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15 octobre 2008

Foire de Francfort et dématérialisation du livre

Coucou c'est mon retour !

Dur dur d'assurer un blog en période de rentrée littéraire ! Et c'est un retour de pareseuse que le mien aujourd'hui. Je profite de l'ouverture de la 60e Foire de Francfort (le lieu où se négocient les droits des livres publiés dans le monde entier) pour reproduire in extenso (parce qu'il est bien écrit et totalement factuel) un article de mon excellente consoeur Anne-Laure Walter qui livre, dans les colonnes du journal professionnel Livres Hebdo, les résultats d'un sondage étonnant sur le livre électronique.

Les sceptiques vont prendre un coup derrière la tête, tant le marché mûrit, réfléchit et se prépare à toute vitesse.Le débat est ouvert !

"La Foire de Francfort a interrogé 1 000 professionnels du monde entier sur la numérisation et ses impacts sur le marché du livre.


Plus de 70% des professionnels du livre se disent prêts à relever le défi numérique dans une enquête réalisée auprès de 1 000 d’entre eux venant de 30 pays par les organisateurs de la Foire internationale de Francfort, qui ouvre ses portes le 14 octobre.

40% des personnes interrogées pensent que les contenus dématérialisés détrôneront les ventes de livres traditionnels à l’horizon 2018, même si un tiers considère que cela n’arrivera jamais, 12% estimant même que les e-books font l’objet d’un engouement passager et qu’ils seront passés de mode dans 60 ans.

Ces réponses sont, semble-t-il, liées au fait que le phénomène numérique n’en est qu’à ses prémisses puisque peu de professionnels du livre se déclarent familiers de cette nouvelle technologie et que 60% des sondés avouent ne jamais utiliser d’e-books ni d’e-readers.

Deux sondés sur trois estiment que le livre traditionnel va continuer à dominer le marché pendant au moins cinq ans. Rares sont ceux qui pensent que l’e-book (7%) ou l’e-reader (2%) sera leur principale source de revenus d’ici à 2013.

Enfin, à l’occasion du 60e anniversaire de la Foire de Francfort, ses organisateurs ont demandé aux sondés ce qui a changé à leur avis durant ses six décennies et ce qui va changer durant les six suivantes : 39% estiment que l’essor des ventes en ligne est l’événement le plus important des 60 dernières années, suivi du marketing (20%), des grandes surfaces culturelles (17%) et des foires du livre (15%).

Pour les 60 prochaines années, les professionnels prédisent la disparition des librairies indépendantes (un quart d’entre eux l’estime probable), celle des agents (21%), et même des éditeurs (14%) !"

12 septembre 2008

Concours de nouvelles autour du rock&roll

Je viens de recevoir un mail de Jean-Pierre Jaffrain, président de l'association Café Castor qui m'invite à relayer cette information.
C'est une incitation à la lecture, tous les détails sont donnés dans le texte qui suit, assorti d'une adresse mail pour en savoir plus.

Avis aux amateurs !

 

"Pourquoi ce concours?
« Un nouveau marché est né, celui du livre rock qui depuis quelques années approvisionne les rayons des librairies. (…) Toutes les maisons d'édition consacrent au rock nombre de références, de Flammarion à Gallimard en passant par Grasset, mais surtout de nombreuses structures indépendantes tentent de surfer sur le phénomène » prévient Christian Eudeline dans le numéro 57 de Rock'n Folk.
Et les quinquas, les quadras et surtout beaucoup de jeunes se bousculent pour acheter et lire ces livres. Chacun veut comprendre ce qui se cache derrière cette musique, percer le mystère. Et prolonger l'univers.
Si l'esprit rock se décline aujourd'hui sur papier, de nouvelles générations se pressent, la plume à la main à l'instar des jeunes groupes qui reprennent les guitares et investissent les scènes un peu partout en France. 
Tout donner, tout de suite. Se cramer, à fond, sans calcul. Comme pour le rock, plus c'est court, plus c'est efficace. Pour cela, le meilleur format est, définitivement, la nouvelle.
Petit rappel Larousse : « la nouvelle est un « récit bref qui présente une intrigue simple où n'interviennent que peu de personnages ».  La fin est souvent inattendue, et prend la forme d'une « chute » parfois longue de quelques lignes seulement ». Comme un dernier roulement de batterie. Pas de gras donc, de solos qui s'étirent ou de descriptions ennuyeuses. On garde l'essentiel.
Pour donner écho à ce phénomène, l'association Café Castor organise le 1er concours d'écriture de nouvelles liées à l'univers « rock ».
Il s'agit d'inciter chacun à prendre la plume pour décrire sa vision d'un des aspects de la musique rock, de confronter les mots à cet univers musical et d'encourager ainsi les talents.
Ce concours individuel est ouvert à deux catégories : jeunes (de 13 à 18 ans) et adultes."

 

10 septembre 2008

Flore et Goncourt annoncent la couleur

Elle vient de tomber ! Voici la première sélection du Prix Goncourt, remis cette année le 10 novembre.

• Jean-Baptiste Del Amo : Une éducation libertine (Gallimard)
• Salim Bach, Le silence de Mahomet (Gallimard)
• Christophe Bataille : Le rêve de Machiavel (Grasset)
• Matthieu Belezi, C’était notre terre, Albin Michel
• Jean-Marie Blas de Roblès : Là où les tigres sont chez eux (Zulma)
• Catherine Cusset : Un brillant avenir (Gallimard)
• Jean-Louis Fournier : Où on va, papa ? (Stock)
• Valentine Goby : Qui touche à mon corps je le tue (Gallimard)
• Alain Jaubert, Une nuit à Pompéi (Gallimard)
• Michel Le Bris : La beauté du monde (Grasset)
• Catherine Millet : Jour de souffrance (Flammarion)
• Patrick Pluyette, La traversée du Mozambique par temps calme (Seuil)
• Atiq Rahimi : Syngué Sabour (POL)
• Olivier Rolin : Un chasseur de lions (Seuil)
• Karine Tuil : La Domination (Grasset)

On attend la deuxième sélection, un écrémage parfois enrichi de surprises de dernières minutes pour le 7 octobre.

Le Prix de Flore a, lui aussi, donné ses favoris, et ce dès lundi 8 septembre. Cette année et c’est une première, le Flore sera remis avant le Goncourt, le 6 novembre. Les petits jeunes remontent le leader ? Leur deuxième sélection est attendue le 6 octobre.
• Pierric Bailly : Polichinelle (POL)
• Frédéric Ciriez, Des néons sous la mer (Verticales)
• Tristan Garcia : La meilleure part des hommes (Gallimard)
• Tristan Jordis : Crack (Seuil)
• Jean-Yves Lacroix : Le cure-dent (Allia)
• Fabrice Pliskin : Le Juif et la métisse (Flammarion)
• Régis de Sa Moreira, Mari et femme (Au Diable Vauvert)
• Karine Tuil : La domination (Grasset)
• Philippe Vilain, Faux-père (Grasset)
• Aude Walker, Saloon (Denoël)

Je note avec étonnement que les livres dont on parle tant, Zone de Matthias Enard (Actes Sud) ou Lacrimosa (Gallimard) de Régis Jauffret, ne figurent pas sur ces premières listes.

La compétition va être âpre cette année entre les différents jurys : pas question de remettre les prix à un même lauréat. Mieux vaut, en ce cas, être les premiers à tirer.

Cette année, le Goncourt et le Renaudot devront attendre que soient remis les Prix de Flore, Femina et Médicis. Et se « contenter » des impétrants laissés par leurs confrères !!

11:33 Publié dans C dans l'air | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : goncourt, flore

04 septembre 2008

« La littérature n’est pas une activité d’anorexique »

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(interview publiée dans le 20 minutes du 25/08/08)
-Régis Jauffret, Lacrimosa est votre nouveau roman. Dans ce livre, vous donnez la parole à un écrivain qui revient sur les quelques mois de son histoire d’amour avec une jeune femme, après qu’elle s’est donné la mort. C’est la première fois que vous écrivez quelque chose d’aussi personnel…
Oui, c’est la première fois. Cela m’a semblé nécessaire de le faire. Je me suis dit que si je n’écrivais pas ce livre, alors il ne servait à rien d’écrire. Je n’en sais pas plus aujourd’hui, sinon que l’écriture en  a été difficile. Il m’est plus facile d’imaginer que de chercher à trouver 
une réalité qui s’est déroulée.

