plus sur le sort des éditeurs. A noter que Francis Esménard est l’heureux promoteur des textes de Bernard Werber, Katherine Pancol et Amélie Nothomb, et qu’Arnaud Lagardère concentre en son giron une bonne partie des éditeurs parisiens (Fayard, Grasset, Stock, Calmann Levy, Harlequin, Livre de Poche, Lattès, Le Masque, etc. ET etc.). Dernière précision enfin : Jacques Glénat est le bienfaiteur de tous les amateurs de mangas puisque c’est lui qui, le premier, a édité des mangas en France.

Voici donc l’article publié dans l’édition électronique de Livres Hebdo, cette sainte Bible du journaliste littéraire francophone :

Le livre peut rapporter gros

Selon le classement annuel du magazine Challenges, 7 écrivains ont gagné plus d'un million d'euros en un an et 5 éditeurs se classent parmi les 500 plus grandes fortunes de France.

L'édition du 10 juillet du magazine Challenges propose un classement des 10 écrivains les mieux rémunérés de juin 2007 à juin 2008. Selon les estimations de l'hebdomadaire, et sans surprise, c'est Marc Lévy qui occupe la tête du classement avec 2,35 millions d'euros, suivi de près par Guillaume Musso avec 2,02 millions, talonné lui même par Anna Gavalda, qui ferme la marche du trio de tête avec 2,01 millions.

Cette année, cinq femmes prennent place parmi les dix meilleurs. Muriel Barbery (4e place avec 1,98 million d'euros), Amélie Nothomb (7e rang et 1,01 million), Katherine Pancol (8e avec 842 400 euros) et Fred Vargas (9e, 653 000 euros) rejoignent Anna Gavalda.

Au total, ce sont sept écrivains dépassent le million annuel. Marc Levy, Guillaume Musso, Anna Gavalda, Muriel Barbery, Daniel Pennac (5e avec 1,74 million), Bernard Werber (6e avec 1,31 million) et Amélie Nothomb.

Challenges fait ses calculs à partir des chiffres sorties caisses et hors club en appliquant le pourcentage touché par les auteurs : au minimum 15% du chiffre d'affaires, ce pourcentage pouvant s'élever jusqu'à 25% dans certains cas.

Cinq éditeurs au patrimoine conséquent

Par ailleurs, parmi les 500 plus grosses fortunes françaises classées par l'hebdomadaire, on compte 5 éditeurs. Arnaud Lagardère (Lagardère, maison mère d'Hachette Livre) fait la course en tête puisqu'il se classe 65e avec 611 millions euros, qui comprend ses activités dans l'aéronautique et les médias. Il chute toutefois de 10 places par rapport à 2007.

Les 4 autres sont certes loin derrière, mais tous « en progression ». Francis Esménard (Albin Michel) et Antoine Gallimard (Gallimard) se classent respectivement 226e (150 millions d'euros) et 254e rang (135 millions).

Jacques Glénat (Groupe Glénat) arrive à la 349e place avec 90 millions. Enfin, Hervé de la Martinière (La Martinière groupe) se place en 410e position avec 70 millions.

11 août 2008

RIP Mahmoud Darwich

Encore un mort essentiel dans le monde de la littérature, quelques jours seulement après Soljenitsyne. On aimerait que les jeunes générations nous rassurent sur un renouvellement d’égale force, attendons un peu.

772533361.jpgMahmoud Darwich vient de mourir et je ne peux pas m’empêcher d’avoir une petite pensée pour Sapho. En juin dernier, pendant le Marathon des Mots à Toulouse, elle avait enchanté le Cloître des Jacobins en lisant des textes du grand poète. Sapho était l’une des plus grandes admiratrices de cette figure des lettres palestiniennes.


Son dernier ouvrage en France s’intitule Comme des fleurs d’amandiers ou plus loin. Il a été publié chez Actes Sud en septembre 2007. Je ne doute pas que sa maison d’édition saura rééditer quelques uns de ses grands recueils de poèmes ou encore ses Entretiens sur la poésie parus en 2006.
Vous trouverez ici le minutieux article de Christophe Ayad paru ce jour dans Libération.

Et comme vous êtes des petits veinards, voici in extenso l'article publié sur LivresHebdo.fr, écrit par "CF" et qui me semble de la meilleure fraîcheur :

"Le poète palestinien Mahmoud Darwich s'est éteint

Dans le récital qu'il avait donné à Arles le 14 juillet dernier, il avait célébré l'amour, l'exil, le temps qui passe, sans occulter l'amertume que suscitait en lui la situation de la Palestine aujourd'hui. Il est décédé samedi 9 août.

