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28 mars 2007

Coulisses d'un salon plein de livres

Qui a dit que les littéraires étaient des bras mous, binoclards blafards qui vivent dans leur tête ? 

Quand je ne blogue pas, je vais chercher de grands sacs gonflés de paquets de livres à la Poste. Je les décachette après les avoir manutentionnés.

La surproduction, c’est aussi une réalité -lourde- pour les journalistes qui travaillent chez eux.

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Voici l’équivalent d’un mois de poste : 4 sacs postaux qui engloutissent un tout petit salon. Ca donne une idée, même si mon appareil photo n’est pas un grand angle.

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Après une matinée consacrée à l'ouverture des enveloppes...

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 Il faut vraiment aimer lire, non ?

 

Bien sûr, je ne compte pas ici les arrivées de livres par coursier. Comme des petits cadeaux tous les jours.

Allez, j’avoue : pour cette livraison-ci, c’est Jean-Christophe et Carine de la Poste qui sont venus me les porter (au 6e sans ascenseur). Encore merci !

23:50 Publié dans Coulisses | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : Poste, Livres

24 mars 2007

Best sellers : ventes dans le flou

J'ai connu comme un trou d'air entre la fête des femmes et le début du printemps. Un déblogage sans doute. J'ai donc passé sous silence un premier rendez-vous littéraire, qui avait lieu début mars, et qui a réuni au restaurant Le Procope (Paris 6) les écrivains qui ont vendu le plus de livres en 2006 (classement l’Express-RTL-Tite-Live). Ils étaient 30 sur la photo de groupe, mais beaucoup moins nombreux à rester déjeuner. On les comprend. Les 8 années précédentes, on leur servait un repas fin. Cette année, c'était buffet froid.

Les petits nouveaux, Nicolas Fargues, J’étais derrière toi (POL) ou Claire Faÿ, Cahier de gribouillage pour les adultes qui s’ennuient au bureau (Panama), ont rejoint les habitués, Amélie Nothomb, Bernard Werber, Eric-Emmanuel Schmitt pour Albin Michel, Jean d’Ormesson ou Marc Levy pour Robert Laffont, et Jacques Attali et Erik Orsenna pour Fayard. Mais combien de livres, au juste, ces auteurs ont-ils vendu ? Une polémique déclenchée par des éditeurs à ce sujet, Bernard Fixot en tête pour XO éditions, avait secoué l’édition ces dernières semaines. Avec dialogue-réglement de compte par Livres Hebdo interposé.

Mises en cause, trois méthodologies qui définissent les meilleures ventes : Ipsos,Tite-Live et GFK. Les ventes des Bienveillantes, de Jonathan Littell, étaient évaluées en février à 395 000 exemplaires par Ipsos, 503 435 par GFK, et 549 200 par Tite-Live. L’écart de 39 % laisse perplexe. « Il faut douze à dix-huit mois de vente pour savoir à combien d’exemplaires un livre s’est vendu », précisait Christine Ferrand, rédactrice en chef de Livres Hebdo, hebdomadaire des professionnels du livre, dans son enquête sur les meilleures ventes 2006. C'est à dire qu'en ce mois de mars 2007seuls les chiffres des ventes de la fin 2005 sont validés fermement. Justement, ceux qui n'intéressent plus personne aujourd'hui !

Actuellement, Jean-Christophe Grangé est en tête des ventes. Seule certitude : ses livres se vendent mieux que ceux de Régis Jauffret, 46e (attention, on parle ici de quantité, pas de qualité). Grangé a donc de bonnes chances d’être invité au Procope l’an prochain. Restera-t-il jusqu'à la fin du buffet ? 

 

On envisagerait de se tourner vers le modèle anglais. C'est tendance, la Grande Bretagne : Nicolas Sarkozy ne cesse de se référer à des exemples de réussite anglaise dans les débats télévisés. Côté livres, depuis 11 ans, la Grande Bretagne s’est équipée d’un système de suivi des ventes grandeur nature et en temps réel, BookScan. Cet outil de gestion fait l’unanimité auprès des éditeurs, des libraires et de la presse, dans un pays où le prix du livre est soumis à la concurrence. L'édition a le regard rivé, mais perplexe, vers cette expérience réussie par la perfide mais néanmoins européenne et ingénieuse Albion. A suivre, donc. Quant à se tourner, on se rassure, les épaules n'ont pas encore réellement pivoté. Bientôt en France ? Au train où vont les contestations, peut être. Sauf si les esprits se calment, les colères se tempèrent et que tout redevient "comme avant", houleux mais sans tempête. Changer, mais surtout le dire et pas trop bouger quand même. Ca pourrait faire du vent.