-Ce dialogue entre un écrivain et une défunte renvoie-t-il à la relation entre un artiste et sa création, ou un romancier avec ses personnages ?
Je ne me pose pas beaucoup de questions sur la littérature. La Recherche théorique en ce domaine m’a toujours échappé. Les questions que je me pose sont simples et concernent le pouvoir qu’aurait la littérature à faire revivre des gens, ou l’illusion de penser que les arts ont des  pouvoirs occultes. Les questions simples appellent une infinité de réponses et sont donc insolubles et intéressantes. Les questions complexes sur le style ou la réflexion littéraire, même si elles ont l’air intelligent et  compliqué, aboutissent rapidement à des réponses précises et sans intérêt.

-La presse littéraire plébiscite ce livre qui pourrait faire un excellent Prix Goncourt…
C’est une malchance, la plupart du temps, les favoris ne l’ont pas ! J’ai accepté avec un grand plaisir les honneurs dont on m’a gratifié, comme le 124082034.jpgPrix Fémina pour Asile de fous en 2005 ou le Prix France Culture-Télérama l’an dernier pour Microfictions. Je serais donc ravi si je l'avais. Cela dit,  j’ai vécu 53 sans prix Goncourt, et je peux continuer encore pendant un demi-siècle.

-Pour un écrivain, un prix littéraire est important parce qu’il signe la reconnaissance de ses pairs… ou pour les chiffres de vente qu’il génère ?
Les deux. Le Prix Femina m’a fait sortir d’une sorte d’underground littéraire ce qui, en France, correspond à sortir de nulle part, puisque nous n’avons pas ici de littérature underground. Le danger des prix, c’est de rendre un écrivain académique. Et pour moi qui suis de plus en plus «intranquille » pour reprendre Pessoa, ce sera de toute façon impossible.

-Il y a une question que je ne vous ai pas posée et qui vous énerve, c’est quand on vous fait remarquer que vous écrivez beaucoup…
Oui, je trouve que c’est une drôle de question. Un athlète gagnera-t-il une médaille d’or en natation en allant à la piscine une fois par semaine ? Balzac, Joyce, Flaubert, Faulkner, Roth ont tous abondamment écrit. La littérature n’est pas une activité d’anorexique. On dit aussi qu’écrire est une souffrance. Comme si un écrivain souffrait plus qu’une caissière, ou un aide-comptable que son patron injurie toute la journée.

Propos recueillis par Karine Papillaud

Pour la Nuit blanche (4 au 5 octobre), 100 acteurs se relaieront pour lire les Microfictions de Régis Jauffret au théâtre du Rond Point. L’auteur y  lira à son tour Lacrimosa du 5 au 31 décembre 2008.


10:09 Publié dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : régis jauffret

03 septembre 2008

L'amitié selon Marie Nimier

Ah l’amitié ! Un des grands thèmes de la rentrée, avec notamment le roman d’Antoine Senanque, L’Ami de jeunesse (Grasset) sur lequel je reviendrai (méfiez-vous quand même).
L’objet de cette courte note, c’est le nouveau Marie Nimier, Les Inséparables (Gallimard).
L’auteur n’est-elle pas irrésistiblement lumineuse ?

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Les Inséparables raconte l’intense amitié qui lie deux filles, des années 60 jusqu’à l’âge de femme. Elles vivent dans le quartier des Champs-Élysées, mais en loyer « 1948 », autrement dit dans des conditions privilégiées pour des fillettes désargentées. L’une voulait devenir psychiatre, l’autre clown. La première devient écrivain, l’autre prostituée. Rien de bucolique ou de naïf, donc dans ce texte : l’amitié est guerrière entre ces deux gamines fauchées très tôt par la dureté de la vie. Les souvenirs personnels de l’auteur comptent pour beaucoup dans cette histoire pleine d’énergie, de violence et de sourires.
J’ai pour ma part été sensible à la manière dont la narratrice tente de retrouver, par l’écriture, le  moment où tout bascule, les moments où l’amitié se cabosse, l’instant impalpable où s’est déclenché l’éloignement dont elle souffre encore, une fois adulte. C’est un texte pudique, tout en retenue, mais qui ne mâche pas ses mots.

02 septembre 2008

Meilleurs moments d’interview avec Tristan Garcia

J’ai passé une bonne heure au téléphone avec Tristan Garcia pour préparer un article pour 20 minutes. Il a une voix rieuse et timide, et franchement, il ne se prend pas pour une révélation ou un Grantécrivain.
656227299.jpgLa meilleure part des hommes est annoncé comme l’un des meilleurs premiers romans de la rentrée, si ce n’est le meilleur. « Je ne suis pas très bien placé pour en parler, mais ça fait plaisir à entendre », rétorque son auteur, Tristan Garcia. Ce thésard de 27 ans raconte les années 80, dites « les années sida », à travers l’histoire de haine qui déchire le créateur d’une association de lutte, et une icône gay amateur du bareback. Beaucoup y reconnaîtront Guillaume Dustan et Didier Lestrade, le fondateur d’Act Up.

Mais cette époque, Tristan Garcia ne l’a connue qu’en grenouillère ! Ecrit sans documentation préparatoire, le livre n’est pas un roman à clefs. « Je l’ai écrit il y a deux ans, parce que j’étais agacé par le retour massif de l’autofiction. Les auteurs d’autofiction sont « saisis » par leurs textes, mais ils ne saisissent rien de leur époque. J’ai alors décidé d’écrire un roman d’époque sur une communauté qui n’est pas la mienne et avec laquelle j’avais la distance nécessaire pour écrire ».


Tristan Garcia a choisi les années 80, parce qu’elles ne sont plus de l’actualité et pas encore de l’histoire. Pile la bonne place pour une fiction qui raconte l’époque mieux qu’un récit. « Les années 2000, par exemple, sont encore trop proches. C’est la raison pour laquelle, à mon sens, les textes ou films sur le 11 septembre ne marchent pas : on n’a pas la distance ».


Pour un coup d’essai, c’est réussi : dans La Meilleure part des hommes, Tristan Garcia a déjà une personnalité littéraire bien dessinée. Il sait où il 1748744095.jpgemmène son lecteur, dans un style vivant et une histoire remarquablement construite qui croise des personnages plus réalistes que s’ils avaient existé. Passionné de littérature classique, allemande, russe, autant que de la littérature de genre, de SF ou de séries télé, Tristan Garcia s’intéresse à toutes les formes de narration : « les écrivains racontent des histoires mais ils ne sont pas les seuls : le grand récit actuel partagé par tous, c’est la série télé, et ce depuis une quinzaine d’années. Surtout les séries américaines qui sont particulièrement bien faites. La moindre des choses, quand on est écrivain, est d’y être attentif ». Avec des auteurs comme Tristan Garcia, c’est peut-être le retour de « l’histoire » dans le roman français qui se confirme : la bonne et passionnante narration qu’on trouve surtout dans les romans anglo-saxons. On croise les doigts !

Tristan Garcia est content de ce qui lui arrive, mais n’en fait pas un plat. « Je l’ai écrit il y a deux ans, c’est déjà un petit peu loin ». il n’avait même pas essayé de se faire publier, une fois le livre écrit ! « Sans faire de coquetterie, j’avoue que je ne savais pas trop ce que c’était de publier, ni comment m’y prendre. Quand on a fini d’écrire, on croit avoir fini tout court : on se trompe ! ». Sur les conseils d’un ami qu’on remercie, Tristan a envoyé quelques manuscrits aux principales maisons d’éditions parisiennes, a attendu, puis oublié. Neuf mois plus tard, Jean-Marie Laclavetine, un éditeur Gallimard, l’appelait. Il a signé, sans avoir eu besoin de retravailler son texte.
Mais si Tristan Garcia semble très éloigné des cocktails parisiens où on parle tant de lui, c’est certes parce que ce n’est pas son "truc", mais aussi parce qu’il prépare la soutenance de sa thèse, programmée en novembre. Une thèse de métaphysique sur le concept de représentation. Rien à voir avec la littérature ? Il confirme. Après la thèse ? Un poste en fac, ou sinon on verra. Mais des livres, on peut y compter.

