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30 janvier 2007

La littérature qu'on enseigne

Lu dans les Indiscrétions du Point sur le net : "Du rififi dans l'enseignement de la littérature française
Le sémiologue d'origine bulgare Tzevtan Todorov ouvre un débat en déplorant que l'enseignement des œuvres soit enseveli sous un discours post-structuraliste, qui jargonne dans un charabia pseudo-scientifique. Une position relayée par la vice-présidente de la Maison des Ecrivains, Anne-Marie Garat, qui accuse l'Education Nationale de laisser « la filière littéraire de l'enseignement secondaire en voie d'extinction ». Ironie de l'histoire, l'inspection générale de l'Education Nationale a elle-même remis récemment un rapport alarmiste au ministre sur le « déclin des sections littéraires dans les lycées »… En attendant la réponse du ministère, les écrivains espèrent déclencher un mouvement chez les lycéens… © Le Point, 19/01/07."

La sémiologie qui, elle non plus, n’est pas toujours insensible au virus du jargon, à l’attrait de certain enfermement dans ses propres codes. D’après mes vieux souvenirs de fac…

Evidemment, T. Todorov et A.-M. Garat ont raison. C'est drôle comme on n'a pas l'impression de découvrir le problème... Mais quel scandale d’attendre toujours que l’action vienne des lycéens, alors qu’on pourrait laisser tranquillement bosser les futures forces vives de la nation, pendant que des autorités dites compétentes (eh oui, on a quelques soupçons sur la question, fatalement ), dont le métier revient justement à se poser ces questions et à les faire avancer, s’en chargeraient. Qui (ne) fait (pas) son boulot dans l’histoire ? Et si on commençait par mettre quelques pragmatiques dans l’élaboration des programmes ? Et si on arrêtait de créer des expressions toutes neuves pour initier des actes judicieux ? Et si les super intelligents qui décident de ce que nos rejetons doivent savoir et comment ils doivent l’apprendre, essayaient justement de se renseigner sur ce que c’est, un môme, plutôt que de recourir à des souvenirs oblitérés ?

Commentaires

Il est très bien ton blog!;-)
On pourrait faire blog commun...!;-)
J'attends ton appel pour répondre aux 5%

Gilles Cohen-Solal
P.S: le prochain Pelot promet d'être exceptionnel, vraiment exceptionnel...comme d'habitude...mais en mieux!
La bise

Écrit par : Gillou le fou | 01 février 2007

Le papier est sorti aujourd'hui, mon beau Gilles ! Un quotidien, ça va toujours très vite. Super ton blog, on y retrouve ta gouaille et ton franc parler, ça fait du bien. Mention toute particulière à ta dernière note sur les vrais-faux chiffres de l'édition : http://editionseho.typepad.fr/weblog/
J'en parlerai bientôt.
T'embrasse aussi.
K.

Écrit par : kpapillaud | 01 février 2007

Il est exact que les programmes et les manuels EXIGENT du professeur qu'il fasse lire des extraits de texte, mais pour les fuir immédiatement vers des considérations linguistico-sémantico-logico..., comme si les auteurs avaient usé de la langue pour narrer des histoires qui devraient être immédiatement traduites dans des problématiques de perspectives scientifiques sur la langue ! Les programmes, donc les manuels, donc les inspecteurs d'académie, donc in fine, l'Education Nationale TELLE QU'ELLE est dirigée actuellement, nous fait marcher sur la tête, et il est du coup fatal que les filières intellectuelles, de lettres et de philosophie, aient tant de difficultés. Mais il appartient aux professeurs qui ont encore des restes de cellules grises, un minimum de sens civique et une dose, même légère, de courage, de prendre la parole, publiquement, de dénoncer l'entreprise, savante, de décervelage interne et externe, interne avec des programmes inadaptés et qui dégoûtent les élèves, et externe, avec un monde médiatique qui exclut toujours plus les auteurs, les écrivains, ..., des plateaux, des émissions télé, ... Tout se tient, n'est-ce pas ? !

Écrit par : grellety | 21 février 2007

Tout se tient, en effet, et votre démonstration, intelligente et fluide, en témoigne. Merci Grellety !
Pour ce que j'en sais, les bonnes volontés parmi les profs (et elles seraient nombreuses) sont juste écrasées par un discours dominant qui tient plus du passéisme soixante huitard, tenu par certains syndicats obsolètes et/ou vieillissants. Elles peinent à se faire entendre et se démotivent dans leur coin. Certains se reconnaissent?

Écrit par : kpapillaud | 21 février 2007

"nous font marcher" sur la tête, vous avez rectifié, bien entendu ! J'ajoute que le cynisme actuel de la direction de l'Education Nationale est insondable. Car alors que le Ministre catholique tonne dans les médias qu'il faut que les jeunes citoyens parlent et écrivent en bon français, il a, dans le même temps, continué la "politique", enclenchée par M. Fillon, de suppressions de milliers de professeurs. Le français est le cadet de ses soucis, mais c'est un magnifique moyen de manipulation des esprits. De la pure "politique spectacle". Enfin, cette élite parisienne, administrative, mais aussi médiatique, parle un français raccourci, rabougri, "rationalisé", sec comme un coup de trique, et surtout sans âme et sans saveur, et leur Français parlé a un lien avec le desintérêt, apparent, des jeunes pour la langue et la littérature. Les adultes et les personnages importants de l'Etat sont des exemples pour les jeunes, et dans ce cas, de mauvais exemples... Il faudrait que les professeurs, dans les écoles, soient des magiciens ! Je veux bien essayer, à condition que l'on me laisse faire à ma manière... Or, cette "liberté pédagogique" n'existe pas !

Écrit par : grellety | 23 février 2007

Les commentaires sont fermés.

 
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