22 mars 2007

Vieux Garçon, Bernard Chapuis

Lisez Vieux Garçon, le roman de Bernard Chapuis sorti en janvier : il fait ressurgir des émotions qu’on pensait trop enfouies. Le secret des livres de Chapuis, ce qui fait leur charme indescriptible, c’est leur musique légère, leur grâce à raconter des histoires simples et profondes. Vieux Garçon n’y déroge pas : ce livre est une expérience à découvrir par soi-même.

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L’auteur y raconte les 17 ans d’un adolescent qui pourrait être un jeune homme d’hier aussi bien que d’aujourd’hui. Il brouille les pistes avec l’espièglerie d’un sexagénaire qui raconte une époque en se souvenant d’une autre, la sienne : il y a bien dans son histoire un TGV et des téléphones portables, mais Paul, son narrateur, est un fan de Newman, non de Brad Pitt, et lit du Melville. Un récit intemporel, donc, qui relate les vacances des quatre copains, Paul, Furtif le loquace, Adham et Agnès, embringués en plein mois d’août dans une folle histoire de coffre-fort pillé. Un roman policier pourrait commencer avec, dans les rôles clés, une jolie Chinoise et un père mystérieusement disparu sept ans auparavant. Bernard Chapuis esquive la facilité et entraîne dans une aventure plus personnelle. A ce stade du livre, le lecteur est mûr pour suivre le narrateur dans le rocambolesque, coude à coude, à hauteur d’homme : il s’agit bien plus que des pérégrinations estivales d’un jeune homme de 17 ans, mais plutôt de la douloureuse confrontation avec la figure du père à laquelle les garçons de tous les âges ne parviennent jamais vraiment à échapper.

C’est ici que se rejoignent toute la force et l’émotion du livre.

Ca suinte la jeunesse et le désir vagabond, les peaux salies par la terre, et les tee shirts trop portés… mais toujours bien coupés : Bernard Chapuis habille ses personnages avec soin, et sait décrire, avec une précision vicieuse, la veste « à deux fentes de 17 centimètres », et « les bas de pantalon à 19 centimètres de largeur, revers à trois centimètres » du « costume croisé de toile gris clair » de l’inspecteur de police chargé de l’enquête. On y retrouve l’appétit du séducteur dans les amours joyeuses de ses personnages, mais aussi un motif récurrent chez l’auteur, l’émulation amoureuse et fraternelle entre des hommes qui courtisent la même femme : ici, le quatuor formé par Paul, Furtif, Adham et Agnès, renvoient au trio très Jules et Jim de Mina avec Etienne et Micha dans « L’Année dernière » (1999), ou de Roum avec Sol et Rameau de « L’Amour du temps » (1980).

 

Ces détails renvoient à la personnalité d’un écrivain qu’on a beaucoup décrit comme un dandy, un séducteur à l’humour élégant. On aurait envie de dire qu’il écrit à l’avenant, tant son style lui ressemble. Mais il y a trop d’aisance, trop de spontanéité dans ses textes pour éluder le travail exigeant, opiniâtre, d’un écrivain qui n’a pas encore écrit cinq romans en trente ans. L’œuvre laisse ainsi échapper quelques traits de l’auteur, c’est de bonne guerre, ils ne sont pas communs : journaliste à Combat distingué pour son impertinence, renvoyé de Elle pour insolence, mais aussi rédacteur en chef de l’Evénement du jeudi, chroniqueur au Monde, ancien rédacteur en chef de Vogue hommes, entre autres. Chapuis, c’est une époque, celle d’un journalisme qui fait briller les yeux des impétrants d’aujourd’hui.

Depuis « Terminus Paris », en 1978, la critique déborde d’adjectifs pour cerner le personnage, et tenter de définir la petite magie de ses livres. On ne se lasse pas d’y trouver des émotions, des bribes de nostalgie légère, des images qui jaillissent et des sourires, tous ces petits quelques choses qui semblent familiers alors même qu’on les découvre, et qui n’emmènent nulle part ailleurs que là d’où l’on vient, et où l’on était si bien.