La Meilleure part des hommes n’est pas son premier manuscrit : tel une Amélie Nothomb ( !), Tristan Garcia écrit depuis longtemps, pour le plaisir, et planque quelques histoires dans ses tiroirs. C’est ainsi que son deuxième roman est en cours d’achèvement. Ce sera une histoire racontée par un chimpanzé. Oui, pendant ses cours à Normale Sup, il a choisi un module d’éthologie, car il adore ça. « Ce prochain roman est un livre d’aventures « classique » à la Stevenson ou London. Je trouve l’idée du roman d’aventures intéressant à l’époque où on en a fini avec le colonialisme et où l’on a tout cartographié ». L’aventure au temps de Google Maps, un vaste défi. C’est la raison pour laquelle il a choisi de raconter les choses du point de vue d’un singe. A suivre, bientôt.

26 août 2008

J.K. Rowling revient !

… mais sans Harry.


Son prochain livre sera un recueil de sept contes pour enfants, qu’on pourrait traduire par Les Contes de Beedle le barde. La sortie mondiale a été fixée au 4 décembre, mais en anglais seulement ! Eh oui, ça se mérite, un Rowling.
En effet, selon le site Livreshebdo.fr (merci à Vincy Thomas), aucune traduction n'est prévue pour le moment.

Et maintenant, place au marketing ! L’éditeur britannique Bloomsbury, l’américain Scholastic et le marchand en ligne Amazon sont à l’origine de ce coup qui s’annonce comme juteux :

Sept exemplaires du conte ont été décorés par JKR, c’est-à-dire écrits à la main et illustrés de même, puis reliés de cuir et sertis de pierres « semi-précieuses ».
On en déduit donc que la richissime auteure vient de passer de l’écriture au loisir créatif. En la matière, on n’a aucune certitude de son talent. Mais, la fièvre Potter agit toujours, même quand Harry n’est plus dans le coup.

JKR a offert six de ces exemplaires à des proches dans l’édition (« prends, c’est moi qui l’ai fait ») et mis aux enchères le septième, qu’Amazon a raflé, tout content d’avoir les premières œuvres décorées de JK. Ils l’ont acheté quand même 2 millions de livres, ce scrapbook, soit 40 fois l’estimation la plus haute. C’est dire si JK a de l’avenir avec ses petits travaux de dame. De source pas sûre, on m’a dit que son prochain ouvrage était un ravissant coussin monté au crochet et rebrodé à l’effigie du chien de la reine.

Ca va faire cher le fil de laine.

24 août 2008

Vite fait, Angot

Si  la fortune d’un auteur se mesurait au nombre d’articles parus sur ses livres, le compte en banque de Christine Angot égalerait celui d’une rockstar exilée à Jersey.
1739634988.jpgC’est le même topo chaque fois qu’elle publie : la presse ne parle que d’elle et se déchire en général sur la qualité de l’œuvre produite. Ou plutôt livrée en pâture.
« Son  dernier roman est excellent, émouvant, le style Angot encore une fois déchire la littérature », ou « Non, c’est une daube, elle écrit avec les pieds, c’est une hystérique télégénique et on en a marre d’entrer dans les secrets de son tiroir à culottes ».
Le débat tourne autour de ce genre d’arguments, mais c’est généralement mieux tourné.
Alors bon, je l’ai lu, ce Marché des amants (Seuil).
D’abord parce que 20 minutes raisonne comme les autres journaux : il faut parler du dernier Angot et pis c’est tout. Inutile de dire que son livre ne présente aucun intérêt et que justement, en parler confère de l’intérêt à ce qui n’en a pas, rien  à faire. Je m’apprête à écrire l’article qui paraîtra dans le journal de mardi. Je ne sais pas comment je vais m’y prendre, vous lirez ça vous-même. Ou plutôt, ne lisez pas : cet article n’aura pas d’intérêt puisque le livre n’en a pas.


Entendons-nous : quand  je dis que ce livre ne présente pas d’intérêt, cela ne signifie pas qu'il est mauvais, ni bien sûr qu'il est "bon". Il n’est pas intéressant, passons à autre chose, voilà tout, l’affaire est entendue. Mais ça ne va pas suffire, alors je développe (et vous dispense du même coup de l’acheter).


Le pitch en vaut un autre : c’est l’histoire d’une femme qui oscille entre trois histoires d’amour, l’une idéalisée, l’autre verbeuse et la troisième pépère.  Christine Angot herself (surpris ?) raconte comment se passe la vie avec son nouvel amoureux, Bruno (Doc Gynéco, tout le monde le sait déjà). Bon, il n’est pas facile à vivre, le Bruno : flanqué d’une femme et de trois enfants, présent avec éclipses, doté d’une poésie personnelle, le rappeur est totalement centré sur son ego. Cela ne facilite pas les choses à Christine qui doit se mettre en orbite autour de lui, vivre à son rythme : regarder la télé avachie avec Bruno, accompagner Bruno qui va marcher, écouter les textes de Bruno, les maquettes de Bruno, les projets de Bruno, accepter la sodomie avec Bruno, se taper les copains de Bruno et les soucis de Bruno.
Bof c’est une histoire passionnelle classique : l’héroïne doit consentir à laisser son univers, renoncer à ce qui la définit au nom de l'Amoûr, pour entrer dans celui de l’autre. La grande mythologie amoureuse occidentale, comme la plupart des conversations des filles entre 20 et 30 ans sont farcies de ce genre d’histoires. Bref : on a  l’impression d’écouter une copine malchanceuse raconter ses petits gnagnagnas pendant tout le livre, ou lire un long article de Voici sans photo (ni procès).
Seuls ceux qui n’ont pas d’amis et pas de vie sociale adoreront parce qu’ils auront enfin, grâce à ce livre, une amie bavarde qui les parasitera des petits problèmes ordinaires qu’ils ne connaissent pas. Mais les autres, ceux (celles) qui ont déjà l’habitude de papoter sur « la vie, l’amour, les hommes » auront l’impression de faire des heures supplémentaires sur leur temps d’écoute compassionnel (et risquent fort de raccrocher au nez de Carole qui veut simplement raconter ses dernières déconvenues avec le beau Kévin rencontré au camping mais avec qui ça n’a finalement pas collé).
Une chose émerge du livre, inattendue : la crédibilité de Doc Gynéco comme personnage romanesque. C’est pas vivable au quotidien (pauvre Christine) mais ça le rend intéressant par livre interposé. Il doit être content d’être exaucé : ce qu’il a pu tanner Christine pour qu’elle écrive le livre sur leur histoire ! Ca tombe bien, il va sortir bientôt un nouveau disque, dites donc ! On espère quand même qu’il n’en voudra pas trop à son pote Charly de lui avoir soufflé sa copine à la fin.

On retient aussi la sincérité amoureuse de Christine Angot, maladroite mais totale, et son désarroi, palpable. Que les mauvaises langues se taisent : c’était pas du chiqué. Pour elle en tout cas. Mais cela suffit-il à faire un roman ?

Et voilà comment on parle de Christine Angot, en voulant pourtant expliquer que son roman n’en vaut pas la peine…

Ebook, faites-le vous-même !

Aux inconditionnels du livre papier, cette petite curiosité devrait donner l’envie de détourner un dictionnaire.

 

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L’inventeur de ce « Future of Books » s’appelle Kyle Bean, et il a décidé de ne pas choisir entre son ordinateur et ses livres. Cet Anglais créatif a donc tout simplement intégré dans un livre un ordinateur, en conservant l'apparence du livre. A vos cutters !

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Source : http://www.kylebean.co.uk/portfolio.html

17:35 Publié dans C dans l'air | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ebook, kyle bean

16 août 2008

Le boom annoncé du livre électronique

240 000 ! C’est le nombre de « kindle » (le reader proposé par Amazon) vendus depuis novembre aux Etats-Unis. Voici une nouvelle qui devrait commencer de faire douter les farouches détracteurs du papier électronique.


