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30 décembre 2007

Les nostalgiques de la RDA n'ont pas 20 ans !

Une dernière note pour 2007 ! Et un rebond à un article du Monde trouvé hier dans ma newsletter. Il parle de lui-même, le voici plus bas.
Concrètement, les jeunes Allemands de 15 à 17 ans, nés dans ce qu'on appelait à l'époque la RDA, ont une vision plus floue du communisme que leurs petits camarades de l'ex-RFA.

"La Vie des autres", un film remarquable, signé par un Allemand, à leur conseiller, donc.

 

Dans l'ex-RDA, les jeunes regrettent un passé qu'ils n'ont pas connu

Une série d'études menées par l'université libre de Berlin montre que les lycéens d'Allemagne de l'Est ont tendance à idéaliser l'ex-République démocratique allemande (RDA), qu'ils n'ont pas eux-mêmes connue et dont ils semblent ignorer le passé. Entre 2005 et 2007, une équipe de chercheurs ont interrogé 5 000 élèves âgés de 15 ans à 17 ans et originaires de Rhénanie du Nord-Westphalie, de Bavière, de Berlin et du Brandebourg sur leur image de la dictature communiste.


Publiée jeudi 27 décembre, l'enquête concernant le Brandebourg, situé à l'Est, présente des résultats inquiétants. Alors qu'ils ont grandi dans une zone qui faisait partie de la dictature communiste, les adolescents de cette région connaissent moins bien l'histoire de la RDA que leurs compatriotes de Rhénanie du Nord-Westphalie, à l'Ouest. Près de 37 % d'entre eux pensent que la Stasi, l'ancienne police secrète est-allemande, était un service de renseignement comme les autres. De même, seuls 17 % savent que la peine de mort existait jusqu'en 1987.

Encore plus surprenant, 54,4 % des élèves ignorent la date de la construction du mur de Berlin et seul un élève sur trois sait que le régime est-allemand est à l'origine de cette décision. "Cette ignorance conduit à décharger moralement l'ancienne dictature communiste", jugent les auteurs de l'étude.

Ce pan de l'histoire allemande fait pourtant partie du programme d'enseignement scolaire dans le Brandebourg. "Mais ce sujet est tabou pour beaucoup d'enseignants issus de l'ex-RDA", explique Klaus Schröder, l'un des auteurs. Beaucoup d'élèves racontent que ce thème est très peu ou pas du tout abordé pendant les cours. Leur connaissance s'est plutôt construite au fil des discussions avec leurs familles ou en regardant des films.

Un grand nombre d'adolescents minimisent les crimes du régime est-allemand et ne font pas la différence entre une démocratie et une dictature. Presque 40 % d'entre eux considèrent que la République fédérale d'Allemagne (RFA), qui a absorbé la RDA en 1990, ne constitue pas un meilleur système que la dictature communiste. Plus ils sont jeunes et plus l'image de l'ex-RDA est positive.

POLITIQUE SOCIALE

Sa politique sociale est particulièrement citée en exemple. Une majorité d'élèves pensent que les retraites étaient plus élevées en RDA qu'en RFA et louent l'ancien régime est-allemand pour la sécurité qu'il accordait en matière d'emploi. Pour l'obtenir, 32 % des personnes interrogées seraient prêtes à restreindre leurs libertés individuelles. Cette enquête montre "qu'une RDA idéalisée et réduite à ses aspects sociaux survit parmi les élèves du Brandebourg", résume M. Schröder.

Le ministre de l'éducation du Brandebourg, le social-démocrate Holger Rupprecht, n'a pas caché son malaise. Il a souligné que la région avait adopté mi-décembre des mesures pour améliorer l'enseignement de ce passé. Les écoles devront davantage travailler avec des musées et centres de mémoire.

A l'Ouest, les résultats n'ont pas plus réjoui les experts. "Les jeunes de l'Ouest se désintéressent complètement de l'histoire de la RDA, ils ne la considèrent pas comme faisant partie d'une histoire commune", raconte M. Schröder. Le politologue craint que ces divergences de perception entre Ouest et Est continuent de croître.

Cécile Calla (Berlin, correspondance)
Article paru dans l'édition du 30.12.07.

 

09 décembre 2007

Comment va la vieille dame ?