 

Karine Papillaud

Paru dans Le Point (janvier 2007)

Photo de Francesca Mantovani/Stock

21 mars 2007

Comment se faire éditer ?

Serions-nous tous des écrivains clandestins ? Heureusement non, mais nous côtoyons tous, à défaut de toujours les connaître, des auteurs qui se rêvent écrivains mais qui n’osent pas se lancer dans l’aventure d'une publication. La plupart du temps, ils ont raison de s'abstenir... Alors ils ouvrent des blogs. Ils ont raison aussi, ça fait la plume. 

J'avais fait un récapitulatif sur la question pour le journal du salon du livre 2006. Devant l'intérêt constant que vous manifestez pour la question, j'ai sélectionné les principaux éléments ci-dessous. Ensuite, à vous les commentaires !

 

Avant publication

Relisez-vous !

Faites la chasse aux fautes d’orthographe qui, trop nombreuses ou trop grossières, peuvent décourager la lecture.

Faites lire votre texte

Eh oui ! Le passage à l’écrit est une démarche importante pour qui se lance. A vivre dans son histoire, enfermé dans la bulle de l’écriture, on perd le recul qui permet de juger les qualités réelles d’un texte. La confusion naît de ce qu’on ne fait plus la part des choses entre le plaisir pris à écrire et celui que les autres prendront à vous lire. C’est alors qu’interviennent les amis, les vrais, ceux en qui on a une vraie confiance. L’important n’est pas seulement de pouvoir compter sur leur soutien indéfectible, qui sera utile dans les phases suivantes, mais de compter sur leur jugement sincère. La valeur de l’écriture tient souvent beaucoup plus à ce qu’elle a permis de libérer par la confession et la confrontation avec soi. La valeur littéraire est une autre affaire.

Protégez votre manuscrit

Si votre entourage, très très enthousiaste, et votre envie, irrépressible, vous encouragent à tenter la grande aventure de la publication, pensez tout d’abord à protéger votre texte. Il serait mortifiant de l’envoyer à tous les éditeurs et de retrouver ultérieurement des idées ou des tournures que vous reconnaissez comme vôtres dans les textes des autres. Réflexe paranoïaque ? La prudence est de mise et, à ce stade de votre démarche, un peu de rigueur et d’organisation sont toujours un bon pli à prendre. Il est donc conseillé d’envoyer sous pli cacheté son tapuscrit à un notaire ou à la Société des Gens de Lettres qui, moyennant une somme de 45€, conserveront votre œuvre cachetée pendant 4 ans.

Se faire connaître

Les concours littéraires

Les médias s’étourdissent à parler de prix littéraires qui naissent plus vite que des champignons et s’éteignent parfois plus rapidement que des feux follets. On a même connu des prix qui ont été créés sur mesure et a posteriori pour des livres qu’on souhaitait célébrer… Bref, les prix ne manquent pas mais ils concernent des livres déjà publiés, ce qui n’est pas encore votre cas. Pensez aux concours de romans, de poésie ou de nouvelles. Des revues organisent des concours, généralement de nouvelles, comme Le Matricule des anges, le Coin des poètes ou Hauteurs. Très nombreux un peu partout en France, les concours sont plus ou moins bien dotés : le Prix Calypso propose la publication du texte du lauréat et une soirée de lecture en son honneur ; le Prix Pégase, organisé par Maison-Laffitte, récompense son gagnant par 1 600 euros. Un concours remporté est un premier argument pour être repéré et ensuite présenter son livre à un éditeur. Sans compter qu’il s’agit d’une première reconnaissance par des professionnels, ce qui est très encourageant.

Contacter les éditeurs

Voici le moment de retrousser ses manches pour de bon. Il va falloir choisir les éditeurs, préparer l’envoi, organiser le suivi et surtout, décider comment s’y prendre.

Méthode classique

La première solution est d’envoyer simplement son manuscrit par la poste, accompagné d’une lettre de présentation. Soyez concis, sobre, évitez les effets de style ou la survente de votre texte. N’oubliez pas que les éditeurs sont des professionnels du texte et de la phrase !

 Il va de soi que vous n’envoyez pas l’original de votre œuvre mais un exemplaire photocopié et dûment dactylographié : aucun éditeur ne se donnera la peine de déchiffrer votre écriture. Ecrivez plutôt votre texte sur ordinateur, imprimé sur le recto des pages avec un interligne aéré et de larges marges : une présentation agréable et sobre rendra votre texte facile d’accès et donnera envie de le lire. Il est inutile de joindre une disquette, avant un premier avis –favorable- de l’éditeur contacté.

