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31 janvier 2008

Joffrin fait son Voltaire

Il n'aura pas fallu trois phrases de critique, lors de cette malheureuse présentation des voeux le 8 janvier dernier, pour qu'un "conflit" éclate entre le pouvoir et la presse et qu'un livre n'en résulte pour en faire état.
Stop, on se calme et on traduit : Laurent Joffrin s'est fait tacler par Sarkozy le 8 janvier lors des voeux de ce dernier à la presse. Presse qui s'est largement fait écho de cet incident, bien trop d'ailleurs. A-t-elle besoin de prouver qu'elle est encore un contre-pouvoir ou de s'en persuader ? je sais, c'est une remarque un peu désabusée, détrompez-moi et je m'en porterai mieux.

Illico, Laurent Joffrin s'est mis à l'écriture d'un livre pour répondre à cette "attaque" afin de pouvoir s'exprimer sans être coupé par le micro. Le livre sort fin février chez Robert Laffont, un éditeur qui a bien le sens du Nord.

Tout est bien dans le meilleur des mondes : Sarkozy vient de se fabriquer une presse contestataire, brillamment incarnée par le patron de Libération qui n'attendait sans doute que cela pour définir une ligne à son journal. Entrer dans la résistance, ah... Jean-François Kahn s'éloigne de la tribune, une place était à prendre et il est bon qu'on la prenne. Mais tout ça sent l'aubaine, d'un côté comme de l'autre.

On va attendre de lire le livre pour juger. Mais "on" n'a pas trop d'illusion sur le poids du contenu.
N'empêche, il en a du temps, Laurent Joffrin, pour écrire un livre en moins de trois semaines...

 

30 janvier 2008

Bisque bisque rage

Le dernier Chuck Palahniuk s'appelle Peste (Denoël) et il est consacré à la vie d'un homme étrange atteint de... la rage. On va mettre ça sur le compte de la traduction. D'ailleurs, le titre anglais est "Rank", "Rant" le surnom du bonhomme, mais aussi un surnom qui rappelle le bruit qu'on fait quand on vomit. Ah oui, c'est Palahniuk, en même temps. Un livre décapant et venimeux, mais très digeste !

 Peste est un coup de poing qu’on n’attendait pas. L’auteur de Fight Club y crée un mythe urbain à travers son héros, Buster Casey. Ce drôle de type dont tout le monde parle dans le livre mais qui n’apparaît jamais, participe la nuit à des courses de voitures. Leur but : provoquer des crashs. Son histoire est racontée par une série de témoins qu’on croise et recroise. Un peu comme un simulacre de reportage où chacun apporte sa version, même contradictoire. Palahniuk est journaliste, on le soupçonne de se moquer un peu de son métier à travers cette forme déroutante et rapidement hypnotique.

Buster, alias Rank Rant pour les intimes, est aussi et surtout un fléau vivant. Il est en effet responsable de la plus terrible épidémie mortelle de cette époque futuriste, portée par la rage : rendu accro dès l’enfance aux venins de serpents, d’araignées et autres morsures de rongeurs, il en est devenu porteur « sain » .  Tout cela est étrange, inquiétant et parfois horrible comme l’auteur aime et sait faire.

Mais ce huitième opus est aussi addictif comme une morsure de veuve noire. D’abord, il est truffé d’un humour irrésistible : dans Peste, les déjeuners de Thanksgiving sont l’occasion de se débarrasser des personnes âgées de la famille. Mais surtout, l’écrivain y dissèque une société urbaine qui ressemble à la nôtre, avec un plaisir contagieux, en intégrant cette fois-ci une dimension chamanique. C’est inédit chez lui. L’occasion de questionner les relations entre le présent, le passé et le futur, mais aussi entre la fiction et la réalité, en évitant tous les clichés du genre.

A visiter...

 

20 janvier 2008

Un Facebook book

Facebook vu par les facebookers : un livre est en train de s’écrire, mais chut ! On ne peut pas encore vous révéler tous les détails.
Bientôt sur vos écrans... numériques, et dans les librairies.

 

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Ceci est donc un d'appel à témoins pour participer à la couverture de ce livre que j'écris avec deux amis qui sont aussi deux as du net et de Facebook, Jérôme Bouteiller (du site Neteco, LA mine d'informations sur l'économie du web), et Claire Germouty (ancien grand reporter et ex de 20 minutes, si si)

Si vous souhaitez apparaître sur la couverture du livre, il suffit de nous envoyer d'une à trois photos numériques en bonne definition et d'une autorisation retournée signée par la poste.

Les 150 plus rapides seront sur le livre… Mais vous n'avez que jusqu'au 31 janvier !!

Ca se mérite un peu quand même... ;-)
 
Rendez-vous sur la page du groupe Facebook book, sur le site Facebook, bien sûr. 

