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20 novembre 2007

Grèves, programme du 20 novembre

Une fois n'est pas coutume, aujourd'hui pas question de livres ni de littérature.

J'ai trouvé sur le site de 20 minutes le récap des grèves du jour daté 16/11. Trèèès instructif. Alors voici la liste copiée collée ci-dessous.

Je n'en soutiens aucune et suis consternée de voir s'épanouir ce jeu de dupes : les acteurs de ce simulacre de bras de fer seront tous à la fois gagnants et perdants, les "têtes pensantes" le savent bien. Les seuls vrais loosers sont ceux qui essaient de bosser normalement.Bon courage à tous.

 

Alors que la fin de semaine approche, la mobilisation sociale annoncée pour le 20 novembre devient le nouvel horizon vers tous les regards se tournent. Journée-test, elle sera un baromètre de la grogne sociale en France. Mais qui au juste fait grève et manifeste mardi?

Fonction publique : C'est elle qui est à l'origine du mouvement. Les huit organisations (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, UNSA, FSU, Solidaires) appellent à la grève et à des manifestations à 14h (place d'Italie à Invalides) contre les réductions d'effectifs et pour les salaires.

Education: Les cinq fédérations de l'Education - FAEN, FERC-CGT, FSU, SGEN-CFDT, UNSA-Education - se joignent à la grève. Le SNUipp, principal syndicat dans l'enseignement du premier degré, table aussi sur une forte mobilisation et évoque 65% de grévistes dans les écoles maternelles et primaires. Les syndicats étudiants et lycéens s'apprêtent également à rejoindre le mouvement des fonctionnaires.

Air France: Quatre vols prévus mardi entre Nice et Orly ont été annulés, a indiqué lundi l'aéroport de Nice dans un communiqué. Deux vols au départ de Nice, à 8h05 et 11h05, sont annulés ainsi que deux vols à l'arrivée à 10h20 et 11h50, à la demande de la Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC).

Aéroports: Le trafic aérien devrait être perturbé dans les aéroports. «La CGT appelle à arrêter le travail. Il y aura des grévistes mais il est très difficile de savoir combien», a expliqué lundi à l'AFP Jean-Paul Armangau, contrôleur aérien délégué de la CGT. La DGAC a réaffirmé lundi que des perturbations étaient «possibles notamment en début de journée».

Défense: la FNTE-CGT appelle à «faire grève massivement».

Hôpitaux
: Appel à la grève de syndicats de médecins (AMUF, urgentistes) notamment et d'autres salariés dont la CGT et FO. Les deux principaux syndicats de médecins des hôpitaux, CPH et INPH, ont apporté leur «plein soutien» au mouvement.


Banque de France : Trois syndicats (CGT, FO et Solidaires) appellent à la grève contre «l'insuffisance des effectifs».

Poste et France Telecom : Cinq fédérations (CGT, CFDT, Sud, FO et CFTC) appellent à la grève, notamment pour l'emploi, le pouvoir d'achat et contre les restructurations.

Météo-France : 5 organisations (SPASMET/Solidaires, SNM/CGT, SNITM/FO, CFDT/Météo, SPAC/CFDT) ont déposé un préavis national de grève contre les diminutions d'effectifs.

Commerce : La fédération des employés du commerce FO appelle les salariés du commerce à se mettre en grève.

Yoplait : La CGT appelle les salariés à des débrayages dans les trois sites de production le Mans, Monéteau et Vienne.

SNCF : FO-cheminots indique que «la jonction» du mouvement de grève à la SNCF contre la réforme des régimes spéciaux avec le mouvement de grève du 20 novembre «est à l'ordre du jour» de «beaucoup d'assemblées générales» sur les sites SNCF.

Recherche: Le collectif «Sauvons la recherche» a appelé à la grève, mardi. Le collectif de chercheurs réclame «l'arrêt immédiat du processus de démantèlement du système national de recherche fondé sur un équilibre, à améliorer encore, entre universités et organismes de recherche».