 

A l’américaine

Plutôt que d’envoyer l’intégralité de votre texte, surtout s’il compte plusieurs centaines de pages, vous pouvez préférer envoyer des extraits ou même un synopsis. C’est ce que l’on appelle un démarchage à l’américaine. Cette méthode permet d’économiser les frais de photocopies et d’envoi à l’expéditeur, et de réduire les coûts postaux à l’éditeur qui, en cas de refus, n’a pas à renvoyer un lourd manuscrit mais une simple lettre de remerciement.

Dans tous  les cas, tenez un planning rigoureux de vos envois. Vous aurez contacté une dizaine d’éditeurs en moyenne, il est important de noter dates, noms et adresses dans un fichier. Relancez par écrit ou par téléphone les éditeurs qui ne vous auront pas donné de nouvelles (pour une réponse positive ou non) après trois mois.

Le plus difficile vous attend désormais : il va falloir être patient, les délais de réponses peuvent être très longs. C’est à ce moment que le soutien de vos amis prendra toute sa valeur.

Si votre manuscrit est refusé 

Relativisez ! Les éditeurs retiennent à peine 1 % des textes qu’ils reçoivent…Si le refus vous est signifié par lettre-type, vous pouvez tenter d’obtenir quelques explications supplémentaires en adressant un courrier de demande. C’est pour vous la chance d’obtenir la critique d’un professionnel sur votre travail et, pour mortifiant que l’exercice de la critique puisse être, il n’en sera pas moins utile et constructif pour vous. Si en revanche, le courrier indique que votre texte a été lu avec attention, et précise les raisons pour lesquelles il n’a pas été retenu, restez-en là et tentez votre chance avec un autre éditeur.

Publier à compte d’auteur

Les éditions à compte d’auteur ne sont pas vraiment des éditeurs mais plutôt des sociétés de service. Il n’existe pas de contrat type, lisez donc attentivement le contrat qui vous sera proposé et n’hésitez pas à faire des comparaisons entre différents prestataires. Vous allez payer pour publier votre livre et les coûts ne sont pas négligeables. N’oubliez pas qu’un auteur qui vend lui-même ses livres ne touche pas des droits d’auteurs mais des revenus. Renseignez-vous auprès de la SGDL ou de la Société des Auteurs Auto-édités.

Cibler son éditeur

Rien n’est plus horripilant pour un éditeur que de recevoir un manuscrit qui ne correspond pas du tout à l’esprit de sa maison. Bon nombre d’aspirants commettent en effet l’erreur grossière d’envoyer leurs textes au petit bonheur. Si vous souhaitez qu’un éditeur s’intéresse à votre texte, faites l’effort de vous intéresser aux siens. Renseignez-vous sur les spécificités des maisons d’édition et prenez le temps de feuilleter leurs ouvrages dans les librairies et les bibliothèques. Les salons sont aussi une excellente façon de se familiariser avec la production d’éditeurs de taille plus modeste. Le contact peut être direct, la conversation s’amorcer. Vous mettez ainsi en place une bonne entrée en matière pour lui envoyer votre manuscrit quelques jours plus tard. Mais surtout ne commettez pas l’erreur de démarcher un éditeur sur un salon : ils ne sont pas venus pour recueillir la prose d’aspirants écrivains, mais pour se faire connaître et vendre leurs livres !

 

20 mars 2007

Suite du chat Salon du Livre

Vos messages sont arrivés en différé, pas eu le temps d’y répondre que j’étais déjà repartie. C’est qu’on ne flâne pas pendant les prolégomènes du Salon du livre ! Comme j’avais une ou deux choses à vous écrire pour ce blog, j’en profite pour mettre en ligne, non en chat mais sur mon blog, les dernières réponses à vos questions.

@ Siloé

Surtout pas ! Le cauchemar des éditeurs sur le salon est justement de voir arriver une cohorte de jeunes écrivains qui viennent déposer/proposer leurs manuscrits. Vous risqueriez d’obtenir l’effet inverse : une répulsion désespérée et tenace. Mettez-vous un peu à leur place... Il vous reste la bonne vieille méthode de l'envoi par courrier avec une lettre de présentation. Mais cela vous demandera une petite préparation et un ciblage préalable : commencez par repérer en librairie le "ton" des différentes maisons d'édition. Vous économiserez quelques timbres primo, et secundo il peut être agréable à un éditeur de sentir que vous vous adressez à lui en particulier, qu'il n'est pas un numéro sur votre liste. Par principe, mieux vaut éviter de faire les erreurs qu'on aimera reprocher à autrui. En bref, évitez les envois types pour éviter les réponses types.