13:24 Publié dans C dans l'air | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : facebook book

16 janvier 2008

Dernier tour en sarkozisme littéraire

On a parlé du Réza à la rentrée d'automne, c'était inévitable puisque la presse avait, un temps, décidé qu’il n’y avait qu’un livre sorti en septembre, celui-là.
Le problème, c'est que les livres sur Sarkozy se moissonnent en ce moment plus vite que des récoltes de soja transgénique.

2 livres sortent en janvier : le Téléprésident (ed de l'Aube) le 10 janvier dernier, le prochain : Sarkozy, corps et âme d'un président (Perrin) sortira le 17, c'est à dire demain.
En février, il y en aura 6 nouveaux.
En mars, encore 6.
Et encore trois ou quatre, plus ou moins humoristiques en queue de comète.
Non, je ne les citerai pas. Ca ne présente aucun intérêt. Et je ne les lirai pas, pour les mêmes raisons. Il faudra fréquenter d’autres blogs littéraires pour ça.
Ah ! aussi, le premier sur Carla sort le 28 février aux éditions Privé. Même famille, mêmes symptômes, mêmes effets : on n’en parlera pas non plus.
Je ne sais pas trop quoi penser d’une république quand sa presse est amoureuse de son président.

Mais on trouvera ici Sagan, Jones-Gorlin, Palahniuk, et sans doute le meilleur premier roman de la rentrée de janvier, d’Antoni Casas Ros chez Gallimard. De la littérature, quoi !

Et pour en finir avec tout ça, les dernières nouvelles des ventes. Un article concis, précis, écrit par Livres Hebdo et publié ce jour sur son site web, sur les dernières ventes des Cecilia’s books. Promis, on n’y reviendra plus ;-)

L’ex-épouse du président de la République a été la vedette incontestée des librairies en fin de semaine: les trois livres qui lui sont consacrés arrivent dans le Top 20 des meilleures ventes Ipsos/«Livres Hebdo» de la semaine du 7 au 13 janvier. En tête, «Cécilia» (Flammarion), l’ouvrage d’Anna Bitton que l’ex-première dame de France n’a pu faire interdire.

(…)En à peine 48 heures de vente, Cécilia (Flammarion), le portrait de l’éphémère première dame de France réalisé par Anna Bitton, journaliste au Point, mis en vente vendredi 11 janvier avec un tirage de 25 000 exemplaires, décroche la première place du Top 20 des meilleures ventes Ipsos/Livres Hebdo de la semaine du 7 au 13 janvier.

L’ex-madame Sarkozy a été déboutée vendredi par le tribunal de grande instance de Paris alors qu’elle réclamait en référé l’interdiction du livre. Mardi matin, après plusieurs réimpressions, son tirage global atteignait 85 000 exemplaires. A la 6e place du Top 20, on trouve, avec un tirage de 85 000 exemplaires également, l’enquête de Denis Demonpion, journaliste au Point, et Laurent Léger, du site Bakchich.info, intitulé Cécilia, la face cachée de l’ex-première dame (Pygmalion, groupe Flammarion), tandis que Ruptures (éditions du Moment), le livre des journalistes Michaël Darmon et Yves Derai, arrive juste en-dessous, en 7e position, avec un tirage porté à 80 000 exemplaires après deux réimpressions.




06 janvier 2008

Le caillou dans la chaussure

 

Le caillou, c'est un écrivain. La chaussure, ce sont les Etats-Unis sur leur versant puritain hypocrite. L'image vaut ce qu'elle vaut... J'avais écrit une chronique sur cet auteur dans 20 minutes, mais pas de chance, la pub l'a écrémé. J'avais quand même envie de parler de Iain Levison, c'est un vrai regret de ne pas l'avoir fait sur papier et c'est vraiment un auteur que je prends un plaisir délicieux à lire.

Iain Levison est un Zola américain, version corrosive et drôle. Dans son dernier livre publié en France, Tribulations d’un précaire (Liana Levi), il raconte comment un jeune homme diplômé en lettres enchaîne, pour survivre, 42 petits boulots en dix ans, de poissonnier, cuisinier, livreur de fuel, serveur, à pêcheur en Alaska. Aux Etats-Unis, les études sont payantes, mais les débouchés étroits.

Levison appartient à la première génération d'Américains qui gagne moins que ses parents. Inspiré par sa propre histoire, il raconte la vie vraie de l’Américain moyen qui cumule les jobs pour s’en sortir et maintenir un pouvoir d’achat décent. Lui aussi a fait des études de lettres, lui aussi a galéré et connu les mêmes tribulations que son héros. Il est aujourd'hui menuisier et écrivain. Sans donner dans le discours social ou le jugement amer, sa plume est légère, caustique, acidulée sur fond de nonchalance : l'art d'associer les paradoxes harmonieusement. Les trois romans de Iain Levison racontent, l’air de rien, ce que l’Amérique n’a pas envie d’entendre. Hasard ou coïncidence, il n’est plus édité aux Etats-Unis. Pour raisons de « ends » pas assez « happy ». Iain Levison restera-t-il écrivain encore longtemps ?

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