L'association prône «une répartition complètement modifiée des moyens pour l'enseignement supérieur et la recherche: beaucoup moins à l'Agence nationale de la Recherche (ANR), beaucoup plus aux établissements (universités et organismes de recherche)». Elle demande en outre un «programme d'embauche de 5.000 personnels statutaires par an pendant 5 ans pour l'ensemble du secteur, afin d'abaisser le service d'enseignement des enseignants actifs en recherche à 150 heures par an, et de renforcer l'encadrement pédagogique en premier cycle».

Presse: Le Syndicat général du livre et de la communication écrite CGT (SGLCE-CGT) a appelé à un arrêt de travail ce lundi. il ne devrait pas y avoir de quotidiens dans les kiosques mardi. Le syndicat proteste notamment contre le projet de réorganisation aux NMPP, a-t-il indiqué dans un communiqué. Plusieurs quotidiens nationaux, dont «Le Monde», «Libération», «Le Figaro», «La Croix» et «Les Echos», ont annoncé que leurs éditions pourraient être consultées gratuitement sur Internet. «20 Minutes» sera distribué.



20Minutes.fr, éditions du 16/11/2007 - 20h33

dernière mise à jour : 19/11/2007 - 20h45

 

11:00 Publié dans Coups de griffes | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : grèves

19 novembre 2007

Mougeotte répare les prix

La saison des prix littéraires se finit en apothéose.

" AFP 16.11.07 | 18h46
L e Figaro Magazine a annoncé vendredi avoir décerné son prix Découverte 2007 à Christophe Donner pour son
roman "Un roi sans lendemain" (Grasset), afin de réparer une injustice", mais l'écrivain l'a refusé.
"Le fait que mon nom n'ait pas été sur la liste de épart du jury m'empêche par principe d'accepter ce prix", a déclaré Christophe Donner, interrogé par 'AFP dans la foulée de l'annonce du prix. Cela ntrerait "en contradiction avec les principes que je défends", notamment le fait que les jurés s'en iennent aux livres retenus par les diverses élections, a-t-il dit.
Le jury du prix du Figaro Magazine, composé essentiellement de membres de la rédaction, n'avait pas sélectionné au départ le roman de Donner car "nous étions convaincus qu'il aurait un des grands prix de la rentrée littéraire", a déclaré vendredi Etienne
Mougeotte, directeur de la rédaction de l'hebdomadaire, interrogé par l'AFP avant que soit connue la réaction de M. Donner.
Le roman de Christophe Donner est un "très bon livre" qui "aurait dû recevoir le prix Renaudot", a ajouté M. Mougeotte.
Alors que Christophe Donner semblait bien placé pour l'emporter, le prix Renaudot a été attribué le 5 novembre, à la surprise générale, à Daniel Pennac pour Chagrin d'école" (Gallimard) alors qu'il ne figurait pas dans la sélection.
"Il y a eu des manoeuvres. Le livre de Donner a été injustement sacrifié. Nous l'avons donc primé pour réparer une injustice", a expliqué M. Mougeotte.
Christophe Donner avait exprimé sa colère après l'attribution du Renaudot et accusé un des jurés, Franz-Olivier Giesbert, d'avoir manipulé ce prix. Il avait de ce fait décidé de "se retirer de la course" aux autres prix littéraires.
Créé en 2002, le prix Découverte est doté de 8.000 euros, offerts par le restaurant Fouquet's (groupe Lucien Barrière), où se réunit le jury."

 

J'aime l'idée qu'un prix qualifié de "découverte" soit remis à ce tout jeune auteur qui débute à peine, qu'est Christophe Donner.

J'aime aussi qu'un prix littéraire fasse dans le rattrapage et ce, ouvertement. Une récompense pour une oeuvre littéraire doit-elle être charitable ?

J'aime aussi que ce soit Etienne Mougeotte qui soit à l'initiative de cette décision supermanesque.