Comment va l’édition ? Ouh la la, la question qui casse les pieds de tout le monde ! C’est comme demander à sa vieille tata de 86 ans des nouvelles de sa santé. Elles sont toujours mauvaises, mon bon monsieur, et on finit même par ne plus en écouter le détail.
Allez, on garde son punch et un peu d’élasticité intellectuelle : Le cabinet d’audit KPMG vient de rendre le deuxième volet de son étude financière sur les entreprises éditoriales. 181 maisons d’éditions ont ainsi livré leurs bilans 2006. Ces 181 maisons totalisent un CA net de 3,2 milliards d’euros. Il en ressort une baisse de la rentabilité globale. Les secteurs juridiques et la jeunesse tiennent bon, les beaux livres et les pratiques peinent.  Les romans semblent compter pour du beurre, ça fera plaisir aux granzécrivains de Saint-Germain-des-Près. Tous les chiffres sont dans Livres Hebdo daté 7 décembre que vous ne trouverez pas en kiosque mais sur le site, si l’article n’est pas en accès payant. Si vous n’obtenez pas les infos et qu’elles vous intéressent, je ferai un addendum à cette note (mais faudra vraiment le demander, hein !).
L’auditeur KPMG propose donc de serrer les boulons en maîtrisant la production et les tirages. Pas possible ! Ca voudrait dire qu’il faudrait publier moins quand on n’a pas trop de sous ? Mais cela fait plusieurs années que  les éditeurs font exactement le contraire, en dépit du bon sens préconisé par l’auditeur : le nombre de romans ne fait que croître à chaque rentrée littéraire. On en a déjà parlé ici (vaste fouille dans les archives de ce modeste blog).



Une certaine logique, sans doute darwinienne, voudrait qu’on entreprenne au lieu de se recroqueviller quand une entreprise va mal. Mais après tout, de quoi je me mêle, n’est-ce pas ? Là où je veux en venir, c’est aux nouveaux supports, à la dématérialisation, à ce qu’on appelle encore scolairement « nouvelles technologies » (ce qui prouve à quel point on est à côté de la plaque, tant elles ne sont plus nouvelles mais intégrées dans nos modes de fonctionnement quotidiens).

A part Gallimard qui numérise largement son catalogue et qui semble avoir élaboré une stratégie un peu « moderne » à ce sujet, qu’en est-il des autres ? Le groupe Flammarion a monté une cellule de réflexion menée par le patron de Casterman. Soit. Mais que fait le groupe Hachette ? Et Editis ? Que font les éditeurs, plus largement ? Le Salon du livre 2008 semble avoir intégré la question du livre électronique à son programme : est-ce de l’image, façon « on en est, on en  parle » ou l’illustration d’une volonté plus urgente ?

Plus sincèrement, j’ai l’impression que les éditeurs qui s’intéressent au sujet le font parce que l’époque leur impose, mais sans engouement, enthousiasme ni réel esprit d’entreprise. C’est pas très bon signe pour l’avenir. Les entreprises éditoriales françaises sont-elles capables de remettre leur fonctionnement en question avant le mur (pensez au secteur de la musique, un bel épouvantail qui peut aiguillonner les nonchalants…) et surtout, de s’adapter au-delà des blablas en s’entourant de vraies compétences ? Il faut peut-être renoncer à un certain confort, celui de la tradition, du savoir-faire et de l’illusion de la maîtrise artisanale d’un secteur qui ne l’est plus tant que ça. Même si cette dernière phrase n’est pas tout à fait écrite en français.

05 décembre 2007

Les mauvaises notes de la France en lecture

Trouvé cet article dans Livres Hebdo, un article publié par mk :

Sur 40 pays étudiés par le nouveau rapport du Programme international de recherche en lecture scolaire (Pirls), rendu public le 4 décembre, la France ne se classe que 27e pour les compétences de lecture de ses écoliers.

Fondé sur une étude auprès de 215 000 élèves de 40 pays, le nouveau rapport du Programme international de recherche en lecture scolaire (Pirls) du Boston College montre que les petits Français de 10 ans sont sensiblement moins performants en lecture que leurs camarades russes, hong-kongais et canadiens, qui forment le trio de tête.

Selon le document rendu public le 4 décembre, la France se classe au 27e rang pour la lecture à l’école, soit juste au-dessus de la moyenne générale, que n’atteignent pas 13 des 40 pays du classement réalisé à partir de plusieurs indicateurs, dont la capacité à comprendre les informations et à les interpréter.

Les écoliers français figurent aussi, au 15e rang européen, parmi les plus mauvais élèves de l’Union européenne. Ils sont supplantés, et de loin, par ceux du Luxembourg (1er du classement européen), de l'Italie (2e), de l'Allemagne (5e), de la Hollande (6e), de la Bulgarie (8e), de la Lettonie (10e), de la Grande-Bretagne (11e), de l'Autriche (12e) ou encore de l'Ecosse (14e).

Portant sur les compétences de lecture en 2006, la nouvelle étude du Pirls fait suite à celle publiée en 2001. Là encore, l’évolution des résultats n’est pas rassurante pour la France. Celle-ci affiche en effet un très léger recul de 4 points, retombant en 2006 au score de 522.

Si cette baisse n’est pas vraiment significative en elle-même, elle peut se comparer à la hausse des résultats intervenue dans plusieurs pays comme la Russie, Hong Kong et Singapour (+ de 30 points), la Slovénie, la Slovaquie et l’Italie (+ de 10 points). 

 

Plus de détails sur le site du magazine : le tableau comparatif 2006/2001, l'étude complète en pdf. Attention, certains articles du site sont en accès payants.

 
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