Il existe aussi des concours d'écriture, renseignez-vous, les ouvrages sur la question ne manquent pas. Le marché des aspirants écrivains doit être florissant, eu égard à la flopée de guides ad hoc qui bourgeonnent sur les tables des libraires. Je vous en recommande un, malin et pratique, Le Livre aujourd'hui : les défis de l'édition par Claude Combet (Essentiels, Milan). Il est concis, très agréable à lire, et offre un panorama aussi complet que possible du monde de l'édition.

Avant tout, sélectionnez autour de vous quelques bons lecteurs et amis sincères. Leur avis vous sera précieux. N'envoyez rien avant de sentir que vous êtes allé au bout de votre exigence. Quitte à laisser reposer quelques mois avant de poster. La gloire peut attendre un peu, non ? Donc bossez, bossez, structurez, bossez et saignez un peu. L'écriture ne vient jamais "comme ça et hop".

 

Message personnel de la journaliste littéraire : épargnez-nous, s'il vous plaît, les errances sardo-cyniques, pseudo rigolotes ou pleinement lugubres des jeunes urbains qui partent à vau-l'eau dans une société dans laquelle ils font mine de ne pas se reconnaître. Des livres qui s'étirent en descriptions minutieuses du minuscule, où, de toute façon, il ne se vit rien d'intéressant, ni pour les personnages, ni pour le lecteur. On en a déjà plein des comme ça. Franchement, à moins d'être le génie du XXIe siècle qu'on n'est pas encore pressé d'avoir trouvé dans cette veine-là, abstenez-vous. C'est à dire que pour ma part, je n'en raffole pas, mais vous avez sûrement déjà compris. (Merci).

Vous m'avez convaincue de ressortir d'une vieille malle un petit guide concocté l'an passé sur le sujet. C'est la note suivante de ce blog : http://livres.20minutes-blogs.fr/archive/2007/03/21/comme...

 

 

@Ginovabene

« s’enrichir »… aïe, voilà un mot bien inapproprié. A bannir tout de suite. L’assouvissement de votre passion doit être votre but premier. Si ça marche, tant mieux, si vous gagnez votre vie, félicitations. Mais un écrivain n’a jamais de business plans dans ses tiroirs.

Si vous voulez écrire pour le cinéma, faites un scénario. Si vous voulez publier un roman, écrivez un livre. Ne mélangez pas les genres sous peine de faire des choses inintéressantes ou médiocres. Quel intérêt de tout plaquer pour bricoler des petites pompes à fric, n'est-ce pas ? De mémoire (elle est un peu myope mais pas trop), je ne crois pas qu’il y ait plus de 150 à 200 écrivains qui vivent de leurs textes en France. C’est peu, très peu. Mieux vaut donc quand même passer son bac d’abord…

Je vais aussi publier (et remanier, pour éviter l’effet « j’ouvre une conserve, le frigo est vide ») les deux-trois articles qui vont paraître sur le salon du livre et le bookcrossing dans 20 minutes. Sur ce blog à partir de vendredi.

 

 

A propos... VS Naipaul ne sera pas sur le salon, avis à Elef !

08 mars 2007

Jeune fille, d'Anne Wiazemsky

 « La petite-fille de François Mauriac fait du cinéma », titrait France Soir à l’époque. Anne Wiazemsky raconte sa rencontre avec Robert Bresson en 1965. A 17 ans, elle est l’héroïne du film Au hasard Balthazar. Le temps d’un été, le tournage met au jour la relation, faite de manipulation, de sadisme et de séduction, entre la jeune fille pas si candide, et son pygmalion. Se dessine en filigrane une époque où les femmes peinent à s’émanciper. Le texte, vivant, a le petit goût de madeleine du cinéma de ces années-là, qui fait lire le roman en noir et blanc.

Jeune fille, de Anne Wiazemsky (Gallimard)

Du swing à la Clos'... et DSK

J'ai croisé DSK, accompagné de Madame, hier soir à une soirée littéraire (Prix littéraire de la Closerie des Lilas). C’est ballot, ils sont encore arrivés après la fête… Sa nouvelle fonction est-elle celle de sergent recruteur auprès de la jeunesse dorée et désoeuvrée parisienne ? Sa femme semblait toute contente, accoutrée, événementielle. C'est un peu triste qu'une fin de soirée à la Closerie les/la mette dans un état pareil. Ca ressemblait à une levée de punition, une sortie de placard, ou Taxi 4.

 

Dommage, parce que la soirée était très réussie. Sortant, deux jours avant, d’une fête qui avait le peps des commémorations du 11 novembre ( les meilleures ventes de l’année au Procope, voir note sur Brad-Pitt), c’est en traînant les pieds et avec une heure de retard que je suis arrivée à « la Clos’ », comme disent les habitués. Pour ceux qui n’en sont pas (des habitués), la Closerie est un repaire d’écrivains et d’intellectuels, une institution parisienne, l’adresse de Jacques Lanzmann qui habitait juste au-dessus, l’endroit où l’on côtoie Carlos comme Philippe Sollers. Baroque, donc. Et là, surprise : une bamboula à tout casser. Aux manettes les trois djettes des Putes à Franges, juchées sur de très jolies chaussures compensées en liège. Le Prix de Flore, en plus joyeux, et moins bondé.
Effort de mémoire. Patrick Chesnais était là, un peu timide mais à son aise, Xavier de Moulins
 de Paris Dernière filmait la surboum et les people (pas si discrète la caméra avec son gros flash), Frédéric Beigbeder rameutait des copains pour une soirée chez Castel à suivre. On a pu voir Joël de Rosnay ébaucher un petit swing des genoux, diabolique, Bernard Werber en velours côtelé (promis, je n’ai bu que du jus de pastèque, nature), et Patrick Poivre d’Arvor en piqué sur le buffet. Et puis des éditeurs, des journalistes, des écrivains évidemment, des attachées de presse, des copains, des connaissances, des relations de travail, des hirondelles, bref des têtes qu’on a forcément vues quelque part puisqu’« on en est ». Une foule étonnante et ravie d’être là. Ce qu’on a dû s’embêter tout cet hiver !

J’oubliais, c’est Anne Wiazemsky, pour Jeune fille (Gallimard), qui a reçu le prix du Prix de la Closerie des lilas (ma petite notule sur le sujet, parue dans 20Minutes)  Elle est la première lauréate de cette nouvelle récompense, décernée par un jury de femmes. Essentiellement blondes et journalistes. La soirée était organisée par une brunette, Suzanne Jamet , à qui l’on doit cette très belle première.

06 mars 2007

Hoax : Brad-Pitt n’est pas celui que vous croyez !

Retour du restaurant le Procope (Paris 6) où avait lieu ce midi le déjeuner annuel organisé en l’honneur des meilleures ventes de livres de l’année : éditeurs, écrivains, journalistes et attachées de presse massés autour des petits fours. Cette année, ce n'était pas un déjeuner assis, on a moins bien mangé. D'ailleurs les écrivains se sont tous envolés très vite. Vous verrez la photo de famille dans l’Express daté 15 mars.

 

J’y ai rencontré Amélie Nothomb qui est l’une des incontournables de la cérémonie. L ’occasion d’élucider le mystère qui veut qu’elle soit l’auteur d’un site désopilant, La vie rocambolesque et insignifiante de Brad Pitt Deuchfahl. Je lui pose la question qui me turlupine, Amélie est délicieuse. Elle me répond, navrée, qu’elle ne sait même pas faire fonctionner un ordinateur. Alors concocter un site satirique, bourré d’informations pastichées…. C’est un peu irréaliste. L’accent est sincère, l’œil franc. Ma déception palpable aussi. Tranquillement, elle me dit pouvoir le prouver : « asseyez-moi simplement devant un ordinateur et vous verrez par vous-même que je ne sais rien en faire ». Amélie Nothomb écrit tous ses livres à la main, sur des cahiers qu’elle confie ensuite à une dactylographe « qui a de bons yeux ».

Elle reçoit beaucoup de courriers lui demandant des informations sur ce fameux site dont l’auteur reste décidément bien mystérieux. Avis aux informateurs !
Première conclusion de l’affaire : Amélie Nothomb en ado drolatique et boutonneux, c’est un hoax ! A suivre…

 
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