Mais je ne suis pas sûre du tout que le Prix découverte du Figaro Magazine, si plein de bonnes intentions (comme l'enfer en est pavé), ressorte grandi de cette histoire : les jurés me semblent bien trop sensibles aux contextes pour se concentrer pour de vrai sur les textes.
Quant à Donner, autant j'ai trouvé sa déclaration post-Renaudot grotesque qui légitimait exactement ce qu'il dénonçait, c'est à dire les stratagèmes en cours ; autant je le trouve respectable d'avoir refusé ce prix ouvertement de consolation. Au moins, il ne perd pas son honneur d'écrivain.

Question pour finir : à qui iront les 8 000 euros du Prix ? 

10 novembre 2007

Arlington Park de Rachel Cusk

Signé par l’un des meilleurs espoirs de la littérature anglaise contemporaine, Arlington Park est une des belles découvertes de cette rentrée littéraire.


Méfiez-vous des apparences, et particulièrement de l’eau qui dort, semble vouloir dire Rachel Cusk aux lecteurs de son roman. Arlington Park raconte le quotidien ordinaire d’une poignée de femmes dans une banlieue résidentielle anglaise. Elles sont des épouses et des mères accomplies, mènent des vies paisibles et prospères, mais chacune collectionne une quantité de névroses et de frustrations très appréciable. Parfois des bouffées de révolte leur échappent : Juliet, un professeur de lettres, coupe symboliquement sa chevelure pour que quelque chose change enfin dans sa vie ; Maisie, une impassible londonienne aux yeux de ses voisines, déchaîne ses rancoeurs et ses désirs rageurs quand son mari rentre à la maison.
Dans ce sixième roman qui est le premier à être publié en France, Rachel Cusk maîtrise avec beaucoup de maturité une écriture proche de celle de Virginia Woolf. Comme Mrs Dalloway, Arlington Park relate un moment suspendu dans la vie de chacune des héroïnes, un vertige de lucidité dans un quotidien qu’elles n’essaient pas de changer. Mais il y a aussi quelque chose d’un Philip Roth dans la violence avec laquelle Rachel Cusk malmène ses personnages, les accule et réussit à perturber son lecteur : persuadé de lire un roman féministe qui vilipende la famille, il finit par se demander si, finalement, la détresse des hommes ne serait pas le réel sujet de ces histoires de harpies silencieuses. Leur fadeur affichée, leur rigidité grise inspirée des années 50, celle des hommes qui camouflent leur incapacité à vivre une vie privée derrière des satisfactions professionnelles, sont remises au goût du jour par l’habileté ironique de Rachel Cusk. L’auteur a-t-elle choisi entre féminisme et misogynie ? Difficile de trancher. Dans Arlington Park, les Amazones semblent avoir perdu la guerre des sexes, mais les hommes ne l’ont pas gagnée non plus : c’est le roman qui en ressort en brillant vainqueur.

« Arlington Park », de Rachel Cusk, traduit de l’anglais par Justine de Mazères (ed. de l’Olivier, 292 pages, 21 €)

Karine Papillaud
Paru dans Le Point

09 novembre 2007

Prix de Flore, un autre regard

Soirée exceptionnelle au Flore pour fêter le Prix de Flore d'Amélie Nothomb. C'était mercredi 7 novembre, de 20h à ... très tard.

Il y avait tout le milieu germanopratin et les autres, une quantité d'épaules à éviter et de costumes à frotter. Le Café de Flore était plein comme un oeuf. Et comme dirait l'autre, "en cas de pépin, bonjour la sécurité". Surtout quand le caviar a été servi à l'étage. Qu'on ne dise pas que les bobos du 6e sont blasés, c'était le rush sur les oeufs de poisson. Limite décent, quand on y pense.

Les putes à franges, à la platine, ont été rejointes par l'un des deux membres du groupe Justice. Ne me demandez pas lequel, je suis journaliste littéraire et immensément ignorante pour tout le reste. Amélie était contente, c'était baroque, joyeux. Il souffle un vent de fantaisie sur la saison des prix. Je crois que la semaine prochaine sera amusante, avec les Prix Femina, Medicis, Goncourt des Lycéens, Interallié, France Télévisions et Wepler.  

