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05 juin 2008

Lectures de YSL

Retour sur les dernières parutions, mais aussi sur quelques incontournables qui retracent le parcours du grand couturier. Le dernier grand artiste, la dernière grande maison française dont la filiation est à chercher du côté de Jean-Paul Gaultier. (Le premier qui objecte avec Lagerfeld a perdu !).
Vient donc de sortir Paris 1962, Christian Dior et Yves Saint Laurent, les coulisses d’un défilé, chez Textuel.
Egalement une biographie, Yves Saint Laurent, l’homme couleur de temps, de Fiona Levis (Rocher).
Croquis et modèles de 40 ans de création dans le dernier livre publié à La Martinière, l'impressionnant Yves Saint Laurent Style, avec la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent.
Enfin, Grasset remet en vente une nouvelle édition revue et augmentée de la biographie de Laurence Benaïm, Yves Saint Laurent.

Trois autres livres sur YSL, publiés par La Martinière : 

-Love, de Marie-Claude Pelle, paru en 2005, qui compile les vœux qu’il envoyait à ses proches.
-Yves Saint Laurent, 5 avenue Marceau, 75016 Paris, de David Teboul (2002) qui fait écho au documentaire homonyme sur le couturier.
- Yves Saint Laurent, naissance d’une légende, de Pierre Boulat et Laurence Benaïm (2002) : 89 photographies noir et blanc de son premier défilé.

Pour l'atmosphère YSL, en un hommage singulier, allez voir le blog des Irréguliers. La photo est aussi magnifique.

 

(Merci à Vincy Thomas pour le récapitulatif des oeuvres sorties) 

04 juin 2008

Un écho de Finkielkraut

Trouvé dans le Monde daté 3 juin. A lire jusqu'au bout pour lui donner pleinement raison, mais cela n'engage que moi.

Il est vrai qu'Alain Finkielkraut n'est plus exactement un philosophe dans le vent désormais.

Quant au film de Cantet, ne l'ayant pas encore vu, je ne me prononcerai pas encore. Mais je souhaite bon courage à François Bégaudeau (et à son entourage).

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« Pour François Bégaudeau, auteur du livre Entre les murs (Verticales, 2006) et acteur principal du film qui en a été tiré, la Palme d'or du Festival de Cannes est un véritable conte de fées. Sa joie, partagée avec le metteur en scène Laurent Cantet et les élèves du collège Françoise-Dolto, qui jouent leur propre rôle, fait plaisir à voir. On lui pardonne même son brin de suffisance : comment garder la tête froide dans un moment aussi inattendu et aussi exceptionnel ?

Bégaudeau n'a pas le triomphe modeste, soit. Mais pourquoi l'a-t-il acrimonieux ? Pourquoi cette vindicte à l'égard des professeurs qui ne partagent ni ses méthodes, ni ses objectifs, ni son optimisme ? Pourquoi être si mauvais joueur quand on a gagné la bataille, et s'acharner contre les derniers récalcitrants quand on a, à ses pieds, le président de la République, la ministre de la culture et celui de l'éducation nationale ? Et pourquoi faut-il que Le Monde (le 28 mai) alimente cette étrange aigreur en dressant le repoussoir des "fondamentalistes de l'école républicaine" qui prônent "l'approche exclusive de la langue française par les grands textes" ?

Fondamentaliste, la lecture d'A la recherche du temps perdu, de Bérénice ou du Lys dans la vallée ? Fondamentaliste, l'expérience des belles choses, l'éventail déployé des sentiments et le tremblement littéraire du sens ? Le fondamentalisme est arrogant, catégorique et binaire ; la littérature problématise tout ce qu'elle touche. Le fondamentalisme enferme l'esprit dans le cercle étroit d'une vérité immuable ; la littérature le libère de lui-même, de ses préjugés, de ses clichés, de ses automatismes. Le fondamentalisme est une fixation ; la littérature, un voyage sans fin.

On jugera le film de Laurent Cantet lors de sa sortie en salles. Peut-être sera-t-on intéressé, voire captivé par cette chronique d'une année scolaire dans une classe de quatrième à travers les tensions, les drames, les problèmes et les imprévus du cours de français. Mais s'il est vrai qu'après s'être vainement employé à corriger la syntaxe défaillante d'adolescentes qui se plaignaient d'avoir été "insultées de pétasses", l'enseignant finit par utiliser certaines tournures du langage des élèves, "plus efficace que le sien", alors on n'aura aucun motif de se réjouir.

Car la civilisation ne demande pas à la langue d'être efficace, d'être directe, de permettre à chacun de dire sans détour ce qu'il a sur le coeur ou dans les tripes, à l'instar de ce magistrat qui a conclu son réquisitoire contre un accusé terrifiant par ces mots : "A gerber !" La civilisation réclame le scrupule, la précision, la nuance et la courtoisie. C'est très exactement la raison pour laquelle l'apprentissage de la langue en passait, jusqu'à une date récente, par les grands textes.

Naguère aussi, on respirait dans les oeuvres littéraires ou cinématographiques un autre air que l'air du temps. Sean Penn, le président du jury, a remis les pendules à l'heure en déclarant, dès la cérémonie d'ouverture du Festival et sous les applaudissements d'une presse enthousiaste, que seuls retiendraient son attention les films réalisés par des cinéastes engagés, conscients du monde qui les entoure. Sarabande, Fanny et Alexandre, E la nave va, In the Mood for Love, s'abstenir. Un conte de Noël, ce n'était pas la peine. Le monde intérieur, l'exploration de l'existence, les blessures de l'âme sont hors sujet. Comme si l'inféodation de la culture à l'action politique et aux urgences ou aux dogmes du jour n'avait pas été un des grands malheurs du XXe siècle, il incombe désormais aux créateurs de nous révéler que Bush est atroce, que la planète a trop chaud, que les discriminations sévissent toujours et que le métissage est l'avenir de l'homme.

L'art doit être contestataire, c'est-à-dire traduire en images ce qui est répété partout, à longueur de temps. Big Brother est mort, mais, portée par un désir de propagande décidément insatiable, l'idéologie règne et veille à ce que notre vie tout entière se déroule entre les murs du social. »

Par Alain Finkielkraut, philosophe.
 

03 juin 2008

La petite histoire de la Villa Médicis

 

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Qui l’aura ? La Villa Médicis à Rome* est l’enjeu de pas mal d’intrigues depuis trois mois. Rappelez-vous : pendant le dernier salon du livre, en mars, Benamou, conseiller spécial du Président, est nommé directeur de l’académie de France à Rome (donc patron de la Villa Médicis, même chose). Olivier Poivre d’Arvor, pdt de Cultures France prend sa plume et met au grand jour les petits arrangements de Palais. On comprend qu’il se soit un peu énervé : Benamou s’est proposé pour reprendre la Villa avec son projet. Sans être susceptible, on le prendrait forcément mal. Les milieux culturels qui ne peuvent pas supporter Georges Marc (Benamou) et qui s'ennuient un peu en ce moment, sautent sur l'occasion, se joignent à Poivre et c’est une valse qui emporte le landernau dans un vrai petit scandale. Les courageux se comptent toujours en meute, mais rien qu’en meute, c’est bien connu. La danse continue, version samba : l’Elysée recule et organise une commission qui ferait comme si c’était elle qui décidait. Mais c’est quand même Christine Albanel qui prendrait la décision finale, faut pas charrier.


C’est ainsi qu’en avril, une commission s’est constituée autour de Hugues Gall, l'ancien directeur de l’Opéra de Paris. Neuf membres, puisque Pascal Dusapin s’est désisté pour cause d’engagements professionnels. Ils ont sélectionné 10 projets parmi les 35 proposés. Au terme d'un grand oral comme les étudiants de Sciences Po et les thésards de la Sorbonne n'osent pas en rêver (3/4 d'heure de planche) Et le 28 mai, avec 24h d’avance, m’a précisé Hugues Gall pas peu fier de cette fougue, ils ont livré une short list à la ministre de la Culture. Frédéric Mitterrand, Olivier Poivre d’Arvor et Sylvain Bellanger (un historien d’art) restent en lice. Roulements de tambour.


Les jurés ont choisi les candidats sur des critères de « combativité, d’imagination, d’ambition et du rayonnement personnel ». Mazette. Hugues Gall ne se cache pas du fait que la commission a été créé pour calmer les esprits médiatiques. « Cette histoire n’a pas beaucoup de sens. Ce qu’on appelle le fait du prince est la règle à Pompidou, Branly, Orsay, dans la plupart des établissements publics à caractère culturel. Ces emplois réservés sont toujours nommés par les chefs d’état ou de gouvernement, ça fait mille ans que cela dure, sous la monarchie comme sous la république ! » Et  c’est vrai.

Un exemple, Bruno Racine : il a été patron de la Villa Médicis, du Centre Georges Pompidou et vient de succéder (avril 2007) à Jean-Noël Jeanneney à la tête de la BNF. Tout un circuit pour cet ancien énarque habitué des cabinets de Chirac et Juppé !
Mais revenons à la short list : on sait que Frédéric Mitterrand est un proche de Carla Bruni. Il a 60 ans tout rond et il ne pourra plus se présenter à la Villa Médicis : la nomination est pour trois ans (et non pas 5 comme me l’a soutenu Hugues Gall), volontiers renouvelable et deux fois si ça peut faire plaisir. La limite d’âge étant 65 ans, le compte est fait : c’est maintenant ou jamais. MM. Bellanger et Poivre d’Arvor, dans la cinquantaine fringante, ont bien tout leur temps, non ?

La Ministre a reçu les impétrants en fin de semaine dernière. Le choix devrait déjà être fait. A moins qu’elle n’attende une consigne du château pour s’exprimer. Mais, en ce cas, à quoi servait cette commission ? Et pourquoi a-t-il été impossible d’en savoir plus sur les programmes des candidats ? (celui de Poivre d’Arvor avait été partiellement rendu public, on sait donc qu’il existe et qu’il pèse) Et pourquoi, au cours de l’entretien qu’il m’a donné, M. Hugues Gall a-t-il parlé de M. Bellanger comme d’une « femme formidable à la personnalité intéressante » ? (j’ai gardé mes notes, troublée) Etait-il fatigué ou a-t-il confondu avec une candidate de la sélection précédente ? Peut-être ont-ils été trop à leur affaire, concentrés, l'esprit tout brouillé en fin de mission...  On notera, au passage, comme tout cela reste une affaire d’hommes.
 
Cette histoire de Villa Médicis aura été une petite fantaisie culturelle, toute fraîche, toute printanière.


*haut lieu du rayonnement de la culture française à Rome. Surtout importante pour les Italiens, donc, avec lesquels les échanges culturels sont ainsi favorisés. Allez voir la fiche wikipedia ad hoc.

(Photo Marie-Lan Nguyen sis wikipedia, libre de droits) 

 
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