 

Considéré comme l'un des plus grands poètes du monde arabe, Mahmoud Darwich est mort le 9 août à Houston (USA) des suites d'une opération à cœur ouverte. Il avait 67 ans. Les responsables palestiniens devaient demander aux autorités israéliennes que le défunt puisse être enterré en Galilée où il était né en 1941. Cette région, aujourd'hui en Israël, était alors en Palestine sous mandat britannique. Depuis 1995, Mahmoud Darwich s'était installé à Ramallah en Cisjordanie après une vie d'exil.

Le 14 juillet dernier, dans le cadre magnifique du théâtre antique d'Arles, il avait enchanté son auditoire pendant près d'une heure et demie en récitant en arabe un florilège de ses poèmes, lus parallèlement dans leur traduction française par Didier Sandre. Il était l'invité du Festival des Suds et des éditions Actes Sud qui fêtaient leur trentième anniversaire. L'accompagnement musical des frères Joubran, qui ponctuait les textes, la délicatesse, l'élégance et la générosité du poète avaient contribué à la magie de cette soirée exceptionnelle.

Mahmoud Darwich avait ensuite poursuivi la soirée avec les invités d'Actes Sud - près de deux cents libraires - dans les locaux de la maison d'édition. Celle-ci a fait connaître en France son œuvre, traduite pour l'essentiel par Elias Sanbar, qu'elle publie depuis près de quinze ans. Son dernier recueil, Comme des fleurs d'amandiers ou plus loin est paru il y a tout juste un an, en septembre 2007."

 

04 août 2008

Mort de Soljenitsyne

Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne est mort hier soir, dimanche 3 août, à l’âge de 89 ans, dans sa datcha des environs de Moscou. A cet âge, ce n’est plus un choc, mais ça reste une grande perte.

1671508630.jpgPrix Nobel de Littérature en 1970, déchu de sa citoyenneté soviétique en 1974 pour avoir fait paraître L’Archipel du Goulag l’année précédente à Paris, il lui faudra attendre la chute de l’URSS pour voir son œuvre publiée en Russie et retrouver sa nationalité russe.
Soljenitsyne est rentrée en Russie en 1994, mais n’a pas joué de rôle dans la reconstruction post-communiste, sinon à travers une émission de télé et une vie sociale intense.

La fiche Wikipedia consacrée à cet intellectuel emblématique est très complète et actualisée dès ce lundi matin.

Je vous renvoie aussi au dossier publié ce jour dans le Monde, dont voici le début de l’article principal, signé par Georges Nivat, le traducteur de Soljenitsyne, historien de la littérature russe.
Alexandre Soljenitsyne, mort dimanche 3 août d'une crise cardiaque à son domicile moscovite, est une de ces grandes voix où il est vain de distinguer la part de l'art et celle du combat. Comme Tolstoï en Russie, comme Voltaire ou Hugo en France il appartient aux lutteurs, aux "dissidents", incarnant le refus de la société injuste dans laquelle ils vivaient, une résistance au nom de quelque chose d'imprescriptible. Tolstoï refusait la société d'Ancien Régime, fondée sur l'inégalité et voyait dans le moujik méprisé l'incarnation d'une vie accordée à Dieu. Soljenitsyne incarna le refus du communisme, athée et totalitaire. Tolstoï dans Qu'est-ce que l'art ? subordonnait l'art à l'action, Soljenitsyne, dans son discours du Nobel, subordonne l'art à la triade platonicienne du Vrai, du Bon et du Beau. Ni l'un ni l'autre ne comprennent "l'art pour l'art" : "J'avais affronté leur idéologie, mais en marchant contre eux, c'était ma propre tête que je portais sous le bras", écrit Soljenitsyne dans Le Chêne et le Veau, en 1967.

Mais également à la note publiée par Pierre Assouline ce jour, sur son blog.

Evidemment, je vous conseille la lecture de L’Archipel du goulag (3 tomes, boum), mais aussi et plus simplement Une journée d’Ivan Denissovitch, son premier roman publié en 1962, où tous les thèmes de l’écrivain affleurent déjà dans un format nettement plus court.

 

 

(Photo : Alexandre Soljenitsyne en 1974 à Copenhague, DR) 

 
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