Laurence Thurion, l'une des blogueuses les plus intéressantres du web était avec moi. Il y avait donc deux Belges ce soir-là (Laurence et Amélie N.), hé hé ! Elles se sont patriotiquement embrassées et Laurence a tout mis en ligne sur son blog eklectik, avec plein de photos à suivre sur son Flickr. Suivez le guide ! 

 

... Et retrouvez l'interview d'Amélie Nothomb sur le site d' isubway 

00:35 Publié dans Coulisses | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Flore, Nothomb

06 novembre 2007

Alabama Song, la chronique du Goncourt

Parue dans un 20 minutes de la fin septembre, la chronique du livre de Gilles Leroy, le lauréat du Goncourt 2007

 

medium_Leroy_07.jpgIl est sur toutes les listes de prix avec son nouveau livre, Alabama Song (Mercure de France) : Gilles Leroy couronnera peut être vingt ans d’une écriture exigeante avec l’un des grands prix de novembre.

Comme l’an dernier Michel Schneider et sa Marilyn Monroe, Gilles Leroy a choisi de raconter la vie de Zelda Fitzgerald, la femme de Francis Scott, l’auteur de Gatsby le Magnifique. Couple mythique des années folles, les Fitzgerald forment un couple tragique, où l’un noit sa dépression dans l’alcool, quand l’autre est méthodiquement détruite par des internements psychiatriques musclés. « Aujourd’hui, des psychiatres sont revenus sur le diagnostic de schizophrénie pour laquelle on la soignait, explique l’auteur. Il semble qu’elle ait été en fait maniaco-dépressive ».

Avec passion et discrétion, il s’est glissé dans la voix de Zelda pour raconter les années tourbillonnantes, excessives et malheureuses d’une femme trop libre, entravée par un mari jaloux, à une époque où le conjoint a tous pouvoirs sur sa femme. Gilles Leroy est tombé amoureux de ce couple à 20 ans, au moment où naissait son envie de devenir écrivain. L’engouement pour Francis Scott passe, la sidération pour Zelda dure : « J’ai beaucoup lu la littérature américaine depuis vingt ans. Le roman de Zelda, sa correspondance m’intéressent autant : sa plume est dérangeante, contemporaine ».

Dans ce roman envoûtant que Gilles Leroy a inventé à partir de faits avérés, on retrouve les questions lancinantes qui trament son œuvre : réussir à s’en sortir dans la vie, et trouver sa place dans ce monde.

KP

 

…au Renaudot

medium_besson.jpgPatrick Besson est un homme parmi les plus intelligents de sa génération, et ils sont pourtant nombreux, les jeunes quinquas. On lui passe autant qu'à un enfant surdoué, même s’il raconte plein de trucs faux sur mon compte, comme un livre que je serais en train d’écrire et que c’est même pas vrai, et qu'il me fatigue avec ça. « Toute une vie passée à écrire sans avoir de prix, c’était pas juste », m’a-t-il dit, patelin, pour expliquer le choix de Daniel Pennac avec Chagrin d’école (Gallimard), tandis que Jean-Noël Pancrazi écrasait un sourire. C’est bien mignon, ça, Patrick, mais Daniel Pennac ne figurait pas sur la liste des derniers sélectionnés et son livre n’est pas un roman. Et Donner, donné favori avec Un roi sans lendemain pour Grasset ? « Je compte beaucoup que Donner ait l’Interallié ! », ponctue Christian Giudicelli, à la rescousse de son coreligionnaire. « Pennac, j’ai beaucoup aimé, explique de son côté Franz-Olivier Giesbert. C’est du Pagnol, pas prise de tête, un bon écrivain populaire. On a voulu rendre un coup de chapeau à l’écrivain » que Jean-Marie-Gustave Le Clézio, en voyage, avait retenu. Il y a chez ces tontons « électeurs », un air potache qui fait plaisir à voir mais qui tranche avec la solennité voulue de la circonstance.