1467307675.jpgPetit rappel : un reader, c’est un support de lecture pour lire des livres électroniques, c'est le contenant du texte, la partie physique du livre. On dit aussi un device, une tablette. C’est à dire des livres qui ne sont plus proposés en format papier, avec une couverture, une reliure et des pages qui se tournent et se cornent (et aussi se hument, se caressent et se serrent sur le coeur), mais dans un format qui s'approche de celui du eee pc ou d'un gros iphone. A la différence près que l'affichage d'un reader n'est pas rétro éclairé comme un portable ou un mobile, mais se présente mat comme une page de livre, grâce à la technologie de l'  « encre électronique », ou « e-ink » pour employer un mot barbare auquel il faudra s’habituer. Cette particularité rend la lecture plus agréable et moins fatigante pour les marathoniens de la lecture que sont, au hasard, les journalistes littéraires.

Bref, les trentenaires comprendront tout de suite, un reader est un petit télécran un peu élaboré qui ne s'efface pas quand on le secoue.

En France, le Cybook de Bookeen fait partie des pionniers. L'équipe de Bookeen est tellement en avance sur la question,828777419.jpg qu'ils ont même été les premiers, avant 2000, avec la société Cytale, à proposer du livre électronique sur le marché français. C'était visionnaire à l'époque, c'est une réalité émergente aujourd'hui.

Aux Etats-Unis, 240 000 personnes ont donc acheté une de ces tablettes pour pouvoir lire des livres qu’ils téléchargeront sur le site d’Amazon. En chipotant un peu, on notera que la proposition d'Amazon rend le lecteur un tout petit peu captif de sa librairie, c’est à dire de son site marchand, c’est à dire d’Amazon. En même temps, Amazon n'est pas une fondation ni une oeuvre de charité.


Il y a donc sans doute plus de 250 000 Américains (je gonfle le chiffre en imaginant par exemple un usage familial pour certains des acheteurs) qui sont suffisamment motivés par ces lectures qu’on pourrait appeler « du deuxième type », pour dépenser entre 360 et 400 dollars pour un support de lecture.

Pour en savoir un peu plus sur ce Kindle, voici le détail de cette information dénichée sur le "blog" (ils tiennent à ce nom) de Techcrunch et signé par Michael Arrington himself (le boss).

Et pour vous prouver que je ne suis pas en train de vous raconter de la science-fiction américaine, j’ai le plaisir de vous annoncer que la Fnac prépare un projet de librairie électronique associée à Sony pour septembre. A suivre sur ce blog !

De vous à moi, je vais attendre les versions moins protohistoriques pour lancer mon porte-monnaie dans l’aventure. Ce qui ne devrait pas tarder. Pour l’heure, je me contente de tester différents systèmes de lecture « dématérialisées », dans une presque gratuité.

C’est le grand retour du e-book sur mon blog, pour le plus grand plaisir de Caroline, Georges et Christian. Promis, on y reviendra souvent !

13 août 2008

Pas de subprimes dans l'édition française

Décidément, on ne lit jamais assez la presse l’été quand on est journaliste. OK, je ne parle que de moi. Et c’est donc piteuse, un peu, que je vous relaie une info déjà rance, épinglée le 10 juillet par le magazine Challenges et étayée dès le lendemain par le site livreshebdo.fr (signé cch).
Même rance, l’information reste  savoureuse et la valse des chiffres enivrante. Vous allez donc découvrir qu’on peut bien, fort bien même, vivre de sa plume. Mais quelles que soient les sommes, elles ne concernent que des exceptions : écrivain est majoritairement un métier de laborieux, l’équivalent d’une classe sociale très moyenne pour ceux qui décident de vivre de leur plume. Autrement dit, il y a des chances pour que la plupart de ces audacieux (ceux qui, je le répète, ne vivent que de leur plume) fassent partie des 42 % de Français qui ne sont pas partis en vacances cet été.
Quant aux chanceux dont il est question dans le texte et pour faire taire les mauvaises langues, Amélie Nothomb est belge et ne doit donc pas dépendre du régime fiscal français, Marc Levy est un résident londonien (de longue date), mais Guillaume Musso et Anna Gavalda résident en France (mais pas au même endroit). Muriel Barbery, quant à elle, vivrait au Japon.

On ne pleurera pas non plus sur le sort des éditeurs. A noter que Francis Esménard est l’heureux promoteur des textes de Bernard Werber, Katherine Pancol et Amélie Nothomb, et qu’Arnaud Lagardère concentre en son giron une bonne partie des éditeurs parisiens (Fayard, Grasset, Stock, Calmann Levy, Harlequin, Livre de Poche, Lattès, Le Masque, etc. ET etc.). Dernière précision enfin : Jacques Glénat est le bienfaiteur de tous les amateurs de mangas puisque c’est lui qui, le premier, a édité des mangas en France.

Voici donc l’article publié dans l’édition électronique de Livres Hebdo, cette sainte Bible du journaliste littéraire francophone :

Le livre peut rapporter gros

Selon le classement annuel du magazine Challenges, 7 écrivains ont gagné plus d'un million d'euros en un an et 5 éditeurs se classent parmi les 500 plus grandes fortunes de France.

L'édition du 10 juillet du magazine Challenges propose un classement des 10 écrivains les mieux rémunérés de juin 2007 à juin 2008. Selon les estimations de l'hebdomadaire, et sans surprise, c'est Marc Lévy qui occupe la tête du classement avec 2,35 millions d'euros, suivi de près par Guillaume Musso avec 2,02 millions, talonné lui même par Anna Gavalda, qui ferme la marche du trio de tête avec 2,01 millions.

Cette année, cinq femmes prennent place parmi les dix meilleurs. Muriel Barbery (4e place avec 1,98 million d'euros), Amélie Nothomb (7e rang et 1,01 million), Katherine Pancol (8e avec 842 400 euros) et Fred Vargas (9e, 653 000 euros) rejoignent Anna Gavalda.

Au total, ce sont sept écrivains dépassent le million annuel. Marc Levy, Guillaume Musso, Anna Gavalda, Muriel Barbery, Daniel Pennac (5e avec 1,74 million), Bernard Werber (6e avec 1,31 million) et Amélie Nothomb.

Challenges fait ses calculs à partir des chiffres sorties caisses et hors club en appliquant le pourcentage touché par les auteurs : au minimum 15% du chiffre d'affaires, ce pourcentage pouvant s'élever jusqu'à 25% dans certains cas.

Cinq éditeurs au patrimoine conséquent

Par ailleurs, parmi les 500 plus grosses fortunes françaises classées par l'hebdomadaire, on compte 5 éditeurs. Arnaud Lagardère (Lagardère, maison mère d'Hachette Livre) fait la course en tête puisqu'il se classe 65e avec 611 millions euros, qui comprend ses activités dans l'aéronautique et les médias. Il chute toutefois de 10 places par rapport à 2007.

Les 4 autres sont certes loin derrière, mais tous « en progression ». Francis Esménard (Albin Michel) et Antoine Gallimard (Gallimard) se classent respectivement 226e (150 millions d'euros) et 254e rang (135 millions).

Jacques Glénat (Groupe Glénat) arrive à la 349e place avec 90 millions. Enfin, Hervé de la Martinière (La Martinière groupe) se place en 410e position avec 70 millions.

11 août 2008

RIP Mahmoud Darwich

Encore un mort essentiel dans le monde de la littérature, quelques jours seulement après Soljenitsyne. On aimerait que les jeunes générations nous rassurent sur un renouvellement d’égale force, attendons un peu.

772533361.jpgMahmoud Darwich vient de mourir et je ne peux pas m’empêcher d’avoir une petite pensée pour Sapho. En juin dernier, pendant le Marathon des Mots à Toulouse, elle avait enchanté le Cloître des Jacobins en lisant des textes du grand poète. Sapho était l’une des plus grandes admiratrices de cette figure des lettres palestiniennes.


Son dernier ouvrage en France s’intitule Comme des fleurs d’amandiers ou plus loin. Il a été publié chez Actes Sud en septembre 2007. Je ne doute pas que sa maison d’édition saura rééditer quelques uns de ses grands recueils de poèmes ou encore ses Entretiens sur la poésie parus en 2006.
Vous trouverez ici le minutieux article de Christophe Ayad paru ce jour dans Libération.

Et comme vous êtes des petits veinards, voici in extenso l'article publié sur LivresHebdo.fr, écrit par "CF" et qui me semble de la meilleure fraîcheur :

"Le poète palestinien Mahmoud Darwich s'est éteint

Dans le récital qu'il avait donné à Arles le 14 juillet dernier, il avait célébré l'amour, l'exil, le temps qui passe, sans occulter l'amertume que suscitait en lui la situation de la Palestine aujourd'hui. Il est décédé samedi 9 août.

