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03 avril 2008

L'androgynie littéraire de Stace

Avec Les Garçons, Wesley Stace transforme l’essai !

Arrivé sur la scène littéraire française en janvier 2007, ce musicien folk publiait alors un premier roman dickensien, intitulé l’Infortunée : l’histoire d’un jeune homme, recueilli bébé et élevé comme une fille par une famille d’aristocrates de l’Angleterre victorienne. Succès immédiat : 40 000 grands formats et 60 000 poches ont été vendus. Il revient cette année avec Les Garçons, une histoire totalement différente qui évoque les destins croisés d’un petit garçon et de la marionnette d’un ventriloque.

Et c’est la confirmation : la presse a immédiatement salué la plume d’un déjà grand. Car Wesley Stace sait raconter des histoires, minutieusement structurées, passionnantes, à partir de sujets inattendus. Son nouveau roman part du thème de la ventriloquie, un art du spectacle aujourd’hui ringardisé ou pas encore revenu à la mode, et réussit à tenir le lecteur en haleine pendant plus de 400 pages : George est un petit garçon grandi sans père dans les années 70, entre une mère comédienne et primesautière, et une grand-mère ventriloque et dévorante. Mais George est aussi, et 40 ans plus tôt, le nom d’une marionnette qui a appartenu à son père aujourd’hui disparu.

Les Garçons rassemble les deux histoires qui se répondent et qui, fait troublant, sont l’une et l’autre racontées par leur protagoniste. Les voix de l’enfant et de la marionnette retracent ainsi peu à peu l’histoire complexe, grevée de secrets, de cette famille pas tout à fait ordinaire. De cette grande fresque intimiste, surgissent des questions plus sourdes et émouvantes, comme le délicat équilibre entre masculin et féminin, la difficulté d’être entendu quand on est enfant, la métaphore de l’écrivain qui par sa voix donne chair à ses personnages.

Mais si Wesley Stace avoue que ses personnages lui ont totalement échappé au cours de l’écriture, il est fier d’exhiber le « vrai » George, la marionnette qui a appartenu à son grand père, un ventriloque dilettante. Tout s’éclaire ? Même pas : le livre n’est pas une autobiographie, mais un roman passionnant et singulier.

Commentaires

Je viens de finir l'Infortunée, déroutant dans le thème et dans l'ambiance qui s'en dégage... Même si j'ai refermé le livre avec des sentiments un peu mitigés, ton commentaire me donne bien envie de lire le 2ème roman de Wesley Stace. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il sait choisir des sujets étranges et susciter la curiosité des lecteurs !

Écrit par : Corélie | 18 juillet 2008

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