 

Crédit photo : Bruno CHAROY


C’est vrai que c’est amusant de consacrer un lauréat qui ne faisait pas partie de la dernièremedium_pennac03.2.jpg sélection. C’est vrai que c’est amusant de récompenser un auteur qui vient de sortir 230 000 exemplaires de son livre en trois semaines. C’est vrai que c’est amusant de penser que le Renaudot, cette année, se vendra certainement mieux que le Goncourt, avec l’avance prise par Pennac, la renommée de l’écrivain et de son éditeur Gallimard. C’est vrai aussi que ça doit être amusant, quand on est juré Renaudot, de griller la priorité du Prix le plus vendeur de l’automne au Goncourt. Et c’est vrai que ça doit être très amusant de faire enrager les éditeurs en cassant les codes minutieusement établis qui prédestinent les auteurs aux prix mieux que les infantes aux jeunes rois.


Score : Gallimard un Goncourt par truchement, et un Renaudot en nom propre.

C’est un beau bazar maintenant, pour les autres prix en piste. Les Femina et Medicis ont rendu leurs dernières sélections lundi en fin de journée. On imagine que les jurys ont dû sacrément cogiter l’après-midi. Le Baisers de cinéma d’Eric Fottorino était un parfait prix Femina, mais il est griffé Gallimard. Le Prix décembre remis ce mardi, devrait* théoriquement être attribué à Yannick Haenel, un auteur Gallimard de l’écurie Sollers, mais ça fait beaucoup, non ? Et l’excellent La Chaussure sur le toit de Vincent Delecroix à qui on prêtait l’Académie française avant… un changement de cap de l’institution, et à qui on aurait bien vu un Médicis, mais c’est encore un Gallimard ! Olivia Rosenthal, bien placée pour le Wepler, publie chez Verticales, donc dans le groupe de… on n’ose plus dire le nom. Ca glousse autour des buffets. Disons les choses : la production de Gallimard est d’excellente qualité, particulièrement depuis une bonne année. Comme la production des éditions de l’Olivier, remarquable cette rentrée. On pourrait peut-être créer un prix qui récompenserait plus franchement et exclusivement les éditeurs pour la qualité de leur production sur une période donnée. En attendant, on félicite Antoine G qui sait publier des livres et les faire couvrir de prix.

 

*Toutes ces élucubrations ne sont que pures spéculations journalistiques que n’étaye aucune preuve, pensez-bien, sinon une petite expérience et quelques analyses confraternelles sur lesquelles tout le monde s’accorde mais qui ne peuvent pas être sourcées. Sinon les scandales éclateraient plus au jour, et les jurys de prix littéraires seraient sans doute tournants.

05 novembre 2007

Bravo Antoine ! Du Goncourt…

Chaude ambiance au Drouant ! Les jurés se sont rebellés : pas question de tremper dans la manigance, marre des magouilles, rigolons un peu. Alors ils s’en sont payé une bonne tranche. medium_KIF_0335.JPGLe Renaudot, surtout, était transformé en repaire de garnements : la bande à Besson, président cette année, donc voix compte double, flanqué de ses complices Franz-Olivier Giesbert (mon Boss au Point, hé hé), Christian Giudicelli ou Jean-Noël Pancrazi. Pas possible de sortir une phrase sans un sourire de chat gourmand des uns ou des autres. L’humeur était bonne et belle. On verra dans le prochain post ce qui, peut-être, étirait ces sourires de chats gourmands. Côté Goncourt, c’était plus convenable, mais moins « jeune » aussi. En l’absence de Françoise Mallet-Joris (éditée par Grasset… oui, on va dire les choses comme ça pour rester jésuite et précis jusqu’au bout), et Michel Tournier (édité par Gallimard), l’un des frondeurs était ce garnement de Didier Decoin, la bonne humeur personnifiée et la malice au coin de l’oeil, qui me confiait à Brive il y a dix jours son penchant pour le livre de Leroy. Robert Sabatier aussi n’en a fait qu’à sa tête, en votant pour Amélie Nothomb alors qu’elle n’était plus sur la short list. Michel Tournier avait fait la même chose avec Stéphane Audeguy l’an dernier. La petite jeunesse Françoise Chandernagor, trésorière, a pensé cette année à apporter le chèque de 10 euros destiné au lauréat et encore en blanc au moment de la photo (voir ci contre). Pour la cagnotte, bien moins importante que les 30 000 euros du Prix Décembre remis ce midi à l’hôtel Lutétia, point n’est besoin de se soucier pour l’auteur :  le prix, c’est pour la gloire, mais les ventes suivent en général à hauteur de 300 000 exemplaires vendus (en dessous, le Goncourt est un bide).medium_KIF_0340.JPG