 

Considéré comme l'un des plus grands poètes du monde arabe, Mahmoud Darwich est mort le 9 août à Houston (USA) des suites d'une opération à cœur ouverte. Il avait 67 ans. Les responsables palestiniens devaient demander aux autorités israéliennes que le défunt puisse être enterré en Galilée où il était né en 1941. Cette région, aujourd'hui en Israël, était alors en Palestine sous mandat britannique. Depuis 1995, Mahmoud Darwich s'était installé à Ramallah en Cisjordanie après une vie d'exil.

Le 14 juillet dernier, dans le cadre magnifique du théâtre antique d'Arles, il avait enchanté son auditoire pendant près d'une heure et demie en récitant en arabe un florilège de ses poèmes, lus parallèlement dans leur traduction française par Didier Sandre. Il était l'invité du Festival des Suds et des éditions Actes Sud qui fêtaient leur trentième anniversaire. L'accompagnement musical des frères Joubran, qui ponctuait les textes, la délicatesse, l'élégance et la générosité du poète avaient contribué à la magie de cette soirée exceptionnelle.

Mahmoud Darwich avait ensuite poursuivi la soirée avec les invités d'Actes Sud - près de deux cents libraires - dans les locaux de la maison d'édition. Celle-ci a fait connaître en France son œuvre, traduite pour l'essentiel par Elias Sanbar, qu'elle publie depuis près de quinze ans. Son dernier recueil, Comme des fleurs d'amandiers ou plus loin est paru il y a tout juste un an, en septembre 2007."

 

04 août 2008

Mort de Soljenitsyne

Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne est mort hier soir, dimanche 3 août, à l’âge de 89 ans, dans sa datcha des environs de Moscou. A cet âge, ce n’est plus un choc, mais ça reste une grande perte.

1671508630.jpgPrix Nobel de Littérature en 1970, déchu de sa citoyenneté soviétique en 1974 pour avoir fait paraître L’Archipel du Goulag l’année précédente à Paris, il lui faudra attendre la chute de l’URSS pour voir son œuvre publiée en Russie et retrouver sa nationalité russe.
Soljenitsyne est rentrée en Russie en 1994, mais n’a pas joué de rôle dans la reconstruction post-communiste, sinon à travers une émission de télé et une vie sociale intense.

La fiche Wikipedia consacrée à cet intellectuel emblématique est très complète et actualisée dès ce lundi matin.

Je vous renvoie aussi au dossier publié ce jour dans le Monde, dont voici le début de l’article principal, signé par Georges Nivat, le traducteur de Soljenitsyne, historien de la littérature russe.
Alexandre Soljenitsyne, mort dimanche 3 août d'une crise cardiaque à son domicile moscovite, est une de ces grandes voix où il est vain de distinguer la part de l'art et celle du combat. Comme Tolstoï en Russie, comme Voltaire ou Hugo en France il appartient aux lutteurs, aux "dissidents", incarnant le refus de la société injuste dans laquelle ils vivaient, une résistance au nom de quelque chose d'imprescriptible. Tolstoï refusait la société d'Ancien Régime, fondée sur l'inégalité et voyait dans le moujik méprisé l'incarnation d'une vie accordée à Dieu. Soljenitsyne incarna le refus du communisme, athée et totalitaire. Tolstoï dans Qu'est-ce que l'art ? subordonnait l'art à l'action, Soljenitsyne, dans son discours du Nobel, subordonne l'art à la triade platonicienne du Vrai, du Bon et du Beau. Ni l'un ni l'autre ne comprennent "l'art pour l'art" : "J'avais affronté leur idéologie, mais en marchant contre eux, c'était ma propre tête que je portais sous le bras", écrit Soljenitsyne dans Le Chêne et le Veau, en 1967.

Mais également à la note publiée par Pierre Assouline ce jour, sur son blog.

Evidemment, je vous conseille la lecture de L’Archipel du goulag (3 tomes, boum), mais aussi et plus simplement Une journée d’Ivan Denissovitch, son premier roman publié en 1962, où tous les thèmes de l’écrivain affleurent déjà dans un format nettement plus court.

 

 

(Photo : Alexandre Soljenitsyne en 1974 à Copenhague, DR) 

10 juillet 2008

Politiques à compte d'auteur

Trouvé dans Livres Hebdo : La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques souhaite que les livres de programme des candidats politiques soient désormais publiés à compte d'auteur.

L’info est passée le 24 juin et n’a étonnamment pas fait grand bruit.
« L'intégration des ouvrages dans les comptes de campagne pose problème car en France, généralement, l'édition ne se fait pas à compte d'auteur, a souligné François Logerot, président de la CNCCFP. Or si nous incluons les dépenses assumées par les éditeurs, nous incluons une partie de la comptabilité privée sur laquelle nous n'avons aucun droit de regard. »
Eh oui, pas de coup de main en politique, que des coups de pattes. La loi interdit toute aide directe ou indirecte d'une personne morale de droit privé (ce que sont les maisons d'édition) aux candidats à l'élection présidentielle. Une recommandation déjà opérée par le Conseil Constitutionnel en juillet 2005, avec l’efficacité qu’on sait.

C’est quand même une nouvelle sacrément mauvaise pour les éditeurs qui, entre 2006 et 2007 ont grassement fait leur beurre sur la campagne présidentielle. Quant au compte d’auteur… amusant d’imaginer Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy chez l’Harmattan, par exemple, quasiment introuvable en librairie.

07 juillet 2008

César, son pouce, ses mains, ses seins

Vernissage de l’exposition César à la Fondation Cartier. Ou plutôt garden partie dans la verdure, avec des sirops de verveine à boire, des fruits et des bonbecks à boulotter. Ultra chic, le soleil était de la partie, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. On y croisait quelques très vieilles dames élégantes, tous colliers dehors, des jeunes filles parfaitement inconnues mais habillées dernier cri, des gens connus donc mal sapés (c’est dimanche, hein, on vient comme on traîne).
Enfin, c’était the place to be pour les people en mal de visibilité ou en campagne personnelle. Le cas sans doute pour un Patrick Devedjian très accessoirisé : chaussures noires à boucle, costume sombre et quelque chose comme une chemise mal ajustée (sans doute pour l’effet dimanche), et, ultime détail fashion, un photographe collé aux basques. J’aimerais bien savoir à qui le photographe envoie sa facture majorée jour férié, l’UMP ? Devedjian lui-même ? un journal ? Ce n’est pas Christophe Bourseiller qui répondra, il est resté dehors, brushing en arrière, look nude ou presque : Christophe Bourseiller ne porte plus de lunettes ! Sans ses culs-de-bouteille, on peut voir qu’il a de jolies mirettes bleues.
Au détour d’un escalier, j’ai croisé aussi Christine Angot, nez en l’air, qui vérifiait qu’on l’avait bien reconnue, non mais. Elle sort un livre à la rentrée, encore une histoire pour séparer un couple, puisque c’est le levier de tous ses livres. On verra bien qui elle saucissonne cette fois-ci. Il y sera question de Doc Gyneco puisqu’ils sont sortis ensemble. On les a tous vus, nous autres journalistes littéraires partis fêter le livre à Brive en novembre 2006. Ils ont fait connaissance sur la piste de danse du Cardinal, la boîte où les Parisiens germanopratins aiment se frotter aux « locaux » en se gaussant de la musique. 
Mais revenons à l’expo. Il y avait aussi un ancien acteur de Classe mannequin, le grand brun bien coiffé qui n’a d’ailleurs pas changé sa coupe de cheveux ; l’artiste plasticienne qui ressemble à Cruella (chevelure bicolore, noire et blanche) et qui considère son corps comme une œuvre d’art, non pas à la manière d’Arielle Dombasle, mais plutôt en nichant des prothèses de silicone sous ses tempes, par exemple. Mes lecteurs les plus érudits n’hésiteront pas à me donner son nom en commentaire, il m’échappe depuis hier. N’imaginez pas que tout ce petit monde est reparti sitôt l’exposition visitée : il y avait beaucoup plus de monde dans le jardin, autour des gros cubes de papier recyclé (ça c’est pas de l’art, c’est du pilonnage, faut pas charrier), que sur le chemin de la sortie. Et les enfants jouaient, et les adultes se miraient la frimousse au soleil. Fallait y être, ils (nous) y étaient.
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Bon, c’est pas tout ça, mais quid de l’expo ?
César, ses compressions, mais pas seulement. Sculpteur de formation classique, César s’est toujours interrogé sur la nature de l’art : une œuvre d’art qui ne met pas en valeur un savoir-faire relève-t-elle encore de l’art ? « César se trouve pris dans une problématique qui fait que la sculpture n’est pas seulement l’art des belles proportions à bâtir ( …) mais qu’elle peut être une idée ».
Cette question l’occupait, lui qui n’hésita pas à prendre les commandes de la Big Squeeze (presse hydraulique utilisée pour le compactage calibré des voitures) pour produire une part importante de son œuvre. On en trouve dans les salles du sous-sol de la Fondation. Le rez de jardin est consacré aux Empreintes de César : pouce, mains, poings, seins (pas les siens), et aux expansions : comme des kilos de peinture déversés et figés, formes rondes et parfaites, harmonie qui détend l’œil et n’est pas sans rappeler, en plus gros, les accidents de tubes de dentifrices sur le bord du lavabo.
Alors voilà, c’est un hommage et ça vaut le détour. Mais c’est dommage, vraiment dommage que les cartels ne soient pas plus clairs ni mieux positionnés. L’expo n’est pas assez encadrée, il n’y a pas assez d’explications ou de mise en perspective, ni même de citations de César. Le « fond » de l’expo n’a pas été assez travaillé : on s’est « contenté » de trier, rapatrier et disposer les œuvres, mais il manque un peu de pédagogie ou d’enrichissement intellectuel. C’est un gros bémol, d’autant plus que l’art contemporain s’accompagne facilement de discours. Au risque de choquer les aficionados, j’ai rarement vu une expo d’art contemporain qui sache être intelligible sans un bain de théorisation. C’est peut être parce que les mots ont envahi l’art que la littérature se retrouve dépossédée aujourd’hui des bouillonnements intellectuels d’antan. 185300332.jpg

Mais je m’égare encore. C’est Jean Nouvel qui a composé et mis en scène cet échantillonnage des œuvres de César. L’alibi, c’est les dix ans de la mort de l’artiste. Le choix du commissaire d’expo tient au fait que c’est Jean Nouvel qui a dessiné le pavillon de la Fondation Cartier et qu’il était aussi un ami de César. Pour mémoire, Jean Nouvel a dessiné l’Institut du Monde Arabe, le musée du Quai Branly et il est le lauréat du concours pour la tour Signal à Paris La Défense (rien à voir avec le dentifrice ci-dessus). Jean Nouvel est aussi l’architecte du siège social de la société Richemont à Genève. Ce que ça vient faire là ? le groupe Richemont possède Cartier, donc la Fondation éponyme, mais aussi Van Cleef & Arpels, Piaget, Vacheron Constantin, Jaeger-LeCoultre, IWC, Panerai et Montblanc.

L’exposition commence en vrai demain et s’étire jusqu’au 26 octobre.
Ah oui, les illustrations sont des photos du dossier de presse prises sur mon carrelage...

05 juin 2008

Lectures de YSL

Retour sur les dernières parutions, mais aussi sur quelques incontournables qui retracent le parcours du grand couturier. Le dernier grand artiste, la dernière grande maison française dont la filiation est à chercher du côté de Jean-Paul Gaultier. (Le premier qui objecte avec Lagerfeld a perdu !).
Vient donc de sortir Paris 1962, Christian Dior et Yves Saint Laurent, les coulisses d’un défilé, chez Textuel.
Egalement une biographie, Yves Saint Laurent, l’homme couleur de temps, de Fiona Levis (Rocher).
Croquis et modèles de 40 ans de création dans le dernier livre publié à La Martinière, l'impressionnant Yves Saint Laurent Style, avec la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent.
Enfin, Grasset remet en vente une nouvelle édition revue et augmentée de la biographie de Laurence Benaïm, Yves Saint Laurent.

Trois autres livres sur YSL, publiés par La Martinière : 

-Love, de Marie-Claude Pelle, paru en 2005, qui compile les vœux qu’il envoyait à ses proches.
-Yves Saint Laurent, 5 avenue Marceau, 75016 Paris, de David Teboul (2002) qui fait écho au documentaire homonyme sur le couturier.
- Yves Saint Laurent, naissance d’une légende, de Pierre Boulat et Laurence Benaïm (2002) : 89 photographies noir et blanc de son premier défilé.

Pour l'atmosphère YSL, en un hommage singulier, allez voir le blog des Irréguliers. La photo est aussi magnifique.

 

(Merci à Vincy Thomas pour le récapitulatif des oeuvres sorties) 

04 juin 2008

Un écho de Finkielkraut

Trouvé dans le Monde daté 3 juin. A lire jusqu'au bout pour lui donner pleinement raison, mais cela n'engage que moi.

Il est vrai qu'Alain Finkielkraut n'est plus exactement un philosophe dans le vent désormais.

Quant au film de Cantet, ne l'ayant pas encore vu, je ne me prononcerai pas encore. Mais je souhaite bon courage à François Bégaudeau (et à son entourage).

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« Pour François Bégaudeau, auteur du livre Entre les murs (Verticales, 2006) et acteur principal du film qui en a été tiré, la Palme d'or du Festival de Cannes est un véritable conte de fées. Sa joie, partagée avec le metteur en scène Laurent Cantet et les élèves du collège Françoise-Dolto, qui jouent leur propre rôle, fait plaisir à voir. On lui pardonne même son brin de suffisance : comment garder la tête froide dans un moment aussi inattendu et aussi exceptionnel ?

Bégaudeau n'a pas le triomphe modeste, soit. Mais pourquoi l'a-t-il acrimonieux ? Pourquoi cette vindicte à l'égard des professeurs qui ne partagent ni ses méthodes, ni ses objectifs, ni son optimisme ? Pourquoi être si mauvais joueur quand on a gagné la bataille, et s'acharner contre les derniers récalcitrants quand on a, à ses pieds, le président de la République, la ministre de la culture et celui de l'éducation nationale ? Et pourquoi faut-il que Le Monde (le 28 mai) alimente cette étrange aigreur en dressant le repoussoir des "fondamentalistes de l'école républicaine" qui prônent "l'approche exclusive de la langue française par les grands textes" ?

Fondamentaliste, la lecture d'A la recherche du temps perdu, de Bérénice ou du Lys dans la vallée ? Fondamentaliste, l'expérience des belles choses, l'éventail déployé des sentiments et le tremblement littéraire du sens ? Le fondamentalisme est arrogant, catégorique et binaire ; la littérature problématise tout ce qu'elle touche. Le fondamentalisme enferme l'esprit dans le cercle étroit d'une vérité immuable ; la littérature le libère de lui-même, de ses préjugés, de ses clichés, de ses automatismes. Le fondamentalisme est une fixation ; la littérature, un voyage sans fin.

On jugera le film de Laurent Cantet lors de sa sortie en salles. Peut-être sera-t-on intéressé, voire captivé par cette chronique d'une année scolaire dans une classe de quatrième à travers les tensions, les drames, les problèmes et les imprévus du cours de français. Mais s'il est vrai qu'après s'être vainement employé à corriger la syntaxe défaillante d'adolescentes qui se plaignaient d'avoir été "insultées de pétasses", l'enseignant finit par utiliser certaines tournures du langage des élèves, "plus efficace que le sien", alors on n'aura aucun motif de se réjouir.

Car la civilisation ne demande pas à la langue d'être efficace, d'être directe, de permettre à chacun de dire sans détour ce qu'il a sur le coeur ou dans les tripes, à l'instar de ce magistrat qui a conclu son réquisitoire contre un accusé terrifiant par ces mots : "A gerber !" La civilisation réclame le scrupule, la précision, la nuance et la courtoisie. C'est très exactement la raison pour laquelle l'apprentissage de la langue en passait, jusqu'à une date récente, par les grands textes.

Naguère aussi, on respirait dans les oeuvres littéraires ou cinématographiques un autre air que l'air du temps. Sean Penn, le président du jury, a remis les pendules à l'heure en déclarant, dès la cérémonie d'ouverture du Festival et sous les applaudissements d'une presse enthousiaste, que seuls retiendraient son attention les films réalisés par des cinéastes engagés, conscients du monde qui les entoure. Sarabande, Fanny et Alexandre, E la nave va, In the Mood for Love, s'abstenir. Un conte de Noël, ce n'était pas la peine. Le monde intérieur, l'exploration de l'existence, les blessures de l'âme sont hors sujet. Comme si l'inféodation de la culture à l'action politique et aux urgences ou aux dogmes du jour n'avait pas été un des grands malheurs du XXe siècle, il incombe désormais aux créateurs de nous révéler que Bush est atroce, que la planète a trop chaud, que les discriminations sévissent toujours et que le métissage est l'avenir de l'homme.

L'art doit être contestataire, c'est-à-dire traduire en images ce qui est répété partout, à longueur de temps. Big Brother est mort, mais, portée par un désir de propagande décidément insatiable, l'idéologie règne et veille à ce que notre vie tout entière se déroule entre les murs du social. »

Par Alain Finkielkraut, philosophe.
 

03 juin 2008

La petite histoire de la Villa Médicis

 

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Qui l’aura ? La Villa Médicis à Rome* est l’enjeu de pas mal d’intrigues depuis trois mois. Rappelez-vous : pendant le dernier salon du livre, en mars, Benamou, conseiller spécial du Président, est nommé directeur de l’académie de France à Rome (donc patron de la Villa Médicis, même chose). Olivier Poivre d’Arvor, pdt de Cultures France prend sa plume et met au grand jour les petits arrangements de Palais. On comprend qu’il se soit un peu énervé : Benamou s’est proposé pour reprendre la Villa avec son projet. Sans être susceptible, on le prendrait forcément mal. Les milieux culturels qui ne peuvent pas supporter Georges Marc (Benamou) et qui s'ennuient un peu en ce moment, sautent sur l'occasion, se joignent à Poivre et c’est une valse qui emporte le landernau dans un vrai petit scandale. Les courageux se comptent toujours en meute, mais rien qu’en meute, c’est bien connu. La danse continue, version samba : l’Elysée recule et organise une commission qui ferait comme si c’était elle qui décidait. Mais c’est quand même Christine Albanel qui prendrait la décision finale, faut pas charrier.


C’est ainsi qu’en avril, une commission s’est constituée autour de Hugues Gall, l'ancien directeur de l’Opéra de Paris. Neuf membres, puisque Pascal Dusapin s’est désisté pour cause d’engagements professionnels. Ils ont sélectionné 10 projets parmi les 35 proposés. Au terme d'un grand oral comme les étudiants de Sciences Po et les thésards de la Sorbonne n'osent pas en rêver (3/4 d'heure de planche) Et le 28 mai, avec 24h d’avance, m’a précisé Hugues Gall pas peu fier de cette fougue, ils ont livré une short list à la ministre de la Culture. Frédéric Mitterrand, Olivier Poivre d’Arvor et Sylvain Bellanger (un historien d’art) restent en lice. Roulements de tambour.


Les jurés ont choisi les candidats sur des critères de « combativité, d’imagination, d’ambition et du rayonnement personnel ». Mazette. Hugues Gall ne se cache pas du fait que la commission a été créé pour calmer les esprits médiatiques. « Cette histoire n’a pas beaucoup de sens. Ce qu’on appelle le fait du prince est la règle à Pompidou, Branly, Orsay, dans la plupart des établissements publics à caractère culturel. Ces emplois réservés sont toujours nommés par les chefs d’état ou de gouvernement, ça fait mille ans que cela dure, sous la monarchie comme sous la république ! » Et  c’est vrai.

Un exemple, Bruno Racine : il a été patron de la Villa Médicis, du Centre Georges Pompidou et vient de succéder (avril 2007) à Jean-Noël Jeanneney à la tête de la BNF. Tout un circuit pour cet ancien énarque habitué des cabinets de Chirac et Juppé !
Mais revenons à la short list : on sait que Frédéric Mitterrand est un proche de Carla Bruni. Il a 60 ans tout rond et il ne pourra plus se présenter à la Villa Médicis : la nomination est pour trois ans (et non pas 5 comme me l’a soutenu Hugues Gall), volontiers renouvelable et deux fois si ça peut faire plaisir. La limite d’âge étant 65 ans, le compte est fait : c’est maintenant ou jamais. MM. Bellanger et Poivre d’Arvor, dans la cinquantaine fringante, ont bien tout leur temps, non ?

La Ministre a reçu les impétrants en fin de semaine dernière. Le choix devrait déjà être fait. A moins qu’elle n’attende une consigne du château pour s’exprimer. Mais, en ce cas, à quoi servait cette commission ? Et pourquoi a-t-il été impossible d’en savoir plus sur les programmes des candidats ? (celui de Poivre d’Arvor avait été partiellement rendu public, on sait donc qu’il existe et qu’il pèse) Et pourquoi, au cours de l’entretien qu’il m’a donné, M. Hugues Gall a-t-il parlé de M. Bellanger comme d’une « femme formidable à la personnalité intéressante » ? (j’ai gardé mes notes, troublée) Etait-il fatigué ou a-t-il confondu avec une candidate de la sélection précédente ? Peut-être ont-ils été trop à leur affaire, concentrés, l'esprit tout brouillé en fin de mission...  On notera, au passage, comme tout cela reste une affaire d’hommes.
 
Cette histoire de Villa Médicis aura été une petite fantaisie culturelle, toute fraîche, toute printanière.


*haut lieu du rayonnement de la culture française à Rome. Surtout importante pour les Italiens, donc, avec lesquels les échanges culturels sont ainsi favorisés. Allez voir la fiche wikipedia ad hoc.

(Photo Marie-Lan Nguyen sis wikipedia, libre de droits) 

28 mai 2008

Prix des Lectrices de Elle : le palmarès

Le prix a été remis mardi soir dernier et j’y étais. Ambiance chic, le musée d’Orsay avait été réservé et le buffet était digne du lieu : de la vraie pulpe dans le jus d’orange qui n’était comparable à nul autre. C’est donc parmi les statues que les trois catégories du 39e Prix des lectrices de Elle ont été révélées.
Dans la catégorie « Roman » :
LA FEMME DE L’ALLEMAND
De Marie Sizun
EDITIONS ARLEA

Dans la catégorie « Document » :
CELLE QUI PLANTE LES ARBRES
De Wangari Maathai
EDITIONS HELOЇSE D’ORMESSON

Dans la catégorie « Policier » :
GARDEN OF LOVE
De Marcus Malte
EDITIONS ZULMA


Et là, je confesse être une bien piètre blogueuse : même pas pensé à apporter l’appareil photo ! De toute façon, il ne logeait pas dans le mini sac fashion, pardon le « it bag » dégainé pour l’occasion. C’est quand même une soirée « Elle ». Alors on oublie les vieux tee shirts, sauf si c’est du vintage dans le ton !


Commentaire du palmarès : bravo, des « petites » maisons d’édition ont été récompensées. C’est en  effet souvent en marge des gros éditeurs qu’on trouve des initiatives plus hardies. Les « petits » éditeurs n’ont pas assez d’argent pour se payer les gros vendeurs (pardon, les auteurs qui vendent). Alors elles fouillent, dénichent, se trompe aussi parfois ou souvent, mais tentent et offrent ainsi des textes différents. Et des bijoux qu’on n’attendait pas.

 

Pour mémoire, un récapitulatif des derniers Prix décernés depuis 1992

1992
SONATE AU CLAIR DE LUNE
De Nicolas Bréhal, Éditions Mercure de France

PROUST, la cuisine retrouvée
De Anne Borrel, Alain Senderens et Jean-Bernard Naudin,Éditions Chêne

1993
LE JOUR DES FOURMIS
De Bernard Werber, Éditions Albin Michel
LE RESPECT, de l’estime à la déférence : une question de limite, Dirigé par Catherine Audard, Éditions Autrement

1994
LA GRANDE DRIVE DES ESPRITS
De Gisèle Pineau, Éditions Le Serpent à Plumes

FANNY STEVENSON
De Alexandre Lapierre, Éditions Robert Laffont

1995
L’ALCHIMISTE,
De Paulo Coehlo, Éditions Anne Carrière

L’AVENTURE DES LANGUES EN OCCIDENT
De Henriette Walter, Éditions Robert Laffont

1996
LE CHAMP DE PERSONNE
De Daniel Picouly, Éditions Flammarion


UN JARDIN A TEHERAN
De Shusha Guppy, Éditions Phébus

1997
UN PAYSAGE DE CENDRES
D’Elisabeth Gille, Éditions du Seuil


FRANCOIS TRUFFAUT
De Serge Toubiana et Antoine de Baecque, Éditions Gallimard

1998
SAGA
De Tonino Benacquista, Éditions Gallimard


MADAME ZOLA
D’Evelyne Bloch-Dano, Éditions Grasset

1999
L’EMPREINTE DE L’ANGE
De Nancy Huston, Éditions Actes Sud

LE PRINCE FOUDROYÉ, la vie de Nicolas de Staël
De Laurent Greilsamer, Éditions Fayard

2000
LE PROBLÈME AVEC JANE
De Catherine Cusset, Éditions Gallimard

HISTOIRE DE L’ADULTÈRE, la tentation extra-conjugale de l’Antiquité à nos jours
De Sabine Melchior-Bonnet et Aude de Tocqueville, Éditions de la Martinière

2001
L’ÉVANGILE SELON PILATE
D’Eric-Emmanuel Schmitt, Éditions Albin Michel

LE PORTAIL
De François Bizot, Éditions la Table Ronde


2002
LA TABLE DES ENFANTS
D’Isabelle Hausser, Éditions de Fallois

LE PIANISTE
De Wladyslaw Szpilman, Éditions Robert Laffont

PARS VITE ET REVIENS TARD
De Fred Vargas, Éditions Viviane Hamy

2003
A LIVRE OUVERT
Les carnets intimes de Logan Mountstuart De William Boyd, Éditions du Seuil


JOURS DE  POUSSIÈRE,Choses vues en Afghanistan
De Jean-Pierre Perrin, Éditions La Table Ronde

NE LE DIS À PERSONNE
De Harlan Coben, Éditions Belfond

2004
LES AMES GRISES
De Philippe Claudel, Editions Stock

SHUTTER ISLAND
De Dennis Lehane, Editions Rivages


PASSAGERE DU SILENCE
De Fabienne Verdier, Editions Albin Michel

TCHETCHENIE, LE DESHONNEUR RUSSE (ex aecquo)
De Anna Politkovskaïa, Editions Buchet-Chastel


2005
UN SECRET
De Philippe Grimbert, Éditions Grasset

LIRE LOLITA  A TEHERAN
D’Azar Nafisi, Éditions Plon

PASSAGE DU DESIR
De Dominique Sylvain, Éditions Viviane Hamy

2006
LES CERFS-VOLANTS DE KABOUL
De Khaled Hosseini, Editions Belfond

DICTIONNAIRE EGOISTE DE LA LITTERATURE FRANÇAISE
De Charles Dantzig, Editions Grasset

TOKYO
De Mo Hayder, Editions Presses de La Cité

2007
TERRE DES OUBLIS
De Duong Thu Huong, Sabine Wespieser Editeur

CAMILLE ET PAUL,La passion Claudel
De Dominique Bona, Editions Grasset

LA FEMME EN VERT
D’Arnaldur Indridason, Editions Métailié

 

Et pour finir, quelques infos sur le Prix, récupérées directement sur le communiqué de presse (quand c'est pas de moi, je dis), qui permettront aux intéressées d'en savoir un peu plus pour participer, et pourquoi pas ?

Depuis 38 ans, chaque année, pendant huit mois, les 120 lectrices-jurées
du Grand Prix des Lectrices de ELLE délibèrent, s’enthousiasment et s’enflamment pour des auteurs inconnus ou confirmés.
Chaque année, le Grand Prix des Lectrices de ELLE fête la libre rencontre d’une œuvre et de son public, grâce à un jury pas comme les autres.
Depuis 2002, le Grand Prix des Lectrices de ELLE couronne un roman, un document et un policier parmi parmi les huit romans, les huit documents et les huit policiers retenus.

Créé en 1970, le GRAND PRIX DES LECTRICES DE ELLE
est construit à l’envers des autres prix qui voient des professionnels du monde littéraire couronner d’autres professionnels.
Ici, c’est le public qui siège, qui délibère et qui juge. En direct des auteurs aux lectrices.
Donner la parole aux femmes qui aiment lire, réunir les écrivains et leur public, c’est cela le PRIX DES LECTRICES DE ELLE.
Lors de sa création, et pendant 7 ans, il a récompensé exclusivement des romans.
A partir de 1977, il a été décerné à deux catégories :
un roman et un document, et depuis 2002, il couronne également un policier.
Jusqu’en 1992, huit comités de lecture régionaux désignaient dans un premier temps « les livres du mois » et un jury national prenait le relais pour élire les deux grands Prix dans les catégories « roman » et « document ». Aujourd’hui, un seul grand jury élit les trois prix.


MODALITES DE FONCTIONNEMENT
8 jurys mensuels de quinze lectrices composent le Grand Jury de cent vingt lectrices. Chaque mois, de septembre à avril, et tour à tour, les huit jurys de quinze lectrices choisissent parmi sept livres (trois romans, deux documents et deux policiers) soumis à leur appréciation par la Rédaction de ELLE. Ces lectrices lisent les sept ouvrages, les commentent et les notent (de 0 à 20). La moyenne des notes ainsi obtenue permet de désigner les trois livres du mois, celui de la catégorie « roman », celui de la catégorie « document » et celui de la catégorie « policier ». Tout au long de l’année, et au fur et à mesure, l’ensemble des cent vingt lectrices de ce grand jury est amené à lire, commenter par écrit et noter les huit romans, les huit documents et les huit policiers nommés « Livres du mois ».


PROCLAMATION DU GRAND PRIX ANNUEL
C’est en mai, parmi les vingt-quatre « livres du mois » que sont ainsi désignés les trois lauréats du Prix des Lectrices de ELLE, dans la catégorie « roman », « document » et « policier ». Le résultat final est proclamé au cours d’une réception à laquelle sont invités auteurs, éditeurs, journalistes, nos lectrices-jurées et bien sûr les lauréats.
 




 

21 mai 2008

Renouveau littéraire sur France 2 ?

Ca y est, le grand suspens qui serrait le sort de la culture et du livre dans ses griffes est enfin relâché ; on sait désormais à quoi ressemblera le traitement de la littérature et de la culture sur France 2. Les deux dans le même sac, la même case.

 Je vous laisse lire l'info qui provient directement du précieux site de Livres Hebdo dont voicii quelques extraits :   

"La “grande émission littéraire de la télévision”, promise par l’Elysée, a trouvé son maître : ce sera Daniel Picouly (France 5) qui prendra en septembre la succession de Guillaume Durand le vendredi soir sur France 2.

Mais son émission dédiée aux livres alternera, une semaine sur deux, avec celle de Nicolas Demorand (France Inter) qui sera consacrée aux autres domaines de l’actualité culturelle.

Christophe Hondelatte parlera également de livres sur France 2 dans une émission hebdomadaire pluriculturelle, dont la diffusion pourrait être programmée à 19 h (en alternance également) dans la case laissée libre par Laurent Ruquier."

Ca ressemblera à Café Picouly.
Christophe Hondelatte, lui, abandonne RTL pour rendre en charge une émission hebdomadaire de culture populaire, dans laquelle il ne s’interdit aucun genre de littérature : “En général, les émissions littéraires excluent Marc Levy ou Guillaume Musso, nous, nous les intégrerons. Le taux de lecture est faible en France, et si ces livres peuvent amener les téléspectateurs à la lecture, tant mieux. Mais on ne se limitera pas forcément au best-sellers ” confie-t-il à Livres Hebdo.

 

Voici donc les oeuvres des petites mains de l'Elysée ! Pourquoi pas ?

Dommage cependant que la télé publique française raisonne encore comme au temps de l'ORTF. Aucune réflexion d'ensemble, il n'est tenu compte à aucun moment des nouveaux médias et de la façon dont on peut faire basculer la culture dans l'ère contemporaine. Ca coûtera cher, bientôt, mais on peut encore donner le change. Quand ceux qui décident appartiennent au monde d'hier... 

 
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