On s’apprêtait donc à remettre les Prix Goncourt et Renaudot à 13h, pour l’ouverture du journal télé. Comme l’an dernier, les journalistes ont été entassés au rez-de-chaussée, bien collés les uns contre les autres, certains avec un morceau de micro ou de caméra fiché dans la tempe. Et on attendait que les jambes des jurés apparaissent dans l’escalier. Oui, parce qu’à moins d’être au premier rang, on ne voyait pas grand-chose de tout ça. Surtout quand on mesure 1,68m talons compris, comme moi. Finalement Didier Decoin a fini par descendre, avec une autre paire de pantalons à pinces, dont tout le monde a vu l’occupant à la télé sauf nous qui étions bien gênés au milieu du paquet humain. medium_KIF_0336.JPGEvidemment, sans sono, on n’a rien entendu ou presque. A part les « 14 tours de scrutin » pour départager le Goncourt et les 10 pour le Renaudot. Ca ressemble à du coup de cœur, ça, mesdames et messieurs les jurés ! Gilles Leroy, Daniel Pennac, les noms sont lancés, les jurés remontent se planquer et les journalistes font comme ils peuvent.
Ca a surpris : Marion, l’attachée de presse de Leroy qui est une vraie supportrice de son auteur, était tellement sûre qu’Olivier Adam remporterait le prix qu’elle a à peine pensé à ouvrir la radio à l’heure dite. Le lauréat du Goncourt a appris la bonne nouvelle après tout le monde.  Revenons sur place, où la tension aurait pu être démoniaque et la cohue meurtrière. Quelques mots échangés avec Pierre Assouline, sélectionné sur la première liste du Goncourt, et on s’aventure en binôme au premier étage où les jurés des deux prix s’apprêtent à passer à table. Mais chacun dans sa salle. Celle du Goncourt est tout de suite à droite en arrivant à l’étage, le Renaudot, c’est un peu plus loin au fond du couloir.


Plutôt que de faire des phrases, il est tard et ça va finir par faire un trèèèès long post, voici une sélection des petites phrases recueillis auprès de Françoise Chandernagor-jurée-Goncourt, entre fourchettes et micros, avant que le déjeuner gastronomique ne commence et qu’on ne vire les parasites de l’auguste salon moquetté.

medium_KIF_0337.JPG
 « Le choix a été difficile, il y avait beaucoup de bons livres et ce n’était pas facile de se décider surtout entre les deux leaders (Adam et Leroy, NDLB), longtemps ex æquo qui étaient très différents mais très intéressants, dans leurs styles et dans leurs sujets.»

La même d’avouer à propos du livre du lauréat, Alabama Song (Mercure de France) : « L’histoire du couple mythique qu’étaient les Fitzgerald me fait rêver. Je vois quand même les choses du point de vue de Francis Scott. Gilles Leroy présente Zelda comme la première féministe. C’est magnifiquement écrit. »Mais coup de théâtre ! « J’aurais aussi été contente d’un autre choix. J’étais ravie de voir autant de femmes dans la sélection mais comme m’a dit Bernard (Pivot), on a couronné le livre dont l’héroïne est une femme ». Consolée, Françoise ?


La petite phrase à méditer : « Les auteurs comptent plus que les éditeurs. Je m’y emploie depuis que je suis dans ce jury. Je crois. Il faut que ça le reste. » Ah bon ? Parce que ce n’était pas évident ? Mince alors !

Faisons les comptes : Un Goncourt à Gilles Leroy, c’est un Goncourt pour le Mercure de France, une première depuis 1995, donc un Goncourt pour Gallimard, c’est le même groupe.(à